Isabel del Campo, dermatologue, sur l’épilation intime : le meilleur moment, des poils plus souples et une peau bien hydratée

L’épilation intime est très répandue, surtout chez les femmes. En effet, une grande majorité d’entre elles, 85%, affirme s’épiler ou raccourcir les poils de la zone intime habituellement, surtout en été. Ce n’est pas une question de santé, c’est une décision esthétique et c’est pourquoi il est important de savoir ce qu’il y a de mieux et quand il faut le faire pour éviter des risques tels que l’irritation de la zone, les petits boutons ou les poils incarnés. Nous échangeons avec deux expertes en dermatologie et beauté pour qu’elles nous expliquent tout ce qu’il faut savoir.
Tout d’abord, rappelle à CuídatePlus Isabel del Campo, dermatologue et directrice médicale de l’Institut de Dermatologie Intégrale, qu’il faut se souvenir que “épiler les poils pubiens est une décision esthétique, et non une nécessité médicale. En effet, les poils remplissent une fonction protectrice puisqu’ils réduisent les frottements, aident à préserver l’intégrité de la peau et agissent comme une barrière face à certains microorganismes”.
Si l’on décide d’épiler la zone intime, l’objectif doit être, avant tout, “respecter au maximum la peau” et pour cela il faut le faire, toujours, “avec une peau propre, utiliser un método adapté à chaque personne et éviter des manœuvres agressives qui favorisent l’apparition” de irritations ou de petites plaies”. Et, comme le souligne Beatriz Collado, pharmacienne, l’épilation de la zone intime peut favoriser de petites lésions cutanées telles que irritation, folliculite, poils incarnés et même faciliter certaines infections cutanées si elle n’est pas réalisée avec une bonne hygiène”.
La meilleure méthode pour s’épiler
Pour choisir la méthode d’épilation de la zone intime, les expertes rappellent qu’il n’existe pas de méthode idéale, car tout dépend de la personne, de sa peau et de ses préférences. « Le choix doit s’adapter aux caractéristiques de chaque personne car la peau saine ne réagit pas de la même manière qu’une peau atteinte d’eczéma atopique, de psoriasis, de rosacée ou présentant une tendance à développer des folliculites », explique la dermatologue.
Également influe le type de poil. “Les personnes avec des poils épais ou bouclés ont plus de facilité à développer des poils incarnés, tandis que celles qui présentent une peau particulièrement sensible tolèrent généralement moins bien les méthodes qui arrachent le poil à la racine”, informe-t-elle.
De plus, elle ajoute, “il convient d’évaluer la fréquence à laquelle on s’épile, car répéter des procédés très agressifs en peu de temps favorise l’irritation chronique de la peau”.
En tenant compte de tout cela, il existe certains méthodes qui peuvent être plus respectueuses de la peau que d’autres. Ainsi, explique Del Campo, “la lame est généralement une option sûre lorsqu’elle est utilisée correctement, avec une lame neuve et un bon produit lubrifiant”. Son inconvénient est que les poils réapparaissent plus vite et il existe un risque accru de petites coupures ou de folliculites si l’on ne suit pas des règles de base. Parmi ces règles, la pharmacienne rappelle l’importance de “respecter le sens de pousse des poils”. De plus, elle ajoute, “il est recommandé de le faire avec une bonne lubrification pour réduire la friction et, si possible, réaliser une exfoliation douce un jour ou deux avant”. Cela peut aider à prévenir les poils incarnés, mais jamais juste avant l’épilation, car cela pourrait augmenter la sensibilité.”
Dans le cas de la crème dépilatoire, explique la dermatologue, “elle peut aussi être une alternative, bien que cela soit valable uniquement si elle est indiquée pour la zone intime et si l’on a préalablement vérifié qu’elle ne provoque pas d’irritation.” Pour sa part, la cire “offre un résultat plus durable, mais elle provoque aussi une agressivité accrue sur la peau et augmente le risque d’inflammation, de poils incarnés et de petites lésions”, indique Del Campo.
Comment cela doit-il être fait ?
Une fois que l’on a choisi la méthode d’épilation de la zone intime, l’étape suivante est de choisir le meilleur moment pour le faire. Comme l’explique Del Campo, “la recommandation la plus sûre est de s’épiler après la douche, lorsque les poils sont plus souples et la peau mieux hydratée”.
En tenant compte de cela, si l’on utilise une lame, “il faut appliquer préalablement un gel ou une mousse qui facilite le glissement, effectuer des passages doux sans exercer de pression et éviter d’insister plusieurs fois sur la même zone”, explique-t-elle. Chez les personnes sujettes aux poils incarnés “il peut être préférable de raser en suivant le sens de croissance du poil”.
En terminant “il suffit de rincer la zone à l’eau tiède et de la sécher avec une serviette par petites tapes, sans frotter”, indique Del Campo.
Après l’épilation, il est utile d’aider la peau à retrouver son équilibre. Pour y parvenir, Collado conseille “d’appliquer un produit hydratant et apaisant”. Une crème “hydratante ou réparatrice sans parfum ni alcool, avec des ingrédients tels que céramides, panthénol ou niacinamide, suffit généralement à calmer l’irritation et favoriser la réparation de la barrière cutanée”, ajoute Del Campo.
Il faut aussi “éviter le frottement intense des vêtements serrés durant les premières heures et ne pas s’exposer au soleil si la zone va rester découverte”, rappelle Collado, qui précise que “il peut être utile d’éviter les piscines, jacuzzis ou un exercice intensif pendant quelques heures si la peau est particulièrement sensible”.
Si apparaissent “une douleur intense, une inflammation importante, une sécrétion ou des lésions qui ne s’améliorent pas en quelques jours, il est recommandé de consulter un dermatologue pour écarter une infection ou toute autre complication qui nécessiterait un traitement”, indique la dermatologue.
À propos de l'auteur
Dr Jean-Pascal Del Bano
Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.
