Le vice malsain de Marcos Llorente : « Bien sûr que je sais que ce n’est pas optimal pour moi, mais ce que cela m’apporte est infiniment plus grand que tout aspect négatif. »

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Marcos Llorente, joueur de l’Atlético de Madrid, présente des habitudes de vie qualifiées de saines qui, parfois, entrent en conflit avec les recommandations des spécialistes de la santé. Prendre le soleil sans protection, ne pas consommer de légumes, porter des lunettes avec des filtres colorés et sortir torse nu quand il fait 0 degré figurent parmi les habitudes et routines que le footballeur suit, mais qui ne sont pas toujours bien reçues par les experts. En matière d’alimentation, depuis des années il suit le régime paléolithique ou paléo, un type d’alimentation qui, « se concentre sur la consommation d’aliments qui pouvaient être chassés ou récoltés, tels que des viandes maigres, des poissons, des fruits, des légumes, des fruits à coque et des graines », explique en détail María José Cachafeiro, pharmacienne, divulgatrice et experte en nutrition. Dans ce régime, «on exclut les aliments introduits après la révolution agricole, tels que les céréales, les légumineuses et les produits laitiers ».

Quoi qu’il en soit des bénéfices ou des risques que peut présenter ce type de régime, Llorente entretient une habitude peu ou pas saine. Il s’agit du vin. Comme il l’a lui-même exposé sur ses réseaux sociaux, « en ce qui concerne la santé, bien sûr que je sais que le vin n’est pas l’optimum pour moi, mais ce que m’apporte d’ouvrir une bouteille avec ma famille — conversations, câlins, souvenirs — est infiniment plus grand que n’importe quel aspect négatif ».

Le vin, explique Cachafeiro, « bénéficie d’une bonne presse depuis des décennies, mais les preuves scientifiques actuelles nuancent fortement cette vision romantique ». Les bénéfices possibles du vin « viennent de ses composés bioactifs — surtout les polyphénols, comme le resvératrol ou les procyanidines —, non pas de l’alcool ». Ces antioxydants naturels « se trouvent dans la peau et les pépins du raisin et agissent en réduisant le stress oxydatif et en modulant les processus inflammatoires de bas grade, ce qui, en théorie, peut protéger le système cardiovasculaire ».

Pourtant, les études les plus récentes sont claires : « Il n’existe pas de quantité d’alcool réellement sûre ou « saine » ». Même de petites doses augmentent le risque de certains types de cancer, notamment du sein et du côlon, en plus d’altérer le sommeil, le microbiote intestinal et la fonction hépatique ».

En résumé, « le vin possède des antioxydants intéressants, mais l’alcool voile une partie de ce bénéfice ».

Vin et sport

En ce qui concerne la consommation de vin chez les sportifs comme Llorente, quel effet cela a-t-il ? comme l’explique la pharmacienne, « chez les sportifs, l’alcool interfère à de nombreux niveaux ». Entre autres actions, « il diminue la synthèse du glycogène musculaire, altère la récupération, déshydrate et détériore la qualité du sommeil. De plus, il peut augmenter l’inflammation systémique et compliquer la réparation cellulaire ».

Du point de vue de la PNIE (Psychoneuroimmunoendocrinologie), « l’alcool modifie aussi l’équilibre de l’axe intestin- cerveau, ce qui signifie qu’il affecte le microbiote intestinal, augmente la perméabilité de la muqueuse et, par conséquent, la réponse inflammatoire ».

En résumé : « même une consommation occasionnelle peut compromettre la récupération d’un sportif ».

Il est important de rappeler qu’il n’existe pas de quantité « sûre » d’alcool. Mais, comme l’explique la pharmacienne, « oui, nous pouvons parler d’une quantité à faible risque ».

L’OMS et l’EFSA « estiment qu’il serait idéal de limiter la consommation à pas plus de 100 ml de vin (une petite coupe) pour les hommes et moins pour les femmes, et de ne pas le faire tous les jours ». Ce qui est clair, c’est que « le corps a besoin de jours de repos hépatique, et que la « une petite coupe quotidienne » sur toute une vie n’a pas de fondement scientifique ».

La clé réside dans le contexte : « si la personne mange bien, bouge, dort, ne fume pas et n’a pas de pathologies, une coupe occasionnelle — et dégustée sans culpabilité — ne devrait pas avoir d’impact significatif. Mais il ne faut pas qualifier cela de « sain », mais d’« occasionnel et compatible ».

À propos de l'auteur

Dr Jean-Pascal Del Bano

Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.

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