Qu’est-ce que c’est
L’amblyopie, communément appelée œil paresseux, est une pathologie fréquente chez l’enfant. Elle se caractérise par une perte de vision dans un œil, ce qui empêche de voir clairement à travers cet œil, sans qu’il existe une déficience structurelle du globe oculaire. Cela résulte d’un développement insuffisant de la coordination entre l’œil et le cerveau pour interpréter les signaux optiques.
Il s’agit de la cause la plus courante de handicap visuel dans l’enfance. Toutefois, elle peut être facilement corrigée si elle est détectée et prise en charge à temps.
Incidencia
Selon un rapport du Conseil général des Ordres d’Opticiens-Optométristes, environ 10 % des enfants souffrent d’amblyopie ou d’œil paresseux, mais plus de la moitié des parents en ignore l’existence et ne recherchent pas de traitement.
Causes
Elle peut être déclenchée par toute condition qui altère le développement de la vision, bien que la plus fréquente soit le strabisme, qui consiste en une perte de paralélisme des yeux. Elle peut aussi résulter de défauts de réfraction, tels que la myopie, l’hypermétropie ou l’astigmatisme.
Parmi les autres causes figurent des maladies congénitales comme les cataractes ou le glaucome, ou une altération du système de fixation oculaire, qui provoque une oscillation constante des yeux.
Symptômes
L’amblyopie peut présenter plusieurs symptômes à surveiller lors du diagnostic :
- Mauvaise vision dans un œil ou vision réduite: c’est le type le plus fréquent, car si l’enfant voit mal, il le manifeste habituellement d’une manière ou d’une autre.
- L’action de froncer les yeux, de cligner des yeux de manière excessive ou de fermer un œil pour voir.
- Un œil dévié vers l’extérieur ou vers l’intérieur.
- Difficulté à localiser les objets dans l’espace.
- Maux de tête: généralement provoqués par le manque de vision.
Selon Ernesto Marco, pharmacien et opticien-optomnétiste et ex‑vocal du COF de Madrid, « ce sont souvent des enfants plus maladroits qui trébuchent fréquemment, car ils ne peuvent pas évaluer correctement les distances puisqu’ils n’ont pas une vision spatiale (stéréopsie) ». Par conséquent, il est fréquent qu’ils n’aiment pas les sports de balle rapide, comme le tennis ou le padel, en raison de la difficulté à réagir, détaille-t-il.
Prévention
Les moyens de prévenir l’amblyopie sont limités. Néanmoins, il faut réaliser un examen ophtalmologique dès le plus jeune âge et, par la suite, s’y rendre une fois par an si les résultats de cet examen ont été normaux.
Types
- Amblyopie strabique: survient lorsque l’un des yeux se dévie vers l’intérieur ou l’extérieur et que le cerveau, pour ne pas altérer la vision, cesse de recevoir l’information optique, entraînant ensuite une diminution de la vision dans cet œil.
- Amblyopie par privation: survient lorsqu’une pathologie prive l’œil de l’expérience visuelle, ce qui peut entraîner une perte de vision.
- Amblyopie réfractive: se produit lorsqu’il existe un défaut réfracteur très important ou inégal dans l’œil. Dans ce cas, le cerveau cesse de fournir des informations à l’œil le plus endommagé. Ce type d’œil paresseux est le plus difficile à déceler, car il faut réaliser une évaluation de la vision.
Diagnostics
Le diagnostic dépend de la cause qui a généré cette amblyopie. Néanmoins, la détection de cette pathologie est simple, au moyen d’un examen de routine chez l’ophtalmologiste. Dans ces tests, on mesurera la correction nécessaire pour l’enfant, ce qui clarifiera ses besoins. Ces examens, similaires à ceux pratiqués chez les adultes, consistent à percevoir une figure d’une taille déterminée. Ces figures sont généralement des lettres, mais d’autres alternatives peuvent être envisagées, comme différents dessins, dans le cas où le patient ne maîtrise pas encore l’alphabet.
