La gueule de bois liée à la migraine existe et voici ses signes

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La gueule de bois migraineuse existe et n’est pas provoquée par l’alcool, mais elle accompagne l’une des phases de la migraine. Cette douleur crânienne n’est pas banale : il s’agit d’une maladie neurologique très handicapante. En Espagne, elle touche 13 % de la population générale, soit plus de six millions de personnes, dont environ 70 % sont des femmes.

Les quatre phases de la migraine

Il ne s’agit pas d’un simple mal de tête intense pendant un moment. La migraine comprend en réalité quatre phases bien définies et elles ne sont pas nécessairement identiques d’un épisode à l’autre, ni même d’une attaque à l’autre. Robert Belvís, coordonnateur du Groupe d’Étude des Céphalées de la Société Espagnole de Neurologie, explique à CuídatePlus quelles sont ces phases.

  • Prodrome ou phase prémonitoire : « Le cerveau du patient migraineux ne présente ni altération ni lésion, mais il ne fonctionne pas de manière habituelle face à certains stimuli », explique Belvís. Ces stimuli, qui vont du stress, à la fluctuation des œstrogènes, à l’insomnie, à l’épuisement physique… entraînent une dépense d’énergie et le cerveau émet une série d’ondes électriques qui mènent à la phase suivante.
  • Aura : Tous les patients n’ont pas des symptômes visuels — un sur quatre ou un sur trois — mais elle déclenche une série d’ondes électriques cérébrales qui entraînent la libération de substances par les neurones et provoquent la douleur.
  • Phase de douleur.
  • Postdrome : Ce qui persiste après la douleur. C’est ambigu et très variable selon les personnes. Ceux qui en souffrent parlent de la gueule de bois migraineuse.

Qu’est-ce que la « gueule de bois migraineuse » ?

Il ne s’agit pas d’une gueule de bois au sens alcoolique. « La gueule de bois est ce qui reste après une poussée », précise Belvís.

Après une migraine, il peut persister un mal de tête résiduel qui permet de travailler ou d’effectuer des tâches, mais sans être à cent pour cent. C’est comme si on avait été passé par un camion : ils sont épuisés, avec des difficultés de concentration ou d’attention. Selon le neurologue, cette phase — qui vient du terme anglais hangover et qui est, en anglais, réellement un terme médical — peut durer jusqu’à deux jours après la fin de la céphalée. Selon lui, les trois symptômes cardinaux, mais qui restent ambigus, sont la fatigue, une céphalée légère et des difficultés cognitives d’attention et de concentration.

(Photo: Freepik)

Symptômes intercritiques ou « gueule de bois migraineuse »

Selon le neurologue, les dernières recherches montrent que, à partir de quatre épisodes graves de migraine par mois, de nombreuses personnes enchaînent les symptômes de la gueule de bois migraineuse avec l’attaque elle-même.

« Entre l’attaque et l’attaque, à partir de quatre jours de migraine par mois, la personne commence à présenter ce que nous appelons désormais des symptômes intercritiques — ce sont ces mêmes éléments — fatigue et difficultés cognitives. » Selon le neurologue, le fait que la migraine soit stigmatisée et banalisée s’explique par le fait que les gens ont des problèmes au travail: on croit que les patients migraineux ne vont pas travailler. Ce n’est pas vrai. Le problème est qu’ils vont au travail avec leurs symptômes de migraine et obtiennent des rendements plus faibles à cause de ces difficultés cognitives.

Pour cette raison, parfois une personne migraineuse peut porter des lunettes de soleil à l’intérieur, ou présenter une hypersensibilité à la lumière, aux odeurs, au bruit, à la vue, à la fatigue ou à des difficultés cognitives. En réalité, lorsque ces symptômes intercritiques apparaissent, la personne migraineuse ne fonctionne pas correctement. C’est une maladie sur laquelle on a beaucoup insisté sur la douleur, qui est sans doute ce qui handicape le plus. Mais, en réalité, il existe bien d’autres symptômes que la douleur qui ne sont pas graves, mais qui font que la personne ne fonctionne pas correctement. C’est pourquoi elle peut perdre des activités professionnelles ou récréatives, voire ne pas pouvoir travailler et manquer une promotion ou rendre des travaux en retard. Voilà le principal problème professionnel des patients migraineux.

Peut-on prévenir ?

Belvís précise qu’on ne peut pas prévenir ces symptômes intercritiques ou cette gueule de bois migraineuse. Ce que l’on peut faire, en revanche, est d’employer des médicaments préventifs lorsque l’on compte plus de quatre jours de migraine afin de diminuer l’incapacité liée à la douleur. De plus, il est judicieux que la personne migraineuse apprenne à identifier quels sont les facteurs qui déclenchent la douleur à l’aide d’un journal de migraine. « Il faut se demander ce qui s’est passé dans ma vie ? Qu’est-ce qui est nouveau ? Ai-je bien dormi ou mal dormi ? Il faut jouer les détectives pour tenter de maîtriser les facteurs déclencheurs individuels, et c’est très difficile car le facteur numéro un est le stress », souligne le neurologue.

La gravité de la douleur influence-t-elle la gueule de bois ?

Les symptômes préexistants et ceux qui suivent la douleur sont très personnels. Mais les signes de cette gueule de bois — ou postdromiques — dépendent fortement de la gravité de l’attaque. « Si vous avez une attaque grave pendant trois jours, il est évident que vous aurez ensuite un hangover, qui peut durer une semaine ». En revanche, si la douleur est modérée, il est probable que les symptômes de cette gueule de bois soient plus courts. « Cela dépend de la gravité et de la vitesse à laquelle le traitement agit », qui doit être pris dès l’apparition de l’aura ou de la douleur.

À propos de l'auteur

Dr Jean-Pascal Del Bano

Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.

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