Poux du pubis (pediculose pubienne)

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Qu’est-ce que c’est

La pédiculose pubienne est une infestation humaine par un ectoparasite, le Pthirus pubis, également connu sous le nom de pou pubien, selon Alicia Comunión, coordinatrice du Groupe ITS de l’Académie espagnole de dermatologie et vénéréologie (AEDV). Le pou pubien est un arthropode doté de trois paires de pattes qui mesure environ 1 à 2 mm et se nourrit de sang. Son seul hôte est l’être humain.

Comme le signalent les experts de l’AEDV, ce parasite “affecte la zone pubienne mais aussi d’autres zones poilues comme la barbe, les cils, les aisselles et la région périnéale.”

Les poux pubiens ont une apparence similaire à celle d’un crabe car leur corps est plus large et plus court que celui des poux de la tête ou du corps. Les pattes avant présentent des bords dentés qui leur permettent de se déplacer sur l’ensemble de la surface corporelle. Le cycle de vie est de 15 jours, et pendant cette période la femelle peut produire environ 25 œufs. Pthirus pubis peut survivre jusqu’à 36 heures en dehors du corps humain. Les poux pubiens préfèrent les zones de poil séparées en raison de leur mode de déplacement: ils s’agrippent à un poil avec les pattes d’un côté du corps, tandis qu’ils saisissent un autre poil avec les pattes du côté opposé.

 

Causes

En ce qui concerne les voies de contact, les poux pubiens se transmettent par contact sexuel et, dans une moindre mesure, il est possible de les transmettre à travers des vêtements contaminés, des serviettes ou des draps.

Parmi les facteurs de risque pour leur apparition, on cite “le surpeuplement, le contact avec une personne infestée, le fait d’avoir plusieurs partenaires sexuels” selon Comunión.

 

Symptômes

Les manifestations cliniques, selon les experts Laura Peramiquel, Esther Roé, Joan Dalmau et Lluís Puig, du Service de Dermatologie de l’Hôpital Santa Cruz et San Pablo, à Barcelone, « débutent généralement par des démangeaisons et des brûlures génitales, surtout nocturnes, d’intensité croissante et fréquemment accompagnées d’excoriations, d’impétiginisation secondaire et d’adénopathies régionales ».

Le patient signale souvent avoir vu des taches de sang ou des points noirs sur sa lingerie. Parfois des taches bleu-gris (macules bleuâtres) de 0,5 à 1 cm de diamètre peuvent être observées dans les régions infestées, correspondant au dépôt d’hémosidérine et aux altérations vasculaires provoquées par la salive du parasite.

 

Prévention

En matière de prévention, Comunión précise que, dans un premier temps, les préservatifs n’empêchent pas la transmission des poux pubiens. Le seul moyen d’éviter leur contagion est de limiter les contacts sexuels, et d’éviter de partager des vêtements intimes, des serviettes ou des draps.

Un autre conseil consiste à identifier et traiter tous les contacts de la personne infestée afin d’éliminer la chaîne de transmission.

Types

Il n’existe pas de différents types de poux pubiens.

Diagnostics

Le diagnostic, selon les experts de l’AEDV, « se réalise par l’identification des poux pubiens ou des lentes ». Les patients infestés « présentent en moyenne de 10 à 25 organismes adultes sur le corps ». Dans certains cas « on ne trouve pas le pou mais on identifie les lentes près de la base du poil ».

 

Traitements

Les traitements doivent éliminer les parasites et leurs liendres. Actuellement, les traitements les plus utilisés sont les crèmes de perméthrine, de pyréthrine et/ou le malathion. Et pour assurer l’élimination des liendres, il faut répéter l’application à 7 jours. En cas d’infestations très étendues ou résistantes, on peut utiliser l’ivermectine orale. Les vêtements intimes, serviettes et draps doivent être lavés à l’eau chaude.

Concernant les pyréthrines, comme l’indiquent le Collège des pharmaciens de Madrid, « le mécanisme d’action consiste en l’absorption à travers l’exosquelette chitineux de ces insectes, stimulant le système nerveux par interférence compétitive avec les conductances ioniques dans la couche lipidique des cellules nerveuses, bloquant ainsi la transmission de l’influx nerveux de l’artrópode par interaction avec les canaux sodiques, ce qui conduit à la parésie et à la mort de l’insecte ».

La perméthrine est une pyréthrine synthétique « qui s’absorbe peu par la peau (20 fois moins que le lindane) d’où sa faible toxicité ». À la différence d’autres pyréthroïdes qui ne sont que pédiculicides, elle présente une action pédiculicide à 1% et scabicide lorsqu’utilisée à la concentration de 5%, ayant en outre une action ovicide.

Le malathion « agit comme un inhibiteur irréversible de la cholinestérase du parasite. Cette action est spécifique chez les insectes car les mammifères hydrolisent et éliminent rapidement le produit. Il possède une action pédiculicide très rapide, une forte activité ovicide et une action résiduelle pouvant aller jusqu’à quatre semaines ». 

 

Données supplémentaires

À propos de l'auteur

Dr Jean-Pascal Del Bano

Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.

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