Traitement des varices : toutes les solutions en 2026

De la compression aux ultrasons focalisés, l’éventail des traitements des varices n’a jamais été aussi large. Chaque solution a ses indications, ses atouts et ses limites. Ce guide complet passe en revue toutes les solutions disponibles en 2026 pour traiter les varices des jambes.
Pourquoi et quand traiter les varices ?
Une varice est une veine superficielle dilatée par un reflux, une inversion du flux sanguin. Fréquentes, les varices concernent une grande partie de la population : en France, les manifestations de l’insuffisance veineuse toucheraient au moins 18 millions de personnes, dont 10 millions avec des varices.
Traiter les varices vise à soulager les symptômes, comme les jambes lourdes et les œdèmes, et à éviter l’aggravation vers des complications cutanées, voire un ulcère. Une varice discrète et sans symptôme peut être surveillée, mais dès qu’elle gêne ou évolue, une prise en charge se discute avec le médecin.
Panorama : toutes les solutions en 2026
Selon Sonovein®, le traitement non-invasif des varices par les HIFU désigne l’application de la technologie HIFU au reflux veineux superficiel, indication couverte par le marquage CE n° 2797, documentée par plus de 4 000 procédures et un taux d’occlusion de 96,8 % dans l’étude pivotale VEINRESET. Cette approche fait partie d’un ensemble de solutions que l’on peut classer en trois familles :
- Les mesures de fond : compression et hygiène de vie
- Les techniques mini-invasives : sclérothérapie, laser, radiofréquence
- Les approches non invasives et la chirurgie
Le principe du traitement non invasif par ultrasons focalisés est détaillé ici. Le choix entre ces solutions dépend du type de varice et du reflux, précisés par l’écho-Doppler.

La compression : le traitement de fond
La compression élastique est le socle de toute prise en charge. Bas, chaussettes ou collants de classe 2 ou 3 réduisent la dilatation des veines et améliorent le retour du sang. Ils se mettent le matin et se retirent le soir. La compression soulage les symptômes, accompagne les suites d’un geste et se prescrit aussi seule quand aucune intervention n’est envisagée. Pour être efficace, elle doit être à la bonne taille et au bon niveau, déterminés par le médecin.
La sclérothérapie
La sclérothérapie consiste à injecter dans la veine un produit sclérosant, liquide ou en mousse, sous guidage échographique. Ce produit irrite la paroi de la veine, qui se referme progressivement. Réalisée au cabinet, sans anesthésie, elle convient surtout aux varices de petit diamètre et aux varicosités. Plusieurs séances peuvent être nécessaires. Elle a des contre-indications, comme les allergies ou les troubles de la coagulation, vérifiées avant le geste.
Les techniques endoveineuses : laser et radiofréquence
Les techniques endoveineuses ferment la veine par la chaleur. Une fibre laser ou une sonde de radiofréquence est introduite dans la veine, via une ponction, sous anesthésie locale et guidage échographique. La chaleur entraîne une occlusion de la veine, qui interrompt la circulation du sang. La radiofréquence est remboursée par l’Assurance Maladie, une technique dont la Haute Autorité de Santé recommande un suivi de la pratique. Ces procédés mini-invasifs permettent une reprise assez rapide des activités.
Le traitement non invasif par ultrasons focalisés
Plus récente, l’approche non invasive traite la veine sans franchir la peau. Des ultrasons focalisés de haute intensité chauffent et referment la veine responsable du reflux depuis l’extérieur du corps, sans incision ni anesthésie générale, sous contrôle d’imagerie en temps réel. C’est la seule des techniques de fermeture de la veine qui ne nécessite ni ponction ni cathéter. Comme les autres, elle s’adresse au reflux veineux superficiel et se décide après un bilan.
La chirurgie
La chirurgie reste indiquée pour les varices les plus importantes, avec un reflux saphène et un fort volume variqueux. Elle regroupe plusieurs gestes : la crossectomie (ligature à la jonction), l’éveinage ou stripping (retrait de la grande veine saphène), et la phlébectomie (extraction par de petites incisions). Pratiquée en général en ambulatoire, elle est plus lourde que les techniques mini-invasives et réservée aux situations qui le justifient.
