L’astuce des lunettes rouges pour tromper votre cerveau avant de dormir

Les écrans font partie intégrante de notre vie quotidienne. Nous les utilisons chaque jour, que ce soit pour travailler, étudier ou tout simplement nous divertir. Et bien qu’ils représentent une avancée technologique majeure, ils peuvent aussi perturber notre repos nocturne. En effet, ils émettent une lumière bleue qui diminue temporairement la production de mélatonine — l’hormone du sommeil —.
Le jour, cela peut être utile, car, en général, nous devons rester éveillés. En revanche, la nuit, ce n’est pas aussi pratique, car cela peut compliquer le repos et l’endormissement. L’une des façons d’atténuer cet effet consiste à adopter une série de gestes simples, et l’un d’entre eux pourrait être les lunettes à verres rouges ou orangés.
Comment fonctionnent les lunettes à verres rouges?
Les lunettes rouges ou orangées ne sont pas qu’une simple mode, elles reposent sur une explication. Elles peuvent agir comme une barrière physique contre les longueurs d’onde courtes — qui correspondent aux couleurs bleu et vert — émises par les écrans. En filtrant correctement cette lumière, elles contribuent à diminuer la suppression de la mélatonine dont nous venons de parler.
Un point important à considérer est que toutes les lunettes teintées ne fonctionnent pas pour cet effet. À vrai dire, le fait d’avoir les verres rouges ou orangés à eux seuls ne garantit pas qu’elles filtreront ces longueurs d’onde. Si vous êtes intéressé par leur acquisition, il est préférable de consulter les données fournies par le fabricant sur la transmission spectrale.
L’idéal est qu’elles bloquent la lumière en dessous de 550 nanomètres. Et méfiez-vous des modèles affichant des pourcentages généraux qui n’indiquent pas les longueurs d’onde exactes mesurées. D’autre part, il existe aussi des lunettes transparentes qui se présentent comme adaptées à l’utilisation devant l’ordinateur. Ce type de lunettes ne bloque qu’une faible fraction de la lumière bleue et rien de la verte; elles ne constituent donc pas la meilleure alternative.
Utilisez-les avec discernement et dans une routine
Si l’idée d’utiliser ces lunettes vous paraît intéressante, vous pourriez les porter lors des deux ou trois dernières heures de la journée, avant de vous coucher. Surtout si l’éclairage de votre domicile est intense ou lorsque vous ne pouvez pas éviter les écrans en fin de journée.
À présent, il convient de nuancer vos attentes. En effet, prises isolément, elles ne vont pas traiter l’insomnie, réguler le rythme circadien ni garantir un sommeil profond, si le reste de vos habitudes n’est pas bon. Elles fonctionnent mieux dans le cadre d’une routine plus large, dans laquelle il faut envisager les points suivants.
- Réduisez l’éclairage froid. En fin de journée, utilisez un luminaire à lumière douce et chaude, en évitant les plafonniers à lumière froide, blanche et intense.
- Réduisez la luminosité des écrans. Activez sur le téléphone ou la tablette le mode nuit, qui diminue l’intensité lumineuse. De même, certains modèles proposent des fonctions qui permettent de modifier la tonalité de l’écran vers des nuances jaunes douces.
- Tenez des horaires réguliers. Essayez de vous coucher et de vous lever à heures fixes. Cela aidera à synchroniser votre horloge biologique.
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Souvenez-vous que le corps n’a pas seulement besoin d’obscurité pendant la nuit, mais aussi de lumière pendant la journée. S’exposer le matin aux rayons du soleil contribue à réguler votre rythme circadien. En fin de compte, des lunettes rouges peuvent réduire une partie du signal lumineux nocturne, mais l’habitude qui aide le plus votre horloge biologique consiste à créer un contraste clair entre des journées lumineuses et des nuits progressivement plus sombres.
À propos de l'auteur
Dr Jean-Pascal Del Bano
Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.
