Pieds zambos

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Qu’est-ce que c’est

Le pied zambo ou équinovarus est celui qui ne peut pas s’appuyer correctement sur le sol. Dans ce type de malformation, le pied apparaît fléchi d’un côté (vers l’intérieur et/ou vers le bas). Il peut se manifester sur un seul pied ou sur les deux pieds (il existe une probabilité de 50 % pour chacune de ces options).

Il s’agit d’une malformation congénitale, c’est‑à‑dire présente dès la naissance. Bien que le terme zambo puisse théoriquement s’appliquer à toute déformation du pied, dans la pratique il est employé pour décrire la malformation associant les déformations suivantes : équin, varus, adduction, cavus et rotation interne du tibia. Cette déformation du pied survient lorsque les tendons et ligaments tendus empêchent le pied de s’étirer jusqu’à atteindre la position correcte.

« Le pied zambo ou pied équinovarus congénital est une malformation qui consiste en une déformation tridimensionnelle du pied dans laquelle les structures osseuses présentent des altérations de leur forme et de l’orientation de leurs surfaces articulaires. Cliniquement, il se manifeste par équinisme, varisme et supination du rétropié, et adduction de l’avant-pied », explique Maite García Martínez, vice‑présidente du Illustre Collège officiel des Podologues de la Communauté Valencienne.

Causes

Mercedes Guardia, spécialiste en Médecine Physique et Rééducation Infantile de Vithas Almería, expose les causes suivantes :

  • Étiologie idiopathique, c’est‑à‑dire cause inconnue. Cela se produit dans plus de 90 % des cas de pieds zambos.
     
  • Dans un tableau syndromique, comme l’arthrogrypose (mobilité réduite dans de nombreuses articulations du corps).
     
  • Dans un tableau neurologique, comme dans les cas de mélinomélo‑céle (lésion médullaire congénitale).
     
  • Pieds zambos posturaux, qui surviennent par compression contre la paroi utérine. Ce sont les cas les plus faciles à traiter avec le meilleur pronostic.

García Martínez ajoute que l’origine génétique prend de plus en plus d’importance.

Symptômes

La déformation peut toucher un pied ou les deux. À la naissance, si les parents peuvent tourner les pieds de leur enfant vers l’intérieur ou vers le bas, celui‑ci présentera probablement des pieds zambo. D’autre part, les muscles postérieurs de la jambe et la musculature du pied peuvent être légèrement plus petits que la normale.

Prévention

En raison de son origine incertaine et probablement génétique, aucune prévention n’est possible.

Types

Le pied zambo peut varier d’un degré léger et flexible à grave et rigide.

  • Pied zambo postural: c’est un type flexible de cette déformation.
     
  • Pied zambo génétique ou idiopathique: ce sont les cas les plus rigides et graves.
     
  • Pied zambo lié à des altérations neurologiques: parmi ces altérations figurent l’arthrogrypose et la myéloméningocèle.

Diagnostic

Le pied zambo est aisément diagnostiquable par le spécialiste grâce à l’examen morphologique du pied.

Dans un premier temps, on réalisera une évaluation générale du nouveau-né qui permettra de distinguer le pied équinovaro idiopathique du type neuromusculaire, et d’écarter la présence de malformations congénitales associées. Ensuite, on déterminera le degré d’irréductibilité du pied en examinant les composantes de la déformation et le degré de rigidité. Enfin, on évaluera l’importance des plis cutanés.

Traitements

Lorsqu’il s’agit de déformations graves, le traitement doit être mis en œuvre le plus tôt possible et viser à corriger l’ensemble des composantes de la déformation. Pour cela, l’idéal est de le démarrer juste après la naissance, lorsque le pied est plus facile à reformer. Par ailleurs, il sera essentiel de suivre en continu l’évolution de la correction de cette pathologie par un podologue spécialiste.

Traitement orthopodologique

Initialement, le spécialiste recommandera des étirements doux et le placement de férules qui amélioreront progressivement la position du pied. Une fois le pied dans la position adéquate, on entreprendra un traitement correctif qui consiste généralement en l’application d’un plâtre (méthode de Ponseti) ou d’une férule qui doit être renouvelé chaque semaine et qui améliorera progressivement la position du pied. En général, il faut entre cinq et dix férules et la dernière d’entre elles est conservée pendant trois semaines. Lorsque la position du pied est corrigée, l’enfant devra porter un dispositif orthopédique spécial pendant environ trois mois. À la fin du traitement, l’enfant devra encore porter le dispositif le soir et pendant les siestes jusqu’à l’âge de trois ans.

