Intoxication au monoxyde à domicile: trois personnes secourues après lʼallumage du poêle

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Intoxication au monoxyde à domicile: trois personnes secourues après lʼallumage du poêle

Une fin de journée tranquille a basculé dans l’urgence hier soir à Montreuil, quand une famille de trois personnes a été prise de malaise après l’allumage d’un poêle. Les pompiers et le SAMU ont rapidement convergé vers l’appartement, avant d’évacuer les victimes vers un hôpital voisin pour des soins d’oxygénation.

Alerte en fin de soirée

Peu avant 20 h, un voisin a composé le 18 en sentant une angoisse inhabituelle et en entendant des toux répétées derrière la porte. « J’ai d’abord cru à une grippe, puis j’ai vu la mère vaciller », raconte Éric, résident du palier. Le bip d’un détecteur n’a jamais retenti : le logement n’en était pas équipé.

Intervention rapide des secours

En quelques minutes, une équipe du SDIS est entrée avec un détecteur portatif. Les mesures ont confirmé une forte concentration de monoxyde de carbone, un gaz inodore et potentiellement mortel. « Nous avons immédiatement ouvert les fenêtres, coupé l’appareil et mis les victimes sous oxygène », a détaillé la capitaine Sophie Marin.

Des victimes hors de danger

Le père, la mère et leur enfant de huit ans présentaient des céphalées, des nausées et une grande fatigue. « L’état était sérieux mais stable », précise un médecin du SAMU. Tous trois ont été transportés pour une éventuelle oxygénothérapie prolongée, le temps de dissiper le gaz dans l’organisme.

Un poêle rallumé après des mois d’arrêt

Selon les premiers constats, le poêle avait été rallumé après une longue période d’inactivité, à la faveur d’un refroidissement soudain. La conduite d’évacuation pourrait être partiellement obstruée, ou la ventilation du logement insuffisante. « Un appareil mal entretenu et un tirage défaillant suffisent pour créer une accumulation », rappelle la capitaine Marin.

Un danger silencieux

Le monoxyde de carbone est un ennemi sans odeur ni couleur, produit par une combustion incomplète. Il se lie à l’hémoglobine et empêche l’oxygène d’alimenter les organes. Les symptômes sont trompeurs: maux de tête, vertiges, nausées, parfois pertes de connaissance. « On pense à une gastro, à une migraine, alors que c’est une intoxication », résume le docteur Karim B.

Témoignages et frayeur dans l’immeuble

Dans la cage d’escalier, l’odeur de fumée était absente, ce qui a surpris plusieurs riverains. « On n’a rien senti, et c’est bien ça le plus inquiétant », souffle Nadia, voisine du dessus. Les secours ont brièvement évacué deux étages, par précaution, le temps d’une ventilation complète.

Prévention: des gestes qui sauvent

Les autorités rappellent des mesures simples et efficaces, trop souvent oubliées:

  • Faire réviser chaque année les appareils à combustion par un professionnel qualifié.
  • Maintenir les bouches d’aération dégagées et ne jamais les obstruer.
  • Installer un détecteur de monoxyde de carbone certifié dans les pièces à risque.
  • Aérer le logement au moins dix minutes par jour, même en hiver.
  • Ne jamais utiliser un brasero, un groupe électrogène ou un four pour se chauffer.

Une enquête technique en cours

Un technicien doit vérifier la conduite, le raccordement du poêle et l’état de la ventilation. L’assureur et le propriétaire ont été informés pour organiser une remise aux normes. Si une non-conformité est confirmée, des travaux seront imposés avant toute réutilisation.

Une saison à risque

Chaque début d’hiver, les interventions liées au monoxyde augmentent. Les habitudes changent, les appareils redémarrent, et la tentation de colmater les fuites d’air pour garder la chaleur grandit. « Une maison trop étanche sans ventilation, c’est une piège pour les gaz de combustion », explique un préventionniste du SDIS.

Quelques signes d’alerte à ne pas ignorer

Un appareil qui jaunit, un flamme instable, de la buée persistante sur les vitres, ou des maux de tête qui touchent plusieurs occupants au même moment sont autant de signaux. « Dès le moindre doute, on coupe l’appareil, on aère grand et on appelle les secours », insiste la capitaine Marin.

Réactions locales et rappel des autorités

La mairie a indiqué renforcer sa campagne d’information, avec des affiches dans les halls et des ateliers de sensibilisation. La préfecture appelle à la plus grande vigilance, surtout chez les ménages équipés de poêles ou de chaudières anciennes. « La prévention reste notre meilleur bouclier », martèle un communiqué.

Dans la soirée, la famille prise en charge a pu joindre des proches et donner des nouvelles rassurantes. Le logement demeure sous scellés techniques jusqu’à la fin des vérifications. Au-delà du frisson de l’instant, cet épisode rappelle que quelques réflexes simples, et un modeste détecteur, peuvent littéralement sauver des vies.

À propos de l'auteur

Dr Jean-Pascal Del Bano

Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.

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