Bradycardie : causes, symptômes et traitements

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Qu’est-ce que c’est

La bradycardie est un type d’arythmie, c’est‑à‑dire une altération du rythme cardiaque, qui se caractérise par une fréquence cardiaque inférieure à la normale et, dans la plupart des cas, elle n’a pas un caractère pathologique. Il existe deux sortes d’arythmies : les rapides (tachycardies) et les lentes (bradycardies ou bradiarythmies). Comme l’indique la Fondación Española del Corazón, les bradycardies tendent à être asymptomatiques et ne nécessitent pas de traitement, mais lorsqu’elles se manifestent et provoquent des symptômes – dont certains sont très invalidants – elles peuvent être traitées avec succès par l’implantation d’un pacemaker.

« En général, on admet qu’une fréquence cardiaque inférieure à 60 battements par minute constitue une bradycardie », déclare Javier Jiménez Candil, chef de l’Unité d’arythmies de l’Hôpital de Salamanca et membre de la Sociedad Española de Cardiología (SEC), tout en précisant que, probablement, « si l’on utilise le seuil de 50, on trouverait un contexte où la bradycardie a une signification pathologique plus marquée ».

La bradycardie survient lorsqu’il y a une dysfonctionnement du système électrique du cœur, que ce soit au niveau où naissent les impulsions dans le cœur (dans le nœud sinusal, c’est‑à‑dire le nœud sinusal) ou lorsqu’elles se transmettent au reste du cœur (dans le nœud auriculo-ventriculaire et les rameaux). Lorsque l’« origine des impulsions » est altérée, on parle de maladie du nœud sinusal; lorsque ce sont les structures qui conduisent l’impulsion des oreillettes vers les ventricules qui sont touchées, on parle de blocage auriculo-ventriculaire. « Celui‑ci peut être partiel, intermittent ou complet, ce dernier étant le plus grave de tous », précise José Manuel Rubio Campal, directeur de l’Unité d’arythmies du Hospital Universitario Fundación Jiménez Díaz, de Madrid.

Prévalence

Il n’existe pas de données officielles sur la prévalence des bradycardies en Espagne mais, selon Rubio, « c’est un problème fréquent qui touche surtout les personnes âgées », bien que, dans des cas rares, il puisse aussi apparaître chez des jeunes ou des enfants.

Une étude américaine menée par les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) en 2011 a estimé la fréquence de cette condition à 15,2 % chez les hommes et 6,9 % chez les femmes. Il faut insister sur le fait qu’il s’agit du pourcentage de la population ayant une fréquence cardiaque inférieure à 60 battements par minute, ce qui dans une grande partie des cas n’a pas de pertinence médicale.

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Causes

Quand il s’agit de bradycardies pathologiques, « la cause la plus fréquente de loin est le vieillissement du cœur », indique Jiménez. En effet, ajoute-t‑il, « la plupart des bradycardies pathologiques qui mèneront à l’implantation d’un stimulateur‑cardiaque apparaissent chez des personnes âgées, chez qui le vieillissement du cœur rend les cellules spécialisées dans la génération ou la conduction des impulsions électriques plus fragiles et démobilisent leur fonction ». Par conséquent, le facteur de risque le plus important est l’âge avancé.

Généralement, la défaillance se produit dans le cœur lui‑même et peut avoir diverses causes :

  • La dégénérescence progressive du système électrique cardiaque (la cause la plus fréquente).

  • Après un infarctus ou une inflammation du cœur (myocardite).

  • Après une chirurgie cardiaque.

  • Défauts congénitaux du cœur (chez les enfants).

Mais cela peut aussi être dû à des causes externes au cœur, telles que :

  • La prise de certains médicaments qui ralentissent le rythme cardiaque.

  • Un mauvais fonctionnement de la glande thyroïde.

  • L’apnée du sommeil.

  • Des troubles du potassium ou du calcium

« Cela peut être normal chez les personnes âgées, tant que cela ne provoque pas de symptômes. Cela peut aussi apparaître chez des personnes qui pratiquent un exercice physique très intense et régulier », raconte Rubio.

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Symptômes

Beaucoup de bradycardies sont asymptomatiques. Lorsque des symptômes apparaissent, les plus fréquents sont :

Vertiges ou syncope (perte de connaissance)

Le cœur s’arrête, puis repart rapidement. Cela affecte la circulation sanguine vers le cerveau, provoquant des vertiges ou une perte de connaissance, c’est‑à‑dire des syncopes.

Intolérance à l’effort

Dans ce cas, le cœur ne cesse pas de battre, mais comme il ne bat pas à la fréquence normale, lorsque la personne concernée fournit un effort, le cœur n’est pas capable de répondre à l’augmentation de la demande sanguine des tissus. En conséquence, apparaissent la fatigue, une sensation d’essoufflement et, même, une sensation de pression dans la poitrine.

Jiménez précise qu’il existe un type de bradycardie pathologique, le blocage auriculo‑ventriculaire, « qui peut faire en sorte que le cœur s’arrête de battre, mais temporairement pendant quelques secondes, voire de façon permanente, et peut provoquer une mort subite ». Dans ces cas, il faut agir au plus vite, « en veillant à ce que l’activité électrique du cœur soit stable et maintenue dans le temps ».

Il peut aussi y avoir d’autres manifestations, comme la confusion ou la perte de mémoire, ou encore la difficulté à respirer.

Prévention

La meilleure façon d’éviter les bradycardies est de favoriser la santé du cœur par un mode de vie sain. Voici quelques aspects importants pour maintenir à distance les facteurs de risque cardiovasculaire :

  • Pratiquer une activité physique de façon régulière.

  • Adopter une nutrition saine et équilibrée, faible en sucre, sel et graisses et riche en légumes, légumineuses, fruits et céréales complètes.

  • Éviter le surpoids et l’obésité.

  • Surveiller les niveaux de cholestérol dans le sang.

  • Contrôler la tension artérielle pour éviter l’hypertension.

  • Ne pas fumer.

  • Limiter l’alcool.

  • Éviter les drogues.

Types

Voici les types de bradycardie les plus fréquents :

Bradycardie sinusal

L’impulsion cardiaque se génère et se transmet normalement, mais à une fréquence inférieure à 60 battements par minute. Elle est très courante chez les personnes en bonne santé, comme les sportifs qui s’entraînent régulièrement et, généralement, ne nécessite pas de traitement. Elle peut se manifester dans la maladie dite du nœud sinusal.

Maladie du nœud sinusal et blocages sino‑auriculaires

Elle est causée par des problèmes dans la genèse de l’impulsion électrique au niveau du nœud sinusal (qui agit comme le stimulateur naturel du cœur) ou dans sa transmission du nœud sinusal aux oreillettes. Généralement elle apparaît chez les personnes âgées. Si elle provoque des symptômes, elle peut nécessiter l’installation d’un stimulateur cardiaque.

Blocages auriculo‑ventriculaires

Ils se produisent lorsque le stimulus électrique n’est pas conduit correctement des oreillettes vers les ventricules. Ils sont classés en :

  • De premier degré : retard dans la conduction de l’impulsion, mais elle n’est pas bloquée.

  • De second degré : certaines impulsions se conduisent et d’autres se bloquent.

  • De troisième degré : toutes les impulsions se bloquent.

Les blocages de premier degré n’impliquent généralement pas l’implantation d’un stimulateur cardiaque, mais certains de second et tous ceux de troisième degré peuvent nécessiter son implantation.

Diagnostics

La prise du pouls peut révéler une fréquence cardiaque lente, mais il est nécessaire de réaliser une évaluation clinique pour déