Henry Ford : Que vous pensiez pouvoir ou ne pas pouvoir, vous avez raison

Il existe des défis que nous écartons même avant d’essayer. Se présenter à une opportunité professionnelle, acquérir une compétence ou relancer un projet peut sembler impossible lorsque la première réponse qui apparaît est « je ne peux pas ». Et, même si cette pensée ne détermine pas forcément ce qui va arriver, elle peut néanmoins influencer ce que nous faisons par la suite.
La célèbre phrase attribuée à Henry Ford, « que tu crois pouvoir le faire ou que tu crois ne pas pouvoir le faire, tu as raison », est généralement comprise comme une invitation à avoir confiance en soi. Cependant, surmonter les croyances limitantes n consiste pas à penser que tout ira bien, mais à éviter qu’une conclusion prématurée ne nous empêche de découvrir de quoi nous sommes capables.
Croire que vous pouvez changer ce que vous faites ne garantit pas le résultat
Penser qu’une compétence peut s’apprendre ou qu’il existe une quelconque possibilité de s’améliorer tend à favoriser des actions concrètes : s’exercer, chercher des informations, demander de l’aide ou essayer une autre option lorsque quelque chose échoue. La perception que nous avons de nos capacités peut changer la façon d’aborder un défi.
Cela ne signifie pas que se répéter « je peux le faire » produira automatiquement le résultat escompté. La confiance doit être accompagnée de préparation, de pratique et d’apprentissage. De plus, il existe des circonstances extérieures, un manque de ressources et des opportunités qui ne dépendent pas uniquement de nous.
C’est pourquoi il est utile de différencier entre reconnaître une difficulté et en faire une conclusion permanente. « Je n’ai pas encore les connaissances nécessaires » décrit une situation sur laquelle nous pouvons agir ; « Je suis incapable de le faire » peut fermer des possibilités avant même de les avoir explorées.
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Quand le “je ne peux pas” t’empêche de mettre à l’épreuve tes capacités
Les croyances limitantes peuvent devenir une barrière lorsqu’elles conditionnent nos actions avant même d’essayer suffisamment. Imaginez quelqu’un convaincu de ne pas savoir parler en public : il peut éviter de s’exercer, refuser des opportunités d’acquérir de l’expérience et se retrouver moins préparé lorsque devra faire une présentation.
Si cela se bloque, il peut penser : « Je savais que je ne pouvais pas ». Cependant, le résultat pourrait aussi être lié au manque de pratique provoqué par cette croyance initiale.
Un phénomène similaire se produit lors de la candidature à un poste, l’apprentissage de quelque chose de nouveau ou la reprise après un échec.
Une façon de changer les pensées limitantes est de remplacer les affirmations absolues par des questions plus concrètes. Lorsque apparaît un « je ne peux pas », demande-toi : ne sais-je pas encore comment le faire ?, quelles preuves ai-je que je suis incapable ?, confonds-tu la peur avec un manque de compétence ?, quelle compétence ou quelle aide me manque ? Ou quelle petite étape pourrais-je tenter en premier ?
Ces questions n’obligent pas à conclure que tout est possible. Leur utilité est de transformer une énonciation sur nous-mêmes en un problème que nous pouvons analyser. « J’ai besoin de plus d’expérience » ou « cette méthode n’a pas fonctionné » laissent plus d’espace pour agir que d’admettre que nous ne serons jamais capables.
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Avoir confiance en soi signifie aussi savoir changer de stratégie
Croire en ses capacités ne signifie pas persévérer indéfiniment de la même manière. Parfois, avancer nécessite de demander de l’aide, d’apprendre une compétence avant de réessayer, de diviser un objectif en petites étapes ou de modifier complètement la méthode.
Il existe aussi des moments où reconnaître qu’un objectif n’est plus viable peut être une décision sage. La confiance en soi réaliste permet de penser « peut-être que je ne peux pas encore le faire de cette manière » sans transformer un obstacle ponctuel en une définition permanente de nos capacités.
Apprendre de ses erreurs implique précisément d’observer ce qui s’est passé et de décider quoi faire avec cette information. Parfois il convient d’insister ; d’autres fois, de mieux se préparer ou d’emprunter une autre voie.
L’ enseignement le plus utile de la phrase attribuée à Ford n’est pas que nos pensées décident du futur, mais qu’elles peuvent influencer les opportunités que nous acceptons, la manière dont nous nous préparons et ce que nous faisons après nous être trompés. Surmonter les croyances limitantes peut commencer par quelque chose de plus simple que de s’obliger à penser positivement : mettre nos conclusions à l’épreuve avant de les transformer en certitudes.
À propos de l'auteur
Dr Jean-Pascal Del Bano
Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.