Dans de nombreux cas, ce traitement orthopodologique peut être combiné à une chirurgie simple pour allonger le tendon d’Achille puisque, fréquemment, le problème est lié à un tendon d’Achille tendu, et l’intervention pour le corriger est relativement simple. Dans les cas plus complexes, le pied zambo nécessitera une chirurgie reconstructive plus invasive.

Intervention chirurgicale

Cette opération variera selon la gravité du pied zambo, l’âge de l’enfant et les traitements auxquels il a déjà été soumis. L’enfant sera placé sous anesthésie générale pendant toute l’opération, de sorte qu’il ne ressentira aucune douleur.

L’intervention débute par une ou deux incisions cutanées, généralement à la face postérieure du pied et autour de sa partie interne. Par le biais de ces incisions, le chirurgien allongera ou raccourcira le tendon du pied du patient; chez les enfants plus âgés ou dont le cas est plus complexe, il peut être nécessaire de sectionner un peu d’os. Parfois, des broches sont placées dans le pied.

Postopératoire

Après l’opération, une attelle en plâtre est posée pour consolider la position correcte. Selon l’opération, le patient peut rentrer chez lui le jour même ou rester à l’hôpital de un à trois jours. L’enfant devra maintenir le pied surélevé et pourra soulager la douleur à l’aide d’analgésiques. Le spécialiste vérifiera régulièrement la peau autour du plâtre afin de s’assurer qu’elle ne gêne pas la circulation. Le plâtre devra être porté entre six et douze semaines, bien qu’il puisse être renouvelé.

Après le retrait du dernier plâtre, le pédiatre indiquera l’utilisation d’un dispositif orthopédique et le cas échéant orientera l’enfant vers un physiothérapeute qui lui enseignera des exercices afin de renforcer le pied et d’améliorer sa flexibilité.

Bien que la plupart des cas se corrigent de manière définitive après la chirurgie, il est possible que les enfants plus âgés ayant subi l’intervention nécessitent une autre opération à l’avenir s’ils présentent encore une déformation du pied.

Risque de l’intervention

L’opération des pieds zambos peut présenter les risques suivants :

  • Problèmes respiratoires et réactions aux médicaments pendant l’anesthésie.
     
  • Risque de saignement et d’infection comme pour toute intervention chirurgicale.
     
  • Dommages possibles aux nerfs du pied.
     
  • Œdème.
     
  • Problèmes circulatoires.
     
  • Difficultés de cicatrisation des plaies.

Pronostic

Les résultats du traitement sont généralement satisfaisants. Cependant, si le problème n’est pas corrigé ou réapparaît, les enfants qui n’ont pas été opérés initialement pourraient nécessiter une chirurgie lors de leur croissance. Les procédures chirurgicales qui pourraient être nécessaires sont les suivantes :

  • Ostéotomie : ablation d’une partie de l’os.
     
  • Fusion ou arthrodèse : fusion de deux ou plusieurs os, pour laquelle le chirurgien utilisera de l’os prélevé ailleurs dans le corps.
     
  • Utilisation de clous ou de plaques métalliques pour assembler les os pendant une certaine période. 

Après la chirurgie, le pied du patient sera dans une meilleure position. L’enfant pourra mener une vie active et pratiquer des sports comme tout le monde; néanmoins, le pied peut être plus tendu que la normale. Par ailleurs, dans la plupart des cas, si un seul côté est touché, le pied et le mollet de l’enfant seront plus petits pour le reste de sa vie.

Autres données

Le pied zambo est le trouble congénital le plus courant, comme le rappelle Javier Torralba Estellés, membre de l’Association Espagnole de chirurgie Podologique. Il s’agit de la pathologie du pied la plus fréquente et la plus grave en orthopédie pédiatrique et il touche environ un nouveau-né sur mille vivants. Il est plus fréquent chez les garçons et du côté droit du pied, bien que dans la moitié des cas il se manifeste des deux côtés. 

Quand consulter un spécialiste ?

Premièrement, si l’enfant montre des symptômes évidents de déformation du pied, il est recommandé de consulter dès que possible le pédiatre ou le podologue. Par ailleurs, une fois le traitement commencé, divers obstacles peuvent apparaître, tels que la douleur causée par la férule ou son décollement du pied, ou le retour de la déformation. Lorsque cela survient, il est important de consulter le spécialiste immédiatement.

À propos de l'auteur

Dr Jean-Pascal Del Bano

Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.

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