Teresa Lozano, gynécologue : démarrer un traitement de fertilité en été n’en diminue pas les chances de réussite

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L’été peut être une période propice pour débuter un traitement de fertilité, essentiellement pour des raisons d’organisation et de disponibilité temporelle. « Les périodes de vacances permettent, dans certains cas, de mieux concilier les visites médicales, les échographies et les contrôles requis par une reproduction assistée avec la vie professionnelle et familiale », explique à CuídatePlus Teresa Lozano Liaño, responsable de la Clinique de Reproduction Assistée Ginemed Huelva.

Cependant, l’experte précise que cela ne signifie pas que, du point de vue biologique, cette saison soit meilleure pour entreprendre un traitement de fertilité : « La procréation assistée se programme en fonction des caractéristiques de chaque patiente, son âge, sa réserve ovarienne, le type de traitement et la stratégie indiquée par le spécialiste ». À cet égard, les guides de la Société Européenne de Reproduction Humaine et d’Embryologie (ESHRE) insistent précisément sur l’<<individualisation de la stimulation ovarienne et du suivi>

Concernant l’éventuel impact de la chaleur sur les taux de réussite de ces traitements, l’experte reconnaît qu’« il est possible que les températures extrêmes aient un effet, mais nous ne disposons pas encore de preuves suffisantes » pour affirmer qu’une vague de chaleur va diminuer de manière directe et prévisible les chances de grossesse d’une patiente donnée.

Sur le plan pratique, elle rassure : il n’y a pas de motif de suspendre un traitement en été. « Ce qui est raisonnable, c’est d’éviter les situations de chaleur extrême : passer de nombreuses heures au soleil, pratiquer un exercice intense avec des températures très élevées ou atteindre des niveaux de déshydratation », avertit-elle. Par ailleurs, elle rappelle qu’une bonne hydratation et l’évitement du stress thermique sont des mesures simples et recommandables. D’autre part, Lozano distingue le soleil de la température : « Il n’existe aucune preuve permettant de recommander d’éviter le soleil en raison d’un traitement de fertilité ».

(Foto: Magnific)

Se baigner dans la mer ou dans la piscine, oui ou non ?

En général, il n’y a pas de problème si une femme qui suit un traitement de fertilité souhaite se baigner dans la mer ou dans la piscine. Cependant, il faut prendre en compte le moment du traitement. Comme l’explique l’experte consultée, « pendant la stimulation ovarienne, l’activité quotidienne peut globalement se poursuivre. En revanche, après certains actes, en particulier après la ponction ovarienne, l’équipe médicale peut recommander d’éviter temporairement les piscines, les bains ou la mer afin de réduire le risque d’infection ».

C’est pourquoi elle insiste sur le fait que, plutôt que d’établir une interdiction pour l’ensemble du traitement, il est préférable d’individualiser les recommandations, selon le moment du cycle et les indications de la clinique.

Est-il sûr de voyager en avion pendant un traitement de fertilité ?

En principe, entreprendre un traitement de fertilité n’empêche pas de voyager en avion. Le principal inconvénient n’est pas le vol lui-même, mais la nécessité de maintenir correctement le suivi médical. Par exemple, pendant la stimulation ovarienne, des contrôles échographiques et parfois des analyses sanguines sont effectués pour déterminer comment les ovaires réagissent et pour décider du moment approprié pour les prochaines étapes. Par conséquent, « un voyage doit être planifié en tenant compte du fait qu’il peut être nécessaire de se rendre à la clinique à court préavis », souligne l’experte.

Elle ajoute également qu’il faut faire preuve d’une prudence particulière chez les patientes à risque de syndrome d’hyperstimulation ovarienne, car après la stimulation les ovaires peuvent augmenter de volume et des symptômes nécessitant une évaluation médicale peuvent apparaître.

Qu’en est-il des médicaments ?

« C’est probablement l’un des aspects qui requiert le plus d’attention en été, car de nombreux médicaments utilisés en reproduction assistée sont sensibles à la température », affirme l’experte, qui recommande d’emporter les médicaments toujours dans le bagage à main et dans leur emballage d’origine, accompagnés de la prescription ou d’un rapport médical justifiant leur utilisation.

Si le médicament nécessite le froid, « il doit être transporté dans un système isotherme adapté, en évitant à la fois que les températures soient trop élevées et qu’il gèle », indique-t-elle. Enfin, elle souligne qu’un point important est de ne jamais laisser ces médicaments dans une voiture, au soleil ou dans des endroits susceptibles d’atteindre des températures très élevées.

À propos de l'auteur

Dr Jean-Pascal Del Bano

Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.

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