Alerte en Andalousie pour le virus du Nil occidental : qu’est-ce que c’est et comment il se transmet

Le virus du Nil occidental a déjà provoqué, au cours de cette saison, 14 cas en Andalousie et un à Alicante. Ce virus se transmet par la piqûre de moustiques (majoritairement du genre Culex) infectés. Depuis longtemps, on sait que le virus circule dans des zones d’Espagne où cohabitent des oiseaux et des moustiques dans des zones humides des régions d’Andalousie, de la Communauté valencienne, de la Catalogne et de l’Estrémadure.
En réalité, l’Organisation Mondiale de la Santé considère que la fièvre du Nil occidental, la maladie transmise par le virus, est une maladie émergente et d’importance. Les conditions environnementales en Espagne favorisent la circulation du virus, avec une prédominance du lignage 1, bien que ponctuellement le lignage 2 ait été détecté. C’est pourquoi la fièvre liée au virus du Nil occidental est désormais endémique en Espagne et constitue une maladie à déclaration obligatoire.
Qu’est-ce que la fièvre du Nil occidental ?
D’après les données du Ministère de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Alimentation, la fièvre du Nil occidental est une zoonose, c’est‑à‑dire une maladie transmise par des insectes aux humains et aussi à d’autres animaux, comme les chevaux. Selon le rapport du Ministère de la Santé intitulé Actualización de la situación Epidemiológica de la Fiebre del Nilo Occidental, qui précise qu’au‑delà des moustiques, « il est possible que d’autres arthropodes participent également, bien que de façon moindre, car des tiques, des mouches et des poux infectés par ce virus ont été détectés ».
La transmission entre personnes ?
Le rapport précise aussi que les êtres humains et les équins constituent les hôtes finaux du virus, et ne transmettent donc pas la maladie. Pour qu’une contagion voie le jour, il faut qu’un moustique pique. Il faut aussi noter qu’une personne infectée par le virus ne transmet pas à d’autres par contact ou par voie respiratoire, bien qu’une transmission puisse se faire par transfusions ou greffes et par la placenta.
Pourquoi les cas se concentrent-ils en été ? Parce que le moustique du genre Culex est actif durant les mois d’été, c’est pourquoi les cas s’observent surtout pendant ces périodes de chaleur.
Symptômes du virus
La période d’incubation après la piqûre du moustique va de 3 à 15 jours. Un pourcentage élevé – jusqu’à 80% – des infections par le virus du Nil occidental après la piqûre est asymptomatique. Dans les cas où des symptômes apparaissent, ils sont généralement légers, ressemblant à ceux d’un grippal léger ou à ceux d’un autre virus :
- Fièvre.
- Affaiblissement général.
- Douleurs musculaires et articulaires.
- Vomissements.
- Nausées.
- Céphalée.
- Éruption cutanée.
Le souci de ce virus réside dans le fait que dans environ 1% des cas apparaissent des symptômes neurologiques, pouvant se manifester sous des formes plus graves comme l’encéphalite ou la méningite, une paralysie flasque ou le syndrome de Guillain‑Barré. Selon les données du Conseil de Santé de la Communauté de Madrid, dans ces cas-là, les symptômes débutent souvent par un mal de tête, une fièvre élevée, une raideur de la nuque, une désorientation, des tremblements, des convulsions ou une paralysie.
Actuellement, selon l’OMS, il n’existe pas de traitement curatif pour ce virus, seulement un soutien et une prise en charge hospitalière, et il n’existe pas non plus de vaccin.
Comment prévenir les piqûres de moustiques
La principale manière pour les personnes d’éviter l’infection dans les zones où circule le moustique passe par l’évitement des piqûres. Pour cela, voici les mesures à adopter :
- Utiliser des répulsifs environnementaux ou topiques.
- Couvrir le corps avec des vêtements clairs et des manches longues ainsi qu’un pantalon.
- Employer des moustiquaires.
- Éliminer les accumulations d’eau qui peuvent stagner dans les jardins et les zones proches des habitations.
- Éteindre les lumières lorsque les fenêtres sont ouvertes, car cela attire les moustiques.
Selon la Junta d’Andalousie, il convient de renforcer les trois filières de surveillance (entomologique, animale et humaine) dans la zone, de déclencher des actions de promotion communautaire et de renforcer les actions de communication auprès des citoyens par le biais des pharmacies communautaires et des services d’infirmerie afin que soient adoptées les mesures de protection nécessaires contre le virus du Nil occidental.
À propos de l'auteur
Dr Jean-Pascal Del Bano
Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.
