Prothèses mammaires : définition, soins, évolutions et l’évolution d’une tendance qui ne cesse de croître

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Les prothèses mammaires sont “dispositifs médicaux implantables conçus pour modifier le volume du sein”, explique à CuídatePlus Isabel de Benito, membre de l’Institution Gournay et chirurgienne plastique. À ce jour, selon les données de l’Agence espagnole des médicaments et des produits sanitaires et les estimations de la Sociedad Española de Cirugía Plástica, Reparadora y Estética, plus d’un million de femmes ont subi une chirurgie mammaire avec implants en Espagne au cours des deux dernières décennies.

Les chiffres des interventions annuelles, précise l’experte, se situent entre 50 000 et 70 000, ce qui reflète une tendance à la hausse soutenue. À l’échelle mondiale, elle indique que la International Society of Aesthetic Plastic Surgery évalue qu’environ 1,9 million de femmes ont été soumises à cette chirurgie en 2023. Il s’agit donc de l’une des interventions esthétiques les plus réalisées dans le monde, avec une demande qui, selon elle, ne cesse de croître.

Il est important de rappeler qu’en optant pour une telle intervention, il faut savoir qu’il existe différentes formes, surfaces et matériaux de remplissage, et que leur utilisation nécessite toujours une indication médicale adaptée. En fait, pour être commercialisés légalement, ils doivent porter le marquage CE, ce qui implique des contrôles techniques et de sécurité très stricts.

Isabel de Benito, chirurgienne plastique.

Profil de la femme avec implants

La chirurgie mammaire avec implants répond à deux grandes indications : l’esthétique et le reconstructif. Comme l’indique De Benito, “cette dernière inclut fondamentalement des cas de mastectomie pour cancer du sein ou d’autres pathologies nécessitant une reconstruction mammaire”. Bien qu’il n’existe pas de chiffres précis sur la répartition en Espagne, il est vrai que la majeure partie des interventions correspond à une chirurgie esthétique d’augmentation.

Il n’existe pas non plus de profil unique de femme qui se soumet à une augmentation mammaire. Ainsi, précise l’experte, les patientes sont très diverses en âge, contexte et motivation. Ce qui est commun, c’est qu’il s’agit de femmes ayant pris une décision réfléchie et qui cherchent à harmoniser leur image avec ce qu’elles ressentent, souligne-t-elle. À la consultation, des profils très variés se présentent, allant de jeunes femmes recherchant un volume supérieur à des patientes ayant connu des changements après des grossesses, l’allaitement ou une perte de poids significative.

Contrôle et suivi obligatoires

Au cours des dernières années, les avancées dans les matériaux et les techniques chirurgicales ont considérablement amélioré leur sécurité et leur durabilité et aujourd’hui ce sont des dispositifs hautement fiables, à condition qu’ils soient bien indiqués et implantés par un chirurgien plasticien qualifié. Cependant, ce qui n’a pas changé, c’est qu’ils ne sont pas permanents, c’est-à-dire qu’ils nécessitent un suivi périodique au fil du temps.

Avec le temps, ces implants peuvent présenter des modifications de leur intégrité qui, dans de nombreux cas, ne produisent aucun symptôme et ne sont détectables que par des tests d’imagerie spécifiques. Cependant, la culture du suivi prothétique reste insuffisante en Espagne. En effet, de nombreuses femmes ignorent que leurs implants nécessitent une révision périodique et qu’il existe une recommandation scientifique explicite pour initier ce contrôle à partir de la cinquième année. Selon les données disponibles, plus d’un million de femmes ont subi une chirurgie mammaire avec implants en Espagne au cours des vingt dernières années et une partie significative d’entre elles porte des implants datant de plus de cinq ans sans avoir effectué de contrôle d’imagerie depuis l’intervention.

Si une femme ne suit pas les contrôles nécessaires, il peut apparaître des problèmes, dont certains peuvent être graves. Cependant, comme l’explique De Benito, les altérations les plus importantes d’un implant mammaire sont silencieuses, c’est-à-dire qu’elles ne font pas mal, ne se palpent pas et ne peuvent être détectées que par imagerie. C’est pourquoi le suivi n’est ni facultatif ni à attendre l’apparition d’un défaut. Une rupture d’implant non diagnostiquée, une contracture capsulaire à un stade précoce ou des changements dans l’intégrité du dispositif peuvent évoluer défavorablement si elles ne sont pas détectées à temps.

Lorsque les patientes arrivent tard, les options se compliquent et les interventions nécessaires sont plus complexes. D’où la création du Programme National de Contrôle et de Suivi de l’Institution Gournay, mis en place pour éviter ces situations, non pas par un remplacement systématique, mais par un contrôle rigoureux et préventif qui permette de prendre des décisions éclairées au bon moment.

Quand consulter

Dit ainsi, quels contrôles faut-il effectuer ? Quand faut-il consulter en amont ? Les guides cliniques internationaux, parmi lesquels la FDA (2020), l’American Society of Plastic Surgeons (2022) et la Secpre, établissent de manière explicite la nécessité d’effectuer un premier contrôle d’imagerie à cinq ou six ans après l’implant et, par la suite, des révisions tous les deux ou trois ans par échographie. Chez les patientes présentant un risque accru — ancienneté de plus de dix ans, remplacement antérieur ou symptômes spécifiques — le suivi peut être intensifié si le chirurgien l’indique.

De plus, chez les patientes qui remarquent un symptôme tel qu’une douleur persistante, une masse palpable, des changements de forme ou de dureté, des asymétries ou des signes inflammatoires, une révision avec le chirurgien est indiquée et celui-ci recommandera les examens d’imagerie pertinents. Il est également conseillé de réaliser une révision après un traumatisme thoracique important, un accident de la route, des chocs dans la zone ou une fracture costale pouvant avoir affecté l’implant.

À propos de l'auteur

Dr Jean-Pascal Del Bano

Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.

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