Mark Twain : La meilleure façon de se remonter le moral est d’aider quelqu’un d’autre à remonter le moral

Temps de lecture
4 min

Il y a des jours où la tête tourne autour d’un même sujet, où l’humeur ne s’améliore pas et où l’effort pour se sentir mieux devient une autre préoccupation.

Mark Twain avait une solution particulière pour ces moments : ne pas chercher la sortie en soi-même, mais diriger son attention vers l’extérieur.

La phrase ne promet pas que le fait d’aider les autres résolve ses propres problèmes ni que la tristesse disparaisse en faisant un geste aimable. Ce qu’elle suggère, c’est que sortir de l’enfermement mental, même pour un instant, peut modifier légèrement ce que l’on ressent.

Encourager quelqu’un recentre l’attention

Quand le moral est bas, l’attention a tendance à se focaliser sur ce qui manque, sur ce qui inquiète ou sur ce qui ne fonctionne pas. Cette focalisation soutenue n’aide pas à s’améliorer; bien souvent elle le renforce.

Diriger l’attention vers une autre personne, même brièvement, interrompt ce cycle. Cela ne résout pas, mais cela le met en pause.

Envoyer un message à quelqu’un qui traverse une période difficile, écouter un collègue qui a besoin de parler ou accomplir un petit service que personne n’attendait : l’une de ces actions déplace l’attention de soi vers quelque chose d’extérieur. Et ce déplacement, aussi bref soit-il, peut parfois suffire à faire changer l’état un peu.


Vous pourriez être intéressé:
Stephen Hawking, scientifique : Souviens-toi de regarder vers les étoiles et non vers tes pieds


Un geste aimable crée aussi du lien

Les gestes envers autrui n’affectent pas seulement celle ou celui qui les reçoit. Celui qui les fait ressent aussi le sentiment d’avoir été présent, d’avoir été utile, d’avoir connecté avec quelqu’un. Cette connexion a un effet réel sur l’humeur, même si ce n’est pas spectaculaire ni immédiat.

Il n’est pas nécessaire que le geste soit important. Partager un mot aimable, être disponible quand quelqu’un en a besoin ou simplement écouter sans interrompre sont des manières de créer ce lien. L’ampleur ne définit pas l’effet; c’est l’attention avec laquelle on le fait qui le détermine.

Aider ne signifie pas nier ce que tu ressens

La phrase de Twain ne demande pas d’ignorer son propre mal-être ni de feindre des envies qui n’existent pas. Encourager quelqu’un lors d’un jour difficile n’est pas une contradiction. On peut être fatigué, préoccupé ou le moral bas et pourtant avoir quelque chose à offrir. Les deux choses peuvent coexister.

La différence réside dans le fait de ne pas utiliser son mal-être comme raison de se fermer complètement. Il y a des moments où faire quelque chose pour autrui est compatible avec ce que l’on ressent, et parfois cette action laisse quelque chose de meilleur que ce que l’on a trouvé.



Les petites actions comptent

L’une des barrières à l’action est de penser que le geste doit être significatif pour compter. Ce n’est pas le cas. Écrire un court message à quelqu’un qui ne donne plus signe de vie depuis des jours, reconnaître le travail d’un collègue, céder le tour ou simplement demander comment va quelqu’un que l’on n’a pas eu de nouvelles depuis longtemps sont des gestes modestes qui ne demandent aucun effort.

Ce qui les fait fonctionner n’est pas leur taille, mais leur survenue même. Que quelqu’un ait décidé de faire quelque chose plutôt que de ne rien faire.

Parfois, le moral ne se rétablit pas en se regardant davantage soi-même, mais en se rappelant que, même dans une journée difficile, on peut être une présence bienveillante pour quelqu’un d’autre. Pas comme stratégie ni comme obligation, mais comme une possibilité qui existe même si on ne la voit pas de l’intérieur.

Twain l’a formulé comme une paradoxe : celui qui veut s’encourager, qu’il encourage les autres. Non pas parce que cela résout le propre, mais parce que ce mouvement vers l’extérieur peut rendre quelque chose que l’emprisonnement intérieur ne rend pas seul. Parfois, cela suffit.

À propos de l'auteur

Dr Jean-Pascal Del Bano

Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.

Laisser un commentaire

Le guide des hôpitaux et cliniques de France.

Recherchez parmi les 1335 établissements