Dans ce cadre, l’Association Espagnole de Pédiatrie (AEP) recommande que la première exploration ait lieu avant le premier anniversaire de l’enfant, afin de pouvoir corriger les lésions oculaires graves et qu’une autre soit effectuée avant le début de la vie scolaire, afin d’atténuer les lésions susceptibles d’affecter son apprentissage, car cela peut poser des problèmes lors de la lecture ou de la distinction du tableau.
Traitements
Selon Gabriel Scalerandi, médecin ophtalmologiste de la Société Ophtalmologique de la Communauté Valencienne (SOCV), on traite d’abord la cause qui a provoqué cette amblyopie — souvent la myopie ou l’astigmatisme — afin de récupérer ensuite la vision perdue dans l’œil paresseux. Lorsque l’amblyopie est due à un strabisme, on la traite généralement avec l’aide de lunettes et, si la récupération n’est pas obtenue par l’occlusion de l’œil, en utilisant un patch occlusif. L’objectif de ce traitement est de récupérer la vision maximale possible et ensuite de poursuivre une thérapie d’entretien pour restaurer la vision jusqu’à ce que le patient atteigne au moins 9 ou 10 ans.
Inés Pérez, spécialiste en strabisme et en oculométrologie pédiatrique de l’Hôpital Povisa, à Vigo, indique que « dans le cas des enfants atteints d’un œil paresseux, il est essentiel, pendant l’été, de ne pas négliger le respect de l’utilisation des lunettes et de l’occlusion afin d’éviter tout recul dans la récupération visuelle ».
Un autre traitement possible consiste à l’utilisation de collyres à l’atropine comme principe actif pour gêner la vision de l’œil le moins fonctionnel et, de cette façon, l’œil paresseux est contraint de voir.
« Il existe des courants qui préconisent des traitements par exercices visuels pour améliorer cette affection, mais cela n’évite généralement pas la nécessité de l’occlusion de l’œil plus performant », déclare Carlos Palomino, chef du Service d’Ophtalmologie du Hôpital Universitaire Quirónsalud Madrid.
Selon l’Académie Américaine d’Ophtalmologie, dans certains cas, l’ophtalmologiste recommandera une chirurgie pour corriger certains problèmes oculaires qui provoquent l’amblyopie. Après la chirurgie, il est possible que l’enfant doive continuer à porter un patch ou que l’œil le plus fort soit couvert jusqu’à ce que sa vision s’améliore.
Dernières recherches
Les dernières recherches thérapeutiques en amblyopie se concentrent sur un logiciel qui combine des technologies passives avec le jeu actif par l’utilisation de lunettes 3D pour entraîner les deux yeux sans occlusion. Pour cela, on utilise une présentation visuelle dicoptique, qui affiche différentes images à chaque œil. Sur la base d’un algorithme enregistré pour les entraîner selon les besoins de chacun, les deux travaillent simultanément pour visualiser l’image complète.
« Il est en période de test, bien que les premiers essais cliniques aient reçu des résultats positifs », affirme Carmen Navarro, directrice de la zone thérapeutique d’Ophthalmologie de Novartis, société qui a acquis la startup nord-américaine Amblyotech, créatrice de ce projet.
Selon l’Académie Américaine d’Ophtalmologie, le nombre total d’heures avec patch nécessaires pour obtenir la meilleure amélioration visuelle oscille entre 150 et 400 heures. « L’objectif est que cette nouvelle technologie nécessite seulement une heure par jour pendant huit semaines de thérapie ludique », déclare Navarro.
Autres données
L’utilisation de différents appareils électroniques peut accélérer l’amblyopie, car une exposition prolongée à la tablette ou au smartphone provoque fatigue visuelle, larmoiement et même vision floue, ce qui aggrave l’apparition des symptômes.
Néanmoins, la qualité de vie de l’enfant ne doit pas être affectée, car un diagnostic rapide évitera de futurs problèmes de vision. De plus, il est rare qu’une population voie sa vision diminuer à l’âge adulte en raison d’un cas d’amblyopie survenu durant l’enfance.
À propos de l'auteur
Dr Jean-Pascal Del Bano
Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.
