Albert Einstein : Une force motrice plus puissante que la vapeur, l’électricité et l’énergie atomique : la volonté

Temps de lecture
4 min

Il y a des moments où la motivation s’efface, mais l’intention demeure. Bien que l’objectif reste le même, l’élan du premier jour n’est plus là. Cette distance entre vouloir quelque chose et continuer à progresser vers le but lorsque l’envie manque est précisément le territoire où intervient la volonté.

La phrase attribuée à Einstein ne parle pas d’énergie infinie ni d’exiger de soi sans limites. Elle parle de la capacité de maintenir une direction lorsque les circonstances ou l’état d’esprit poussent dans l’autre sens.

Ce que signifie la volonté en pratique

La volonté n’est pas un trait fixe qui se possède ou non. Elle ressemble plutôt à une ressource qu’on peut gérer mieux ou moins bien en fonction de l’organisation de l’environnement et des choix du quotidien.

Certaines personnes paraissent avoir plus de volonté que d’autres, mais dans bien des cas la différence réside dans le fait qu’elles ont réduit les frictions qui rendent l’action difficile.

Par exemple, quelqu’un qui veut sortir se promener le matin mais ne prépare pas ses vêtements la nuit précédente doit prendre plus de décisions au lever, et chaque décision dépense un peu de cette ressource avant même le démarrage de la journée. Préparer les vêtements à l’avance réduit cette charge et rend plus probable que l’action se produise. La volonté n’a pas changé; l’environnement qui l’entoure a changé.


Ce qui pourrait vous intéresser:
Rilke : Dans la vie, il n’existe pas de cours pour débutants ; on exige tout de suite ce qui est le plus difficile


La volonté fonctionne mieux avec un petit plan

Les objectifs vagues sont difficiles à soutenir. « Faire plus d’exercice » ou « être plus organisé » n’ont pas de point d’entrée clair, et sans ce point d’entrée la volonté ne sait pas où s’appliquer. Ce qui fonctionne le mieux est de transformer l’objectif en une action concrète et répétable :

  • Au lieu de « je veux lire plus » : lire dix pages avant de dormir.
  • Au lieu de « je veux mieux manger » : préparer le déjeuner la veille au soir.
  • Au lieu de « je veux progresser sur ce projet » : lui consacrer un bloc de 25 minutes à la première heure.

L’action petite n’est pas un substitut à la grande ambition. C’est la manière de s’en rapprocher sans dépendre de l’apparition d’une motivation parfaite.

La volonté s’érode lorsque la référence unique est l’objectif final et que tout ce qui est intermédiaire semble insuffisant. Reconnaître une avancée modeste maintient actif le lien avec l’intention sans attendre d’obtenir le résultat complet.

Ce que la volonté ne peut résoudre seule

Il est utile d’être clair sur un point : l’idée selon laquelle « vouloir, c’est pouvoir » simplifie trop les choses. La volonté ne remplace pas le temps qui n’existe pas, ne résout pas la fatigue accumulée durant des semaines difficiles, ne compense pas le manque de ressources économiques ni ne résout des situations complexes qui dépendent de nombreux facteurs.

S’en demander davantage lorsque le problème est structurel n’est pas de la force de volonté; c’est une façon d’imputer à la personne une responsabilité sur quelque chose qui échappe à son contrôle.

La volonté agit mieux lorsque les conditions permettent d’agir. En moments d’épuisement réel, de crise ou de manque de moyens, ce qui aide n’est pas plus d’effort mais de meilleures conditions.



La force de recommencer

La volonté ne consiste pas à ne jamais échouer. Elle consiste à créer les conditions qui facilitent la reprise après un échec. Cela peut être aussi concret que réenregistrer une tâche, réorganiser un espace, réduire une distraction ou simplement décider d’essayer à nouveau demain avec une approche plus modeste.

La phrase d’Einstein pointe vers quelque chose que la motivation seule ne peut pas maintenir. La volonté, entendue comme une intention soutenue avec l’appui d’un plan, est ce qui permet à quelque chose de durer plus longtemps que l’enthousiasme initial.

À propos de l'auteur

Dr Jean-Pascal Del Bano

Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.

Laisser un commentaire

Le guide des hôpitaux et cliniques de France.

Recherchez parmi les 1335 établissements