Syndrome du travailleur-bulle : qu’est-ce que c’est et comment savoir si vous l’avez

À la fin de la journée de travail, l’idéal est de décrocher et de ne pas consulter ses e-mails ni répondre aux appels, sauf s’ils sont urgents ou qu’il faut éteindre un feu. Mais ce n’est pas toujours le cas. Il existe des personnes qui ne parviennent même pas à se déconnecter lorsqu’elles sont en vacances.
Si cette connexion envahit les espaces dédiés à la famille, aux loisirs, au repos ou à la vie personnelle, nous pourrions être face à quelque chose qu’on appelle le syndrome du travailleur-bulle. Il ne s’agit pas seulement de ceux qui répondent à un e-mail en sortant du bureau ou qui prennent un appel pendant le week-end, mais de personnes qui restent mentalement connectées de façon quasi permanente, même après la fin de leur journée, indiquent les responsables de Cigna Healthcare Espagne.
En réalité, selon le Cigna International Health Study, six Espagnols sur dix travaillent plus de 40 heures par semaine. Une chose, comme nous le disions, est d’être disponible en cas d’urgence et une autre que la disponibilité ne soit pas exceptionnelle mais devienne une habitude. « Le travail commence à envahir le temps consacré au repos, à la famille ou aux loisirs, faisant en sorte que les frontières entre la vie professionnelle et la vie privée se dissolvent. Cette bulle pousse la personne à vivre constamment autour de ses responsabilités professionnelles, avec la sensation qu’il y a toujours quelque chose à faire, ce qui rend le repos plus difficile et, à long terme, peut affecter aussi bien son bien-être que sa performance », explique à CuídatePlus Amira Bueno, directrice des ressources humaines de Cigna Healthcare Espagne.
Pourquoi ne déconnectons-nous pas ?
Souvent, le fait de ne pas pouvoir se déconnecter obéit à la manière dont notre travail est organisé, où se mêlent une charge de travail élevée et des délais très serrés. Cette disponibilité perpétuelle est identifiée à tort comme un signe d’engagement. Ce type de comportements peut transmettre une forte implication ou disponibilité, mais cela ne va pas nécessairement de pair avec une meilleure performance.
Mais il y a aussi des personnes dont les niveaux d’auto-exigence ou l’aspiration à la perfection les poussent à démontrer leur valeur tout le temps. « Dans plus de cas que ce que l’on croit, les deux situations se renforcent mutuellement et même il peut naître de nouvelles situations où cette hyperconnexion se produit de manière plus ou moins automatique avec un faible niveau de conscience, car nous l’intégrons dans les vérifications que nous faisons sur les réseaux sociaux », précise Bueno.
Sortir de l’hyperconnexion
Du côté des entreprises, il est essentiel de promouvoir la déconnexion et d’identifier quels comportements, directement ou indirectement, sont renforcés au sein de leur culture d’entreprise. De plus, chaque salarié doit apprendre à poser des limites, accepter que tout ne doit pas être résolu immédiatement et comprendre que le repos est une partie très importante d’une bonne performance.
« Il est important que tant les responsables d’équipes que les professionnels eux-mêmes aient bien en tête que l’engagement ne devrait pas se mesurer au nombre d’heures pendant lesquelles quelqu’un est disponible, mais à la valeur qu’il apporte, à la qualité de son travail et à sa capacité à remplir ses responsabilités de façon efficace », ajoute Bueno.
(Photo : Unsplash/Anton Shuvalov)
Clés pour déconnecter pendant les vacances
Ce repos, ce changement d’air et l’absence constante du travail dans l’esprit constituent l’une des clés pour revenir de l’été avec les batteries rechargées. Bueno rappelle que la déconnexion commence avant les vacances. Si le travail est bien organisé et que les tâches et les informations sont partagées avec l’équipe sans que la responsabilité ne repose sur une seule personne, il est plus facile de partir en paix. « La réalité est que, bien souvent, nous ne déconnectons pas parce que nous avons l’impression que, si nous ne sommes pas disponibles, les choses vont s’arrêter, et c’est pourquoi il est important de travailler cette organisation tout au long de l’année et pas seulement au moment de se reposer ».
Parmi les conseils pour pouvoir être heureux et disposer de temps pour soi, on conseille :
- Réduire l’auto-exigence.
- Revoir quels comportements sont récompensés. Il est important que l’implication ne se mesure pas à la disponibilité permanente.
- Partager les responsabilités, documenter les processus et favoriser l’autonomie des équipes réduisent cette dépendance et facilitent que le repos ne dépende pas de la présence constante d’un seul professionnel.
- Planification face à l’improvisation. Intégrer des dynamiques de planification et de priorisation permet d’optimiser les temps, réduire la pression inutile et minimiser la sensation que tout nécessite une attention immédiate.
- Protéger les périodes de déconnexion. Les vacances et les jours libres doivent être compris comme une opportunité de se ressourcer physiquement et mentalement. Sauf situations exceptionnelles, éviter appels, courriels ou messages pendant ces périodes favorise une récupération plus complète et aide à ce que le retour au travail se fasse dans de meilleures conditions.
À propos de l'auteur
Dr Jean-Pascal Del Bano
Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.
