Syndrome d’hyperstimulation ovarienne

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Qu’est-ce que c’est

Le syndrome d’hyperstimulation ovarienne est une réaction anormale de l’organisme féminin à certains médicaments qui ont pour rôle de stimuler la production de ovules dans les traitements de fertilité.

Les femmes souffrant de cette pathologie présentent une forte accumulation de follicules en croissance et des niveaux élevés d’estradiol. Cela entraîne le fuite de liquide vers l’abdomen et peut provoquer une distension, des nausées et un gonflement au niveau de l’abdomen.

Elle peut apparaître pour cette raison, mais aussi dans les cas de grossesses multiples ou en raison d’antécédents familiaux ayant connu cette affection. De plus, l’hypothyroïdie, les adénomes hypophysaires et la maladie trophoblastique gestationnelle (développement de tumeurs dans l’utérus) peuvent motiver le développement du syndrome.

Causes

De manière générale, chaque femme produit un ovule par mois, mais certaines patientes ne parviennent pas à concevoir avec cette production unique, ce qui les pousse à suivre des traitements avec des médicaments qui les aident à produire et libérer davantage d’ovules.

Le syndrome d’hyperstimulation ovarienne survient lorsque ces médicaments stimulent trop fortement les ovaires, qui augmentent de volume et laissent s’échapper du liquide dans la zone abdominale et mammaire, processus qui se produit après que les ovules aient été libérés de l’ovaire.

Les facteurs de risque qui peuvent accroître la probabilité de développer cette affection sont :

  • L’âge: cette pathologie est plus fréquente chez les femmes moins de 35 ans, ce qui peut s’expliquer par une plus grande concentration des récepteurs de gonadotrophine chorionique humaine (hCG, hormone produite durant la grossesse) ou par un plus grand nombre de follicules dans les ovaires.
     
  • Poids faible: dans certaines études, il a été conclu que les femmes ayant un indice de masse corporelle plus faible présentent une plus grande tendance à souffrir de cette affection.
     
  • Syndrome des ovaires polykystiques: les femmes présentant des multiples kystes dans les ovaires présentent également une plus grande prédisposition.
     
  • Œstrogènes élevés: lors du traitement de stimulation ovarienne, il existe un risque que le taux d’œstrogènes dans le sang soit élevé.

Symptômes

Les symptômes de cette affection se manifestent généralement entre 3 et 10 jours après l’administration des médicaments, et peuvent s’aggraver rapidement après la grossesse.

Parmi les symptômes les plus courants figurent :

  • Difficulté à respirer ou à tolérer les liquides.
  • Vomissements et nausées persistants.
  • Gonflement abdominal et douleur dans la région.
  • Diminution de la miction et prise de poids en peu de jours.
  • D’autres symptômes peuvent apparaître, tels que un engourdissement du visage, une faiblesse ou un gonflement des membres inférieurs.

Dans le cas où l’affection se présente de manière grave, il est possible que la patiente doive être hospitalisée pour bénéficier d’une surveillance et de traitements intensifs.

Prévention

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Pour prévenir cette affection ou réduire le risque de l’éprouver, il est possible de diminuer la dose des médicaments d’induction ovarienne ou d’utiliser la léupraline au lieu de la gonadotrophine chorionique humaine.

Une grossesse peut aggraver ou prolonger le syndrome, il est donc recommandé que la patiente, en cas de savoir qu’elle souffre de cette affection, congèle ses ovules ou ses embrions et les transfère ultérieurement pour éviter la grossesse.

D’autre part, chez les patientes à risque de développer le syndrome d’hyperstimulation ovarienne, on administre des fluides par voie intraveineuse au moment de la récupération des ovules afin que les symptômes ne s’aggravent pas à l’avenir.

Types

Actuellement, il n’existe pas de classification par types de cette affection.

Diagnostics

Les symptômes évoqués par la patiente détermineront le diagnostic de la maladie mais, si ceux-ci deviennent graves, la patiente devra être hospitalisée.

Lorsqu’une patiente présente des manifestations pouvant être incluses dans le tableau symptomatique de cette pathologie, le spécialiste effectuera les examens suivants pour déterminer son état :

  • Échographie abdominale ou transvaginale.
  • Radiographie du thorax.
  • Analyses sanguines complètes pour écarter la possibilité d’autres affections.
  • Tests d’ électrolytes.
  • Tests pour déterminer l’état de la fonction hépatique.
  • Tests pour mesurer la production urinaire.

Traitements

Les cas les plus légers du syndrome se résolvent, en général, sans traitement mais peuvent provoquer des gênes. Celles-ci peuvent être atténuées en prenant les mesures suivantes :

  • Se reposer régulièrement avec les jambes surélevées pour aider le corps à évacuer le liquide. Cependant, dans de nombreux cas, il est plus recommandé de pratiquer des activités qui ne demandent pas beaucoup d’effort que de rester en repos complet (ce dernier doit être suivi si le spécialiste l’en dit ainsi).
     
  • Boire entre dix et douze verres de liquide par jour, en évitant les boissons contenant de la caféine et l’alcool.
     
  • Il faut éviter les exercices intenses et les rapports sexuels, car ces activités peuvent provoquer des gênes aux ovaires ou faire rupturer les kystes et entraîner des fuites de liquide.
     
  • Il est recommandé de prendre un analgésique en vente libre, comme le paracétamol.

Dans le cas où la patiente développe un syndrome d’hyperstimulation ovarienne grave, il est possible qu’elle doive se rendre dans un centre médical où les spécialistes pourront lui administrer des liquides par voie intraveineuse, retirer le liquide accumulé dans son organisme et surveiller son état en continu.

Autres données

Cette affection est relativement courante chez les femmes qui suivent des thérapies d’induction de l’ovulation ou de stimulation ovarienne, mais ces patientes doivent toujours informer le spécialiste dès l’apparition de l’un des symptômes de la pathologie.

La plupart des cas bénins de ce syndrome se résolvent spontanément après le début des règles. Si un cas grave se présente, les symptômes mettront plusieurs jours à disparaître.

De manière peu fréquente, une insuffisance rénale, des caillots sanguins, un déséquilibre important des électrolytes ou une accumulation grave de liquide dans l’abdomen ou les seins peuvent survenir.

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À propos de l'auteur

Dr Jean-Pascal Del Bano

Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.

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