Patchs transdermiques : caractéristiques et usages

Temps de lecture
5 min

Les patches transdermiques trouvent leurs origines dans les médecines qui, depuis des temps immémoriaux, s’appliquaient sur la peau. Les liniments, emplâtres et pomades étaient déjà utilisés dans la Grèce antique, comme moyen d’administrer les médicaments.

Au XIXe siècle, naquit l’idée que la peau était impénétrable pour certains médicaments. Cela dura jusqu’au XXe siècle, lorsque l’on parvint à démontrer qu’il était possible d’administrer divers médicaments par la peau. Avec le temps, les patches transdermiques se développèrent et se révélèrent très fonctionnels.

Les patches transdermiques font partie des dits “systèmes thérapeutiques de libération contrôlée”. Ils reposent sur un principe énoncé par John Urquhart, créateur du premier patch cutané, selon lequel l’efficacité thérapeutique d’une substance ne dépend pas de la dose, mais de la vitesse et du degré d’absorption.

Qu’est-ce que les patches transdermiques ?

La peau est un organe très complexe.

Les patches transdermiques sont des dispositifs utilisés pour administrer des médicaments. Ils se fixent à la peau par un adhésif et libèrent un principe actif de manière continue, afin qu’il soit absorbé par la peau. Autrement dit, qu’il traverse les couches successives de la peau jusqu’à atteindre le sang.

Pour qu’un médicament puisse être administré par la peau, il doit répondre à certaines caractéristiques. Les molécules qui le composent doivent être lipophiles (c’est‑à‑dire capables de se transporter dans les lipides) et de faible poids moléculaire.

De plus, elles doivent posséder une grande puissance pharmacologique. Cela parce que le corps ne peut absorber qu’une faible quantité de produit via les patches transdermiques. Au maximum, 10 milligrammes par jour.

Caractéristiques et fonctionnement

Les patches transdermiques sont composés de quatre parties :

  • Une feuille étanche de revêtement.
  • Une matrice ou réservoir du principe actif, où est logé le médicament.
  • Un adhésif.
  • Une feuille de plastique à retirer avant d’appliquer le patch.

Certains patches diffèrent des autres, principalement, par la manière dont le médicament est stocké et par la façon dont sa libération est produite. À cet égard, il existe essentiellement trois types de patches transdermiques :

  • Systèmes de réservoir ou dépôt. Le principe actif est dispersé dans une autre substance et il est libéré au travers d’une membrane. Cette membrane peut être en polypropylène, en copolymère éthylène-vinyl-acétate ou une membrane non poreuse.
  • Systèmes matriciels. Le principe actif se trouve dans une matrice et est libéré par diffusion, sans l’aide d’une membrane semi-perméable.
  • Systèmes mixtes. Ils combinent les deux systèmes précédents.

Usages des patches transdermiques

Estos tienen varias indicaciones.

Actuellement, il existe plusieurs maladies, symptômes et problèmes qui peuvent être traités par le biais des patches transdermiques. Parmi eux: différents types de douleurs, addiction à la nicotine, maladie d’Alzheimer, maladie de Parkinson et plusieurs autres applications.

Les principes actifs les plus administrés sous forme de patch sont les suivants :

  • Nitroglycérine. Principalement pour prévenir l’angor.
  • Fentanil et buprénorphine. Ce sont des opioïdes employés à des fins analgésiques.
  • Nicotine. Pour aider à surmonter la dépendance au tabac.
  • Éthinestrediol + norégestromine. Effets contraceptifs.
  • Éstradiol, noréthistérone. Utilisé comme traitement hormonal pendant la ménopause.
  • Testostérone. Pour traiter les effets de la ménopause chirurgicale.
  • Rotigotine. Pour le traitement de la maladie de Parkinson.
  • Rivastigmine. Pour le traitement de la maladie d’Alzheimer.

De plus, il existe plusieurs patches transdermiques utilisés à des fins cosmétiques. Parmi eux figurent les réducteurs de graisse corporelle, les raffermissants cutanés et les anticellulitiques.

Autres informations d’intérêt

La Food and Drug Administration (FDA), l’Agence américaine des aliments et des médicaments, a averti sur des médicaments pour lesquels une précaution particulière est nécessaire lors de l’administration transdermique. Il s’agit essentiellement des contraceptifs, des analgésiques opioïdes et de la rivastigmine.

Les principaux avantages de ces patches sont les suivants :

  • Ils facilitent l’administration des médicaments à des personnes ayant des difficultés à les prendre par voie orale.
  • Ils offrent des niveaux plus constants et soutenus du médicament dans le sang.
  • Ils évitent la métabolisation du médicament par le foie, limitant ainsi certains effets secondaires.
  • Parfois, ils permettent de réduire la fréquence d’administration et améliorent l’observance du traitement.

Le principal inconvénient de ces patches est que, parfois, ils provoquent une réaction allergique cutanée. De plus, lorsque survient une réaction indésirable, elle met plus longtemps à disparaître. Ils peuvent aussi être esthétiquement gênants et restent limités à un petit nombre de médicaments.

À propos de l'auteur

Dr Jean-Pascal Del Bano

Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.

Laisser un commentaire

Le guide des hôpitaux et cliniques de France.

Recherchez parmi les 1335 établissements