Les 6 symptômes de la thyroïde que les femmes attribuent à tort à la ménopause

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La thyroïde est un chef d’orchestre discret qui influe sur l’énergie, le poids, la peau, le cœur et l’humeur. Quand les hormones sexuelles baissent, beaucoup de signes se chevauchent, et des femmes attribuent des troubles thyroïdiens à des changements supposés « normaux ». « Mieux vaut mesurer que supposer », disent les spécialistes, car une dysthyroïdie se traite, et plus tôt on agit, plus vite on récupère son équilibre.

Bouffées de chaleur et sueurs nocturnes

Des accès de chaleur peuvent venir d’une hyperthyroïdie, pas seulement de la périménopause. La thyroïde qui s’emballe augmente la thermogenèse, provoquant sueurs diffuses, intolérance à la chaleur et rougeurs persistantes. Les bouffées liées aux ovaires arrivent par vagues, alors que l’excès thyroïdien peut donner une chaleur plus continue, avec fatigue nerveuse et mains moites. « Si la chaleur s’accompagne de tremblements et de perte de poids, pensez thyroïde », glisse un adage clinique.

Palpitations et tremblements

Le cœur qui s’emballe n’est pas toujours une histoire d’estrogènes en montagnes russes. Une hyperthyroïdie stimule le système adrénergique, donnant palpitations au repos, tachycardie au moindre effort et tremblement fin des mains. Dans la transition ménopausique, les palpitations sont plus épisodiques, souvent liées au stress ou aux bouffées. Si votre sommeil est bon mais que le cœur reste rapide au réveil, la piste hormonale thyroïdienne mérite un dépistage.

Fatigue écrasante et troubles du sommeil

Une fatigue qui colle à la peau peut trahir un ralentissement thyroïdien. L’hypothyroïdie épuise, rend les matins pénibles, alourdit les membres et fait somnoler de façon persistante. À l’inverse, l’hyperthyroïdie excite le système nerveux, créant insomnie, réveils nocturnes et tension intérieure. Les sueurs de la ménopause réveillent, mais quand la fatigue persiste malgré des nuits « correctes », la TSH devient un test utile. « La fatigue qui ne passe pas n’est pas un trait de caractère, c’est un signal », rappelle-t-on souvent en endocrinologie.

Prise ou perte de poids inexpliquée

Des kilos qui s’installent sans excès ou qui fondent sans effort peuvent venir d’un métabolisme déréglé. L’hypothyroïdie favorise la rétention d’eau, la constipation et une prise de poids modeste mais tenace. L’hyperthyroïdie augmente l’appétit tout en provoquant une fonte musculaire et une perte pondérale. À la ménopause, le poids se relocalise souvent vers l’abdomen, plus qu’il ne varie brutalement. Devant une variation rapide, la thyroïde mérite une évaluation.

Brouillard cérébral, humeur en yoyo et déprime

Le fameux brouillard mental n’est pas l’apanage des bouleversements ovariens. Un déficit thyroïdien ralentit la pensée, altère la mémoire récente et favorise la dépression calme. L’excès hormonal inverse la tendance, avec anxiété, irritabilité et hypervigilance pénible. Comme les symptômes de ménopause et de thyroïde se superposent, l’indice réside souvent dans d’autres pistes corporelles: frilosité, constipation, peau sèche ou tremblement fin. « Quand la tête va mal, écoutez aussi le cou », aime-t-on rappeler avec humour.

Chute de cheveux, peau sèche et frilosité

Une chevelure qui clairsemé et une peau qui tire peuvent trahir un manque d’hormones thyroïdiennes. L’hypothyroïdie ralentit le renouvellement cutané, fragilise les ongles et amincit la queue des sourcils. La frilosité inhabituelle, surtout des extrémités, complète souvent le tableau. La ménopause peut assécher la peau, mais la combinaison cheveux cassants, ongles striés et peau très sèche oriente davantage vers la thyroïde.

Que faire si vous vous reconnaissez ?

Quand plusieurs signes coexistent, le premier geste est de vérifier plutôt que de supposer. « Testez, ne devinez pas », résume une maxime prudente. Demandez à votre médecin un bilan et observez vos sensations sur deux à trois semaines.

  • Bilan à envisager: TSH, T4 libre, T3 libre, anticorps anti-TPO/anti-Tg; prise de pouls au repos; note des symptômes et de leur fréquence; revue de vos médicaments et compléments en iode.

Une fois la cause identifiée, les solutions sont souvent simples et efficaces: ajustement de mode de vie, substitution hormonale thyroïdienne si besoin, ou traitement de l’excès. L’objectif est de rendre la main à votre métabolisme, pour que l’énergie, le sommeil et l’humeur retrouvent leur rythme. Votre corps parle par symptômes; à nous de traduire correctement ses messages.

À propos de l'auteur

Dr Jean-Pascal Del Bano

Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.

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