Cicéron, philosophe romain : « L’erreur est humaine; persévérer dans l’erreur est diabolique »

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Marco Tulio Cicerón, orateur et philosophe de la Rome antique, a laissé dans ses Philippiques une réflexion qui demeure actuelle: l’erreur est une condition propre à notre nature.

L’erreur initiale n’est pas une tache sur ta capacité, mais le résultat logique d’agir avec des informations limitées. Cicéron ne condamne pas le fait d’échouer; il condamne la décision de s’accrocher à un chemin lorsqu’il existe déjà des signes clairs que cela ne fonctionne pas.

La différence entre être constant et être obstiné

Il existe une confusion fréquente entre constance et obstination. La constance est une vertu qui implique de maintenir l’effort vers un objectif précieux, en ajustant les stratégies si les résultats ne sont pas ceux attendus. En revanche, l’entêtement est la répétition mécanique d’une action échouée par peur que la rectification soit perçue comme une faiblesse.

Souvent vous vous accrochez à des décisions erronées parce que vous y avez déjà consacré du temps, de l’argent, de l’énergie ou des efforts. Vous avez l’impression que reculer invaliderait tout cet effort.

Qu’est-ce que la folie dans ce contexte ?

En traduisant la phrase de Cicéron, l’usage du mot « fous » peut prêter à confusion. Dans le cadre de la philosophie classique, le terme renvoie à la stultitia, une forme de sottise ou de manque de jugement qui prive la personne de sa capacité à raisonner clairement.

Pour les classiques, la sagesse allait de pair avec la sagesse pratique. Une personne au bon sens est celle qui maintient sa pensée flexible et ouverte à la réalité. Par conséquent, persister dans l’erreur était considéré comme une renonciation volontaire à la raison. Celui qui s’obstine à poursuivre une idée réfutée par les faits agit en dehors de la logique afin de protéger une position antérieure.

Erreurs quotidiennes: quand la persistance n’aide pas

Au quotidien, ce principe se manifeste lorsque vous tenez une discussion simplement pour avoir raison, même en sachant que vos arguments manquent de fondement. Il se révèle aussi dans des situations telles que :

  • Insister sur des plans d’exercice ou de régimes qui vous causent douleur ou inconfort.
  • Continuer une tâche qui n’apporte plus de valeur simplement parce qu’elle était prévue ainsi.
  • Forcer des rencontres qui ne génèrent plus de bien-être par le simple poids de l’habitude.
  • Maintenir des services que vous n’utilisez pas par paresse à effectuer les démarches d’annulation.

Ces situations révèlent comment certaines circonstances vous poussent à ignorer l’information qui contredit vos décisions passées. Cicéron invite à analyser ces comportements et à comprendre que chaque moment est une opportunité de changer d’avis.

Quoi qu’il en soit, la maxime de Cicéron se réfère à la gestion du jugement personnel, et non à des problèmes échappant au contrôle de la volonté. Tu ne dois pas utiliser cette idée pour évaluer des relations abusives, des situations d’endettement, des problèmes de santé, ou d’autres faits qui te génèrent de la frustration.

Trois questions pour revoir ta trajectoire

Pour intégrer cette sagesse dans ta prise de décision, tu peux utiliser trois questions pratiques qui servent de filtre lorsque tu crains de persister dans une erreur.

  • Est-ce que cela continue de fonctionner ? analyse si l’activité ou la décision te rapproche de ton objectif actuel ou si tu la maintiens par inertie.
  • Quel petit changement puis-je essayer ? il n’est pas nécessaire de rompre radicalement; identifie un léger ajustement de ta stratégie pour mesurer une réponse différente de ton entourage.
  • Que ferais-tu différemment si tu commençais aujourd’hui ? imagine que tu dois démarrer ce projet aujourd’hui avec les informations dont tu disposes maintenant. Choisirais-tu le même chemin ?

Corriger sa trajectoire n’est pas un signe de reddition. C’est un acte d’humilité qui te libère du poids des décisions obsolètes. Nous pouvons tous nous tromper en décidant, en parlant, en planifiant ou en agissant. L’important n’est pas de construire une vie dépourvue d’erreurs, mais d’avoir la lucidité d’observer les erreurs qui apparaissent et d’ajuster avant qu’elles ne deviennent un réflexe.

À propos de l'auteur

Dr Jean-Pascal Del Bano

Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.

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