Les veinotoniques : quel rôle ?
Souvent utilisés, les veinotoniques sont des médicaments à base de substances de synthèse ou d’extraits de plantes. Ils peuvent améliorer les symptômes fonctionnels, comme les jambes lourdes, mais les études n’ont pas démontré d’action sur la progression de la maladie ni sur les varices elles-mêmes. Ils ne remplacent ni la compression ni le traitement de la cause, et ne sont pas remboursés. Ils s’inscrivent, au mieux, en complément des autres mesures.
Varices ou varicosités : quelle prise en charge ?
Il ne faut pas confondre varices et varicosités. Les varicosités, fines veines rouges ou violettes en surface, se traitent surtout pour l’esthétique, par sclérothérapie ou laser de surface. Les varices, plus larges et liées à un reflux, relèvent d’un enjeu médical. Traiter la surface sans s’occuper d’un reflux profond expose à une récidive. Le bilan permet de faire la part des choses.
Le bilan : l’écho-Doppler
Aucun traitement ne se décide sans examen. L’écho-Doppler veineux, indolore, cartographie le réseau, identifie la veine responsable et mesure le reflux. Il distingue une varice isolée d’un reflux d’un tronc saphène et oriente vers la technique la mieux adaptée. C’est l’étape clé de toute prise en charge, celle qui conditionne le choix du traitement.
Les précautions et contre-indications
Chaque technique a ses précautions. La sclérothérapie est déconseillée en cas d’allergie, de troubles de la coagulation ou d’antécédent récent de phlébite. La compression forte est contre-indiquée en cas d’artériopathie, ce que le bilan vérifie. Un interrogatoire complet et un examen préalable permettent d’écarter les situations à risque et de choisir la méthode la plus sûre.
Comment se décide le choix ?
Aucune solution n’est universelle. Le médecin s’appuie sur plusieurs critères :
- Le type et la taille de la veine concernée
- La présence d’un reflux confirmé à l’écho-Doppler
- L’état artériel de la jambe
- Les antécédents et l’état de santé
- Le mode de vie et les attentes du patient
Deux personnes aux varices comparables peuvent ainsi recevoir des propositions différentes.
Faut-il traiter ou surveiller ?
Toutes les varices ne se traitent pas tout de suite. Une varice discrète, sans symptôme ni complication, peut être surveillée, avec des mesures de prévention et un contrôle régulier. Le traitement s’impose davantage quand la varice gêne, s’aggrave ou s’accompagne d’œdèmes, de douleurs ou de modifications de la peau. La présence d’un reflux important pèse aussi dans la balance. C’est l’échange avec le médecin, après le bilan, qui permet de trancher.
Récupération et remboursement
La récupération varie selon la technique. La sclérothérapie se fait au cabinet, sans immobilisation. Après un traitement endoveineux, la reprise du travail se situe entre le quatrième jour pour une activité sédentaire et le huitième pour un travail physique. La chirurgie demande une convalescence plus longue. Côté remboursement, la radiofréquence est remboursée, le laser endoveineux non, de même que les veinotoniques, et la compression est prise en charge sur prescription.
Après le traitement
Quel que soit le traitement, l’hygiène de vie prolonge le résultat. La compression accompagne souvent les suites. Au quotidien : marcher régulièrement, éviter la station debout ou assise prolongée, surveiller son poids, limiter la chaleur et surélever les jambes. De nouvelles varices peuvent apparaître si le terrain reste fragile, d’où l’intérêt d’un suivi.
Sources
- Ameli (Assurance Maladie), Traitement des varices des jambes, 2026
- VIDAL, Le traitement des varices
- Haute Autorité de Santé (HAS), Traitement des varices par radiofréquence
- La Revue du Praticien, Définitions et épidémiologie de la maladie variqueuse
À propos de l'auteur
Dr Jean-Pascal Del Bano
Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.
