Mercedes Bermejo, psychologue, sur la rentrée scolaire : derrière le « je ne veux pas revenir » se cache la peur des difficultés sociales

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Compte à rebours pour l’ouverture des établissements scolaires et le vacarme des cris d’enfants qui va suivre. Bien que plusieurs jours de vacances restent encore à passer, le feu vert a déjà été donné et le coup d’envoi est donné. S’agissant du moment où il est judicieux de commencer à préparer les enfants à la rentrée, Mercedes Bermejo, psychologue clinique spécialisée dans l’enfance et la famille, explique à CuídatePlus que la clé réside dans une adaptation progressive, en commençant entre une et deux semaines avant, et en s’ajustant à l’âge et aux caractéristiques de chaque enfant.

À ce stade, l’experte précise que il n’est pas nécessaire de transformer la fin des vacances en une prolongation du trimestre, mais qu’il est utile de reprendre petit à petit les horaires. « Nous pouvons avancer chaque jour entre 15 et 30 minutes l’heure du coucher et celle du lever », illustre Bermejo, qui rappelle aussi l’importance de réguler les heures des repas.

Par ailleurs, elle indique que les parents doivent anticiper avec leur enfant le début de la nouvelle année. À cet effet, elle conseille de préparer ensemble le matériel, de se rappeler à quoi ressemblera la première journée, ainsi que les professeurs ou les camarades. « Les enfants ont besoin d’anticipation et de prévisibilité, savoir ce qui va se passer, où ils iront, qui les accompagnera, quand ils partiront et quand ils reviendront. Toute cette information réduit énormément l’incertitude », précise-t-elle. En revanche, poursuit-elle, attendre jusqu’aux derniers jours “peut provoquer un changement trop brusque, surtout chez les jeunes enfants ayant des difficultés de sommeil, de l’anxiété ou des expériences scolaires négatives.”

Ainsi, la pédopsychologue souligne que la clé est de pouvoir transmettre le retour comme quelque chose de naturel, sans dramatiser, et de présenter septembre comme « le début d’une autre étape sans que cela signifie la fin de quelque chose de bon, l’été ».

(Foto: Magnific)

Et si l’enfant montre de la nervosité ou de l’anxiété ?

Pour aider à gérer les nerfs, la première étape est de valider les émotions. Bermejo souligne qu’il faut transmettre à l’enfant de l’empathie : « Valider ne signifie pas renforcer la peur, mais lui faire comprendre qu’il est normal de pouvoir la ressentir. Cela l’aide à affronter la situation ». Dans ce sens, il est utile de poser des questions ouvertes et précises, comme s’il y a quelque chose qui l’inquiète ou ce qu’il pense qui pourrait rendre le premier jour plus supportable.

« Derrière le ‘je ne veux pas revenir’ peut se cacher de la peur, non seulement de la séparation, mais aussi de difficultés sociales, comme par exemple la peur d’un professeur en particulier », indique l’experte, qui ajoute que, chez l’enfant, la pensée magique est aussi très présente, c’est-à-dire une caractéristique consistant à mêler réalité et fantaisie pour donner un sens à ce qui se passe autour de lui.

Par ailleurs, il peut être utile de préparer de petits plans : visiter les alentours de l’école, prendre contact avec un camarade, répéter ce que sera la routine du matin ou convenir de ce qu’il peut faire si l’enfant se sent mal. « L’objectif n’est pas de lui assurer que tout va se passer parfaitement, mais de lui transmettre que quoi qu’il arrive, il peut en parler aux adultes pour trouver une solution », précise-t-elle.

La spécialiste rappelle que les parents ne devraient pas minimiser l’angoisse ou les nerfs de l’enfant, ni lui dire que ce n’est pas grave ou le comparer au comportement d’autres enfants. « Par exemple, nous avons tendance à lui demander beaucoup ce qu’il a mangé à l’école, alors que cela reflète davantage notre intérêt que ce qu’il veut peut-être nous raconter », remarque-t-elle.

Par ailleurs, poursuit-elle, « il n’est pas utile non plus de transmettre notre propre angoisse, ni de faciliter l’évitement. Ne pas se rendre à l’école peut soulager la peur momentanément, mais la maintenir à long terme ».

L’importance du repos

Le sommeil est l’un des principaux régulateurs émotionnels. Selon la psychologue, « dormir peu ou mal augmente l’irritabilité, l’impulsivité, la sensibilité face aux difficultés, les problèmes d’attention et d’apprentissage et affecte énormément le niveau émotionnel ». Il arrive parfois que l’on interprète une mauvaise attitude comme de la fatigue et une désrégulation.

Ainsi, elle insiste : pendant la semaine qui précède, il est important d’avancer progressivement l’heure du coucher et celle du lever, y compris les week-ends. Cela signifie rétablir des horaires stables pour le petit-déjeuner, le déjeuner et le dîner. Bermejo conseille également de favoriser fortement l’activité physique tout au long de la journée et de réduire les écrans dans l’heure qui précède le sommeil.

« Les routines ne doivent pas être vécues comme une structure rigide, mais comme un cadre d’anticipation et de sécurité. Plus le matin sera prévisible et calme, moins il y aura d’activités émotionnelles chez l’enfant et aussi dans toute la famille », souligne Bermejo. À ce titre, elle conseille de préparer le sac à dos ou les vêtements la veille, afin d’éviter les précipitations le lendemain.

À propos de l'auteur

Dr Jean-Pascal Del Bano

Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.

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