Javier Puertas, neurophysiologue, sur dormir à ces heures : un vieillissement biologique moindre

Bien que la vie actuelle nous rende parfois difficile le respect des heures de sommeil nécessaires, il est indéniable que le sommeil est l’un des piliers de la santé qui nous aide le plus à rester en bonne santé. Personne n’ignore que respecter les heures de sommeil nécessaires nous aide à être plus éveillés, mais aussi à ce que notre cerveau soit en forme, car pendant le repos cet organe se charge de se débarrasser des substances toxiques accumulées au cours de la journée.
Une étude, publiée dans la revue scientifique Nature, va plus loin et nous montre que dormir demasiadas horas o demasiado poco también puede hacer que el cerebro, el corazón, los pulmones y el sistema inmune envejezcan más rápido, ce qui est lié au développement de plusieurs maladies. En clair, que tant dormir peu que dormir trop accélère le vieillissement.
Javier Puertas, neurophysiologue clinique et membre de la Société Espagnole du Sommeil, explique à CuídatePlus que cette recherche “cherche des marqueurs de vieillissement biologique et les met en relation avec la durée du sommeil. Depuis le point de vue de l’imagerie, de la protéomique et de la métabolomique, de l’expression de marqueurs métaboliques et de l’expression protéique et ensuite aussi de marqueurs d’imagerie cérébrale.”
Sur cette prémisse, on a analysé les données de plus d’un demi-million de participants dans le Biobanque du Royaume-Uni, où ont été collectées des données démographiques et biologiques. “On a ainsi reconnu le profil des horaires de sommeil et l’évolution de leurs maladies au fil du temps. Avec ces données, il a été constaté que les marqueurs de vieillissement biologique les plus élevés sont associés à dormir moins de 6 heures ou plus de 8 heures. En revanche, l’intervalle où le vieillissement biologique pour l’âge du patient est le plus faible correspond à dormir entre 6 et 8 heures.”
Différences entre les hommes et les femmes
Le nombre d’heures idéal semble varier entre les hommes et les femmes et selon le risque de maladies métaboliques ou de santé mentale. En général, à partir de 6 heures et demie jusqu’à 7,2 heures, c’est le temps qui se lie à des marqueurs de vieillissement les plus sains.
On estime, de plus, que les hommes vieillissent moins rapidement avec un temps de sommeil légèrement inférieur à celui des femmes, soit environ 10% de moins.
Dormir moins de 6 heures s’associe à un risque cardiovasculaire accru, à des altérations de la fonction hépatique et pulmonaire, à une cardiopathie ischémique et à un risque accru de diabète. En revanche, dormir plus de 8 heures augmente le risque de maladies mentales liées à l’humeur, telles que la dépression et l’ anxiété, ainsi qu’une consommation accrue d’alcool ou de tabac. “Autrement dit, les personnes qui dorment moins de six heures ou plus de huit heures présentent des marqueurs biologiques de vieillissement supérieurs à leur âge chronologique.”
(Photo: Alamy/Cordon Press)
Les auteurs de l’étude insistent également sur le fait que dormir peu est associé à l’obésité, l’hypertension, les arythmies. De plus, dormir peu et dormir beaucoup influence aussi l’apparition de BPCO, d’asthme, et une série de troubles digestifs, tels que la gastrite et le reflux gastro‑œsophagien.
Santé et nombre d’heures
Ces résultats renforcent les données déjà connues et pointent vers la nécessité de dormir entre 7 et 9 heures pour que le corps fonctionne correctement. La relation entre le sommeil et la maladie suggère l’existence d’une connexion entre le cerveau et le corps qui s’étend au-delà de l’influence sur le cerveau, selon les auteurs. « Le nombre d’heures saines est légèrement plus élevé chez les femmes que chez les hommes. En milieu de vie, pour une personne dormeur court, dormir moins de 6 heures augmente le risque de maladie — au niveau métabolique et cardiovasculaire — », précise Puertas.
Dormir davantage le week-end
Puertas rappelle que lorsque nous travaillons, nous avons tendance à dormir davantage le week-end pour compenser le temps perdu pendant la semaine, lorsque nos obligations professionnelles nous obligent à nous lever tôt. « Lorsqu’il y a une différence de plus de deux heures entre l’heure du coucher et le moment du lever entre le week-end et la semaine, on parle de ce qu’on appelle le jet lag social et cela génère une privation chronique de sommeil. »
Puertas rappelle également que nous sommes peu exposés à la lumière du jour lorsque nous travaillons, et cela est lié au syndrome métabolique et au surpoids.
Recommandations pour mieux dormir
- Maintenir des horaires réguliers pour les heures de coucher et de réveil, aussi bien les week-ends que les jours ouvrables.
- S’exposer à la lumière du soleil dès le tout début de la matinée.
- Pratiquer une activité physique régulière.
- Dîner léger et deux ou trois heures avant de s’endormir.
- Éviter les écrans et les stimulations dans les heures qui précèdent le sommeil.
- Adopter des routines qui aident à se déconnecter en fin de journée.
À propos de l'auteur
Dr Jean-Pascal Del Bano
Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.
