Messi, presque 39 ans et six Coupes du Monde : comment il prend soin de lui pour rester au sommet deux décennies après le début de sa carrière

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Lionel Messi a de nouveau écrit l’histoire avec un triplé pour l’Argentine contre l’Algérie (3-0). Âgé de 38 ans, sur le point d’avoir 39, l’Argentin ne se contente pas de continuer à évoluer au plus haut niveau, mais demeure aussi décisif dans un cadre où l’exigence physique et mentale est maximale. Sa présence en sa sixième Coupe du Monde rouvre une question clé dans le sport d’élite : qu’est-ce qu’il faut réellement pour soutenir une carrière ainsi pendant deux décennies ?

José Ruiz, entraîneur personnel spécialisé dans la performance sportive et créateur du projet Malagaentrena, souligne que le cas Messi va bien au-delà du talent : « Celui-ci te mène au sommet, mais y rester près de vingt ans exige une attention physique, une gestion de l’effort et une intelligence compétitive. À 20 ans, de nombreux footballeurs survivent grâce à leur explosivité et à leur capacité à répéter les efforts. À 38 ans, le corps ne récupère plus de la même façon, les fibres musculaires réagissent différemment et le système nerveux nécessite un contrôle beaucoup plus précis des charges ».

De plus, l’usure accumulée est inévitable: articulations, chocs répétés, voyages constants et une exigence émotionnelle élevée. C’est pourquoi, lorsque un joueur continue à faire la différence à cet âge, l’expert insiste sur le fait que parler uniquement de qualité technique ne suffit pas.

L’intelligence pour choisir quand courir

(Photo : Cordon Creative)

L’une des clés de la longévité sportive est la gestion de l’effort. Messi, selon Ruiz, a transformé sa façon de comprendre le jeu au fil des années. « Il n’a pas besoin de courir tout le match pour influencer le jeu. Il sait quand accélérer, quand faire une pause et quand apparaître. Cette intelligence lui permet de dépenser son énergie uniquement lorsque cela compte vraiment », souligne-t-il. Dans le haut niveau, précise-t-il, prendre soin de soi n’est pas faire moins, mais optimiser, en cherchant à dépenser l’énergie là où elle a réellement de l’impact.

Par ailleurs, l’entraînement de force est clé non seulement pour la performance, mais aussi pour la prévention des blessures. « Un footballeur vétéran a besoin d’une base musculaire solide pour protéger les articulations, maintenir la stabilité et tolérer les changements de rythme et les contacts », souligne Ruiz. Selon l’entraîneur, la force agit comme une « assurance physique » : elle réduit le risque de blessure, améliore la capacité de freinage et aide à absorber les chocs. Sans cette base, le corps perd en efficacité et devient plus vulnérable.

Bien récupérer, c’est aussi s’entraîner

Un autre changement fondamental dans le sport moderne est l’importance de la récupération. Dormir, s’alimenter correctement ou effectuer des séances de physiothérapie ne sont plus des compléments, mais font partie intégrante de la performance.

« Messi n’est pas parvenu à ce niveau uniquement en s’entraînant beaucoup, mais en apprenant à conserver son corps. La performance ne s’améliore pas uniquement par le stimulus, mais lorsque ce stimulus est associé à une bonne récupération », assure Ruiz. Dans ce processus interviennent des facteurs tels que le sommeil, la mobilité, le travail de compensation, la physiothérapie ou la gestion du stress.

L’alimentation, un autre pilier essentiel

La nutrition devient également plus déterminante avec l’âge. Selon les mots de l’entraîneur, « il ne s’agit pas de régimes restrictifs, mais de manger pour performer et soutenir l’effort pendant des années ». À cet égard, certains des facteurs clés du haut niveau sont :

  • Hydratation.
     
  • Apport protéique suffisant.
     
  • Contrôle des aliments ultra-transformés.
     
  • Planification énergétique correcte, selon la charge d’entraînement.

Au-delà du physique, l’esprit joue également un rôle décisif. « La pression, l’exposition médiatique et les attentes constantes font partie du quotidien d’un footballeur d’élite. En compétissant si longtemps, tu apprends à gérer la pression différemment. Tu n’as plus besoin de démontrer à chaque action, mais de comprendre le jeu et de mieux choisir », souligne Ruiz. De plus, la stabilité émotionnelle et la capacité à maintenir le focus sont, selon l’expert, aussi importantes que l’état physique.

À propos de l'auteur

Dr Jean-Pascal Del Bano

Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.

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