Incendies à Madrid, Tolède et Ávila : faut-il porter un masque et boire de l’eau en bouteille ? D’autres conseils pour se protéger

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Plus de 73 000 personnes ont été évacuées dans les incendies qui restent actifs à Madrid, Ávila, Tolède et Castellón. Quatre provinces touchées et de nombreuses questions sur la sécurité. La chaleur qui s’annonce fait peur parce qu’on ignore comment le feu réagira à la hausse des températures, à la faible humidité et au vent. 

Mais la population se pose également des questions sur la conduite à adopter. Puis-je boire l’eau du robinet si je vis à Madrid ? Dois-je porter un masque dans la rue ? Sentir une odeur de fumée signifie-t-il que le feu est proche ou qu’il y a danger ? 

Pour mettre les choses au clair et savoir ce qu’il convient de faire et ce qui ne sert à rien, Juan Saturno, responsable du Groupe de travail de Santé Publique de la Société Espagnole de Médecins Généraux et de Famille (SEMG).

Faut-il boire de l’eau embouteillée ?

Des foyers, face à cet avertissement national, ont choisi d’acheter de l’eau embouteillée et de se passer de l’eau du robinet. Est-ce nécessaire ? L’expert en santé publique l’affirme clairement : “Non, en général, il n’est pas nécessaire.” L’eau embouteillée ne serait nécessaire que s’il y avait une alerte spécifique sur l’approvisionnement local, comme cela s’est produit pendant quelques heures à Castellón.

L’essentiel pour le moment, selon les recommandations du Ministère de la Santé dans le guide Recommandations sanitaires en actuaciones de incendios forestales 2026, est de suivre les indications officielles :

  • Réduire ou éviter au maximum l’exposition à la fumée.
  • Rester bien hydraté.

Saturno rappelle que l’Organisation Mondiale de la Santé insiste sur la priorité à rester à l’intérieur et à limiter l’exposition à la fumée plutôt que de changer systématiquement l’eau de consommation.

Faut-il porter un masque dans la rue ?

Les autorités sanitaires recommandent le port du masque lorsque la qualité de l’air est mauvaise. De plus, Saturno précise qu’il est aussi conseillé dans les zones avec fumée ou cendre si l’on doit sortir à l’extérieur. « Tant le ministère de la Santé que l’OMS s’accordent sur le fait que l’option la plus utile est une FFP2 ou N95 ; un foulard ou une écharpe humide ou un masque chirurgical peut atténuer légèrement l’irritation, mais ce n’est pas une protection efficace contre la fumée des incendies ».

Si nous n’avons pas d’autre option, cela peut être une solution quelque peu meilleure mais elle ne filtre pas les particules fines PM 2,5, responsables des problèmes de santé causés par la fumée et les incendies. Cela dit, précise Saturno, « s’il n’y a pas de fumée dans votre zone, ce n’est pas nécessaire de le porter systématiquement, mais il faut rester attentif aux avis sur la qualité de l’air ».

Y a-t-il un risque si l’on sent le brûlé ?

La fumée et les particules fines PM 2,5 peuvent voyager sur plusieurs kilomètres. Donc, si l’on sent une odeur de brûlé, il peut y avoir un risque, affirme Saturno. « L’odeur indique généralement la présence de fumée dans l’air. Le niveau de risque dépend de la quantité de fumée et de la durée d’exposition ; c’est pourquoi, tant le Ministère de la Santé que l’OMS, recommandent ce qui suit » :

  • Fermer les fenêtres.
  • Éviter l’exercice à l’extérieur.
  • Rester à l’intérieur si l’air s’est dégradé (éviter l’exposition à la fumée).

Les cultures proches des incendies sont-elles sûres ? 

Des doutes surviennent également quant à savoir si les cultures situées près des incendies seront affectées par la fumée, la cendre, la terre… Face à cette question, Saturno plaide pour la prudence. « Si une culture a été directement exposée à la cendre ou à la fumée, elle ne doit pas être consommée sans évaluer le cas concret et sans suivre les indications des autorités compétentes », et il précise que, selon l’OMS, l’exposition à des particules et des contaminants peut aussi affecter les aliments et les surfaces avoisinantes. « La recommandation pratique pour la population est de ne pas consommer les produits manifestement contaminés et de les laver ou de les jeter selon ce que indiquent les autorités de Santé et d’Agriculture ».

Ojos: ¿se ven afectados? 

Les yeux : la fumée irrite souvent. Cela peut arriver, ajoute l’expert en Santé Publique, même si l’on n’est pas à proximité de l’incendie et, surtout, si le nuage de fumée se déplace vers votre zone.

Depuis le ministère et l’OMS, on renvoie à des symptômes oculaires fréquents :

  • Irritation.
  • Brûlure.
  • Larmoiement.
  • Rougeur.

« D’où la recommandation de minimiser l’exposition et de porter des lunettes lorsque vous devez sortir de chez vous ».

Comment agir en cas de brûlure

Saturno nous explique aussi comment procéder en cas de brûlure. La première chose à faire est de s’éloigner du feu et de se mettre en sécurité. Puis « refroidir la zone avec de l’eau courante pendant 20–30 minutes si la brûlure est légère. Il ne faut pas mettre de glace, de dentifrice, d’huiles ni de pommades maison. En cas de brûlure étendue, profonde, ou qui affecte le visage, les mains ou les organes génitaux, ou s’il y a une difficulté respiratoire, il faut demander une aide urgente ».

Autres conseils à prendre en compte

Le périmètre à considérer est de suivre scrupuleusement les recommandations des autorités et de ne pas s’approcher des zones des incendies. De plus, Saturno conseille ce qui suit :

  • En présence de fumée, éviter l’exposition.
  • S’il y a un ordre d’évacuation, sortez dès que possible.
  • En cas de symptômes, consultez des professionnels de santé.
  • Il est recommandé de fermer portes et fenêtres.
  • Éviter de balayer les cendres à sec.
  • Réduire l’activité physique et être particulièrement attentifs aux enfants, aux personnes âgées, aux femmes enceintes et aux personnes souffrant d’asthme, de BPCO, d’autres maladies respiratoires ou de maladies cardiovasculaires. « L’OMS et la Commission européenne soulignent que les incendies constituent un risque croissant qui exige prévention, préparation et réponse rapide, avec une protection particulière des groupes les plus vulnérables ».

À propos de l'auteur

Dr Jean-Pascal Del Bano

Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.

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