Qu’est-ce que la parotidite
La parotidite (oreillons) est l’inflammation des glandes parotides, qui constituent les plus grandes glandes salivaires et se situent de chaque côté du visage. Bien qu’elle puisse être causée par des bactéries, sa cause la plus fréquente est l’infection virale. Les virus les plus fréquents, et responsables des épidémies d’oreillons, sont les paramyxovirus ou le virus des oreillons.
Cette infection provoque un gonflement douloureux des glandes salivaires. Elle peut aussi affecter d’autres organes, surtout chez les adultes. Toute personne peut contracter la parotidite, mais il s’agit d’une maladie qui survient le plus souvent durant l’enfance.
Incidence
Autrefois, elle touchait principalement les enfants âgés de 5 à 14 ans. L’incidence a chuté de manière spectaculaire dans les pays dotés d’une vaccination systématique, passant de 100–1 000 cas annuels pour 10 000 habitants à moins d’un cas pour 10 000. De plus, l’âge à risque le plus élevé s’est déplacé: aujourd’hui, la majorité des cas survient chez les adolescents et les jeunes adultes.
Causes
La parotidite n’est pas une infection aussi contagieuse que la varicelle ou la rougeole. Les périodes de contagion les plus marquées se produisent généralement à la fin de l’hiver ou au début du printemps.
L’infection par le paramyxovirus ou par le virus de la parotidite confère habituellement une immunité à vie.
Les personnes infectées peuvent propager le virus en toussant, en éternuant, en parlant, en partageant des ustensiles (verres, couverts…) ou par contact direct avec la salive. La maladie se transmet avant même que les glandes salivaires ne s’enflamment et jusqu’à 5 jours après le début de l’inflammation.
Symptômes
Dans un premier temps, apparaissent une douleur et une dureté dans la zone correspondant à la glande parotide (entre le lobe de l’oreille et la mâchoire), généralement en raison de l’inflammation locale.
Notamment, le pavillon de l’oreille a tendance à s’enfler. Après l’infection, l’augmentation de la taille de la glande salivaire atteint son volume maximal après deux ou trois jours. En règle générale, un côté s’enflamme d’abord et, au cours de deux jours, l’autre, mais il est possible que seul l’un des deux soit affecté.
Généralement, on observe également de la fièvre, des douleurs musculaires et des maux de tête.
Les complications sont peu fréquentes mais possibles, et elles incluent l’inflammation des meninges (méningite) et du cerveau (encéphalite), de l’épididyme ou l’inflammation du testicule (orchite), de l’ovaire (ovarite), du rein (néphrite), du muscle cardiaque (myocardite) ou des articulations.
« La complication la plus fréquente est l’orchite, qui apparaît chez environ 15-30% des garçons atteints après la puberté, étant très rare chez les enfants », explique Carlos Lumbrejas Bermejo, secrétaire général de la Société Espagnole de Médecine Interne (SEMI) et chef du Service de Médecine Interne de l’Hôpital 12 d’Octobre, à Madrid.
Prévention
Le meilleur moyen de prévenir les oreillons est la vaccination. L’immunisation contre cette infection fait appel à un vaccin associé, connu sous le nom de vaccin triplement viral, qui protège contre trois maladies virales: la rougeole, la rubéole et la parotidite. C’est un vaccin efficace et très sûr et le schéma prévoit deux doses: généralement, une première à 12 mois et une dose de rappel entre 2 et 4 ans.
Types
Diagnostic
Le diagnostic de la parotidite est clinique, c’est‑à‑dire que le médecin s’appuie sur les symptômes et les signes visibles chez le patient; fondamentalement, lorsque les glandes salivaires sont enflammées.
Ce diagnostic est très fiable s’il est établi durant une épidémie de la maladie. À d’autres moments, il peut être nécessaire de réaliser une analyse sanguine pour exclure d’autres causes possibles.
Les analyses de laboratoire peuvent identifier le virus de la parotidite et les anticorps qu’il génère, mais elles sont rarement nécessaires pour parvenir au diagnostic.
Traitements
Dans la majorité des cas, cette maladie se résout d’elle‑même et le traitement se limite à la gestion des symptômes qui apparaissent par le biais d’antipyrétiques et d’anti-inflammatoires. Le repos au lit sera recommandé selon l’état du patient.
Il est aussi préconisé de boire des liquides et de se gargariser avec de l’eau tiède salée, ainsi que d’appliquer des compresses froides ou chaudes dans la région du cou.
Le régime alimentaire est un autre facteur très important. Pendant ces jours-là, on recommande un régime doux et facile à mâcher, en évitant les aliments qui favorisent une production salivaire accrue — en particulier les aliments acides et salés — afin de minimiser la douleur lors des repas.
Autres données
Le pronostic pour cette infection est généralement favorable, même si d’autres organes peuvent être affectés chez le patient. Bien qu’il soit rare que la maladie se présente chez l’adulte, cuando cela se produit, elle est plus grave et tend à présenter des complications plus fréquemment.
La complication la plus redoutée est l’infertilité masculine, qui ne survient que dans de très rares cas. « L’orchite ou inflammation testiculaire touche généralement un seul testicule dans la majorité des cas et, bien qu’il soit vrai que les oreillons peuvent entraîner une atrophie testiculaire dans un tiers des cas où ces organes sont touchés, l’infertilité associée à cette infection est exceptionnelle », affirme le représentant de la SEMI.
À propos de l'auteur
Dr Jean-Pascal Del Bano
Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.

