Se brosser les dents avec la main non dominante : un défi cérébral

Chaque matin, prendre la brosse à dents, déposer le dentifrice et commencer à la faire glisser sur les dents demande très peu de décisions conscientes. Après avoir répété la même séquence des milliers de fois, les mains semblent savoir quoi faire tandis que notre attention peut être dirigée ailleurs.
Mais il suffit de changer de main pour la brosse afin de percevoir la différence. Se brosser les dents avec la main non dominante peut sembler maladroit, lent et même un peu déconcertant. Ce n’est pas un truc pour stimuler le cerveau ni une stratégie démontrée pour améliorer la mémoire : cela transforme simplement une tâche très familière en une action qui réclame à nouveau de l’attention.
Une tâche automatique réexige l’attention
Les habitudes quotidiennes que nous pratiquons de manière répétée acquièrent un haut degré de familiarité. En nous brossant avec notre main habituelle, nous n’avons normalement pas besoin de trop réfléchir à chaque mouvement ni d’observer comment nous tenons la brosse.
En utilisant la main non dominante, ces petits choix reprennent leur protagonisme. Il faut mieux maîtriser la prise, calculer la direction des mouvements et prêter attention à la position de la main. Une activité qui avait tendance à se dérouler quasiment en pilote automatique exige soudain un contrôle conscient plus soutenu.
Ce changement permet d’observer quelque chose pendant l’expérience elle-même: nous portons davantage d’attention à la tâche. Cependant, le fait qu’une activité demande plus de concentration pendant son déroulement ne signifie pas qu’elle entraînera nécessairement des améliorations cognitives par la suite.
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Regardez ce qui se passe dans votre cerveau lorsque vous vous brossez les dents avec la main non dominante
La coordination aussi est mise à l’épreuve
Si vous essayez d’écrire, d’utiliser les couverts ou de manipuler la souris avec la main opposée, vous remarquerez probablement quelque chose de similaire. Les mouvements paraissent moins fluides car cette main a moins d’habitude pour exécuter certaines actions.
Il en va de même pendant le brossage. Atteindre certaines dents, changer l’angle de la brosse ou effectuer de petits mouvements avec précision peut demander plus d’effort et de concentration.
Le défi consiste, simplement, à maîtriser une action connue par le biais de mouvements que nous avons pratiqués bien moins.
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Vous pouvez l’essayer, mais sans négliger le brossage
Si votre curiosité est éveillée, vous pouvez le présenter tout simplement comme une petite expérience. Prenez la brosse avec la main non dominante, commencez lentement et faites attention à la direction, l’étendue et la pression de vos mouvements.
Cela dit, le défi ne devrait jamais interférer avec une hygiène adéquate. Si vous remarquez que des zones restent non nettoyées, que vous perdez en précision ou que vous devez exercer trop de force pour contrôler la brosse, revenez à votre main habituelle. L’objectif n’est pas de transformer le brossage en une épreuve de dextérité.
L’expérience peut servir, surtout, à découvrir combien nous faisons quotidiennement en pilotage automatique. Changer une habitude routinière, apprendre une nouvelle compétence ou prêter délibérément attention à une tâche quotidienne introduit aussi de la nouveauté dans la journée sans nécessiter d’attribuer des bénéfices extraordinaires. Se brosser les dents avec la main non dominante peut être un petit défi de coordination et d’attention; l’intérêt réside dans l’expérimentation de la nouveauté, et non dans l’attente que quelques minutes devant le miroir transforment notre cerveau.
À propos de l'auteur
Dr Jean-Pascal Del Bano
Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.
