Pedro Toral, vice-champion du monde Hyrox en Doubles Pro : le secret pour améliorer sa performance passe par un entraînement accru à la course et à la gestion de la fatigue

Hyrox s’est imposé comme l’un des sports phares des temps récents, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de nos frontières. Cette discipline réunit des exercices de force et d’endurance et attire tout type de sportifs, autant du monde du CrossFit que de l’athlétisme. C’est le cas de Pedro Toral, athlète Hyrox et vice-champion du monde dans cette discipline dans la catégorie Doubles Pro aux côtés de Roberto Viciedo, avec un temps de 49:27. Chez CuídatePlus, nous l’avons interviewé afin de comprendre ce qui l’a attiré vers ce sport et quels conseils il peut donner pour améliorer ses performances.
Il est important de noter que Toral, avant d’arriver dans l’univers Hyrox, a pratiqué de nombreux autres sports tels que le tennis, le football, le cyclisme de montagne, le cyclisme sur route et l’athlétisme, et ce qui l’a attiré dans cette discipline est qu’elle réunissait course et exercices de force-endurance. Venant de l’athlétisme et du CrossFit, il pressentait que cela lui irait bien car il n’était pas le coureur mince typique, mais tout le contraire, quelqu’un de corpulent à qui la course réussit. Il est vrai que beaucoup d’athlètes qui s’aventurent dans ce sport viennent d’autres disciplines où ils concurraient. Selon les dernières données, le 40% des athlètes proviennent du monde du CrossFit ou du powerlifting, tandis qu’un 26% a des antécédents dans des sports individuels d’endurance (comme la course ou le cyclisme).
Sa meilleure performance à Hyrox dans la catégorie Pro Hommes individuelle, à ce jour, est de 55:53, un temps remarquable compte tenu du fait que 2025 a été sa première saison. Il a obtenu la cinquième place dans la catégorie Pro Hommes, et en Doubles, avec son partenaire, ils font partie du groupe Élite 15 (la classification maximale de Hyrox, être parmi les 15 meilleurs du monde) avec un temps de 49:27. Son objectif pour 2026-2027 est de se qualifier pour les Élite 15 dans la catégorie Pro individuelle. Et comme il l’explique, « je n’ai pas encore atteint même la moitié de mon potentiel maximum ».
Doubles ou Indivudel
Il faut se rappeler que Hyrox est une épreuve où l’on combine 8 km de course avec 8 entraînements (exercices de force). C’est un format fixe où l’on court 1 kilomètre et effectue une station d’exercice, ce cycle se répétant huit fois.
Les exercices sont : SkiErg, Sled Push (poussée de traîneau), Sled Pull (traction de traîneau), Burpee Broad Jump (sauts Burpee), rameur, Farmer’s Carry (port du fermier), Sandbag Lunges (fentes avec sac de sable) et Wall Balls (lancers de médecine-ball).
Les distances parcourues aussi bien en course qu’aux exercices restent les mêmes, mais le poids varie selon la catégorie (Pro ou normale) et selon le sexe (homme ou femme). Lors de la compétition, beaucoup choisissent de débuter en catégorie doubles car cela permet de répartir les tâches et de se reposer un peu entre les exercices. Cependant, pour Toral, qui concourt dans les deux formats, ce repos, bien qu’il existe, est à peine perceptible. «La principale différence, c’est que dans l’individuel tu fais tout toi-même et, en doubles, les exercices se partagent», rappelle-t-il. Cela peut faire du Doubles quelque peu plus facile, mais la réalité est que, au niveau où nous en sommes, ce n’est pas le cas. En réalité, «maintenir le rythme de ton partenaire rend l’effort encore plus agonisant», car il faut donner tout ce que l’on a, et les secondes de repos supposées ne suffisent pas pour récupérer. Dans le cas d’une compétition en solo, «il faut être plus stratège et intelligent, surtout en course».
Conseils pour s’améliorer
Concernant les exercices qui composent Hyrox, Toral considère le SkiErg et le Row (rameur) comme ses alliés puisqu’« ils constituent des entraînements d’endurance », quelque chose dans lequel il excelle, avec la course, venant du monde de l’athlétisme. En revanche, les redoutés burpees restent les plus détestés, surtout en raison de leur hauteur, ce qui les rend plus difficiles pour lui.
Selon Toral, parmi tous les exercices qui composent Hyrox, le plus important, sans aucun doute, est la course. En effet, c’est ici que l’amélioration est la plus possible.
« La performance à Hyrox peut être abaissée en s’entraînant spécifiquement, en s’entraînant beaucoup à la course, et surtout en s’entraînant à gérer la fatigue que génèrent les exercices pour sortir courir ». Lorsque le corps « s’habitue à gérer cette fatigue, c’est là que l’on peut tirer le meilleur de sa performance ». Cela dit, pour être bon à Hyrox « il faut avoir une très grande capacité à souffrir ».
En dehors de cela, le conseil de Toral pour quelqu’un qui débute et souhaite compétitionner à Hyrox est de « prendre du plaisir, d’y aller petit à petit et de ne pas se comparer aux meilleurs, du moins au début ».
Le grand avantage de Hyrox par rapport à d’autres sports ou disciplines, comme le CrossFit, est qu’il est composé d’exercices que tout le monde peut réaliser, mais en plus, « il est très amusant à entraîner », ajoute-t-il, surtout « si l’on le fait en groupe », même si, pour Toral, « s’entraîner seul donne une force mentale incroyable ».
À propos de l'auteur
Dr Jean-Pascal Del Bano
Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.
