Migraine chez la femme : déclencheurs et traitements

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Plus de cinq millions de personnes en Espagne souffrent de migraine, une pathologie qui touche deux fois plus de femmes que d’hommes.Ana Gago Veiga, responsable de l’unité des céphalées de l’hôpital de la Princesa à Madrid et professeure de l’Université autonome de Madrid, explique à CuídatePlus que cette maladie présente une forte composante génétique, ce qui explique qu’il soit fréquent de trouver des patients ayant des antécédents familiaux. “Nous savons en outre que certaines circonstances favorisent la chronicisation de la maladie, c’est‑à‑dire que la migraine devienne très fréquente ou pratiquement quotidienne”, affirme l’experte, qui ajoute que, parmi ces facteurs, on retrouve :

  • L’abus d’antalgiques.
     
  • L’obésité.
     
  • Les troubles du sommeil.
     
  • Le stress chronique.
     
  • L’anxiété.
     
  • La dépression.

“Identifier ces éléments de chronicisation permet d’agir précocement afin d’éviter que la maladie ne devienne plus invalidante”, souligne Gago.

Concernant les déclencheurs les plus fréquents chez les femmes, l’experte répond que les cycles hormonaux liés au cycle menstruel constituent l’un des plus caractéristiques, mais ne sont pas les seuls. La neurologue pointe également les éléments suivants :

  • Une crise déclenchée par le stress et, paradoxalement, le relâchement après des périodes de stress intense.
     
  • Des perturbations du sommeil : dormir peu ou trop.
     
  • Le jeûne prolongé.
     
  • La déshydratation.
     
  • Certains changements météorologiques.
     
  • Des stimuli sensoriels forts, tels que les lumières vives, les odeurs fortes ou les bruits élevés.

Cependant, l’experte avertit que les déclencheurs ne sont pas les mêmes pour toutes les patientes et que l’identification des siens peut aider à mieux maîtriser la maladie. Toutefois, “cela ne signifie pas que les personnes migraineuses doivent vivre en surveillant chaque détail de leur routine ou en recherchant sans cesse une explication à chaque crise”, précise-t-elle.

Il s’agit ainsi d’une maladie neurologique complexe et il n’existe pas toujours un déclencheur identifiable. Bien souvent, les crises apparaissent sans cause évidente. C’est pourquoi Gago souligne qu’« il faut éviter la culpabilité » : souffrir d’une crise ne signifie pas que la patiente ait fait quelque chose de mal. Connaître les déclencheurs possibles peut être utile, mais cela ne doit en aucun cas devenir une source d’anxiété supplémentaire ou de restrictions inutiles dans la vie quotidienne.

(Photo : Freepik)

Les traitements ont‑ils progressé ces dernières années ?

Selon Gago, “ces dernières années ont été marquées par une véritable révolution dans la prise en charge de la migraine, notamment grâce à une meilleure compréhension des mécanismes biologiques qui la sous-tendent”. À cet égard, elle poursuit, les avancées ont touché à la fois le traitement symptomatique, destiné à atténuer une crise lorsqu’elle survient; et le traitement préventif, dont l’objectif est de réduire la fréquence et l’intensité des poussées lorsqu’il est administré sur une période prolongée.

“Depuis quelques années, nous disposons de thérapies spécifiquement conçues pour la migraine, ciblant le peptide lié au gène de la calcitonine (CGRP), une molécule clé dans sa physiopathologie. Parmi elles figurent les anticorps monoclonaux et les gepants, des médicaments qui ont démontré une grande efficacité et un bon profil de sécurité chez de nombreux patients”, détaille la neurologue.

D’autre part, la toxine botulique est indiquée dans certains cas de migraine chronique, “une option qui a représenté une avancée importante pour les patients avec des formes particulièrement invalidantes de la maladie”.

Par ailleurs, l’experte rappelle que les traitements préventifs classiques ne doivent pas être oubliés, car ils conservent un rôle important : “Dans de nombreux cas, ils sont efficaces et présentent l’avantage de pouvoir traiter simultanément d’autres affections ou symptômes associés, tels que l’anxiété, la dépression, les troubles du sommeil ou certains problèmes cardiovasculaires”.

Enfin, bien qu’il n’existe pas encore de remède pour la migraine, il est possible de réduire de manière significative chez la plupart des patients souffrant de migraine la fréquence et l’intensité des crises, améliorant ainsi leur qualité de vie. “Aujourd’hui, nous disposons de bien plus d’options thérapeutiques qu’il y a quelques années et, même s’il faut parfois tester différentes alternatives jusqu’à trouver celle qui convient le mieux, aucune femme ne devrait se résigner à vivre avec une migraine mal maîtrisée”, conclut-elle.

À propos de l'auteur

Dr Jean-Pascal Del Bano

Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.

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