Pourquoi une personne sur cinq risque d’avoir un cancer : ces petits changements peuvent aider à le prévenir

Le cancer touchera une personne sur cinq au cours de notre vie, et nous concernera de près presque tous — environ 92 % de la population — si un proche reçoit le diagnostic. Bien que les avancées scientifiques aient permis une détection plus précoce et une meilleure prise en charge, le cancer représente plus de 26 000 décès chaque jour, ce qui se traduit annuellement par près de 10 millions de décès et environ 20,6 millions de nouveaux cas.
Voici les chiffres présentés par l’Organisation mondiale de la Santé dans le Rapport sur l’État Global du Cancer 2026, réalisé conjointement avec l’Agence internationale pour la Recherche sur le Cancer (IARC, acronyme en anglais) et publié par l’Organisation mondiale de la Santé.
Si aucune mesure n’est prise, les estimations prévoient que les cas annuels atteindront 35 millions d’ici 2050, explique Andre Ilbawi, chef de l’équipe du Programme de contrôle du cancer de l’OMS. Ce rapport met en lumière les succès scientifiques mais aussi les besoins des personnes dans chaque pays afin d’accéder à des soins de qualité.
Isabelle Soerjomataram, sous-directrice de l’Unité de Surveillance de l’Agence internationale pour la Recherche sur le Cancer (IARC, acronyme anglais), indique que selon les données collectées, « nous avons des opportunités claires pour prévenir le cancer. Quatre tumeurs sur dix sont associées à des facteurs de risque que nous savons combattre. Cela inclut la consommation de tabac et d’alcool, les infections et le surpoids. »
Facteurs de risque modifiables
Les infections les plus étroitement liées à l’apparition du cancer sont le virus du papillomavirus humain (VPH), l’hépatite B et C, l’Helicobacter pylori, des pathologies qui disposent déjà de vaccinations, et d’où l’importance de respecter les calendriers vaccinales.
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De plus, le reste des facteurs de risque sur lesquels nous pouvons agir individuellement se concentrent sur l’élimination de la consommation d’alcool et de tabac, ainsi que sur la pratique suffisante d’une activité physique et la réduction de l’obésité et du surpoids.
Ilbawi précise qu’à ce jour les mesures prises pour freiner la consommation de tabac ont permis une réduction de 27%, avec tout ce que cela implique pour l’impact sur les tumeurs associées. « Néanmoins, le tabac demeure, de loin, le principal moteur de la charge du cancer, puisqu’il contribue à près de 20% des cas et des décès liés à cette maladie », explique l’expert.
Dans cette optique, alors que dans certaines zones on observe une baisse du tabagisme, on constate aussi dans de nombreux pays que « la prise de poids et le manque d’activité physique seront un déterminant clé du cancer au cours des 20 à 50 prochaines années ».
Il s’agit de prendre soin de notre santé et d’adopter une alimentation équilibrée, de maintenir un poids sain, de ne pas fumer et de ne pas consommer d’alcool. Dans ces mesures préventives, nous avons une partie de la clé de notre santé. « Ce rapport vise à informer les personnes que leur risque de développer un cancer n’est pas de 100%. Les chiffres ne devraient pas nous effrayer ni nous faire croire que tout le monde va développer un cancer ou que le cancer est une condamnation à mort », ajoute l’expert de l’OMS.
Le cancer en Espagne
Selon les déclarations de l’OMS à ce média, les cancers diagnostiqués avec le plus de fréquence en Europe, et en Espagne en particulier, sont le cancer du sein, de la prostate, du côlon et du poumon. Ces quatre types de tumeurs représentent, à peu près, la moitié de l’incidence du cancer.
- Cancer du poumon : C’est la première cause de mortalité dans le monde. Bien que chez les hommes les cas et les décès aient diminué ces dernières décennies, ce sont les femmes qui prennent le relais en matière de tabagisme. « La tendance s’est inversée : les taux de cancer du poumon chez les femmes augmentent en Espagne par rapport à d’autres zones du nord de l’Europe ». D’où l’importance d’arrêter de fumer pour réduire ce risque, lié à tant de cancers – entre 12 et 16 différents -.
- Cancer du sein : Dans toute l’Europe, les cas ont augmenté et la mortalité a diminué. Selon l’OMS, cela est dû aux programmes de dépistage et à l’amélioration des traitements, mais elle souligne le déficit en prévention. Et c’est précisément là que ces facteurs de risque sur lesquels nous pouvons agir entrent: perdre du poids en cas de surpoids ou d’obésité et pratiquer une activité physique.
- Cancer de laprostate : la mortalité est en recul tant en Espagne qu’en Europe, probablement grâce au dépistage précoce et aux améliorations des thérapies.
- Cancer du côlon : Dans ce cancer l’incidence et la mortalité ont diminué grâce au dépistage et aux traitements.
« Néanmoins, il existe une exception à cette tendance: le cancer du côlon chez les personnes de moins de 50 ans est en augmentation, tout comme dans d’autres pays », indiquent les autorités. Le débat scientifique se concentre sur l’origine de ce changement, et les hypothèses recoupent l’alimentation, l’obésité, le manque d’activité physique, les modifications de la microbiote et d’autres expositions environnementales, sans que l’on connaisse encore le pourquoi de cette hausse.
À propos de l'auteur
Dr Jean-Pascal Del Bano
Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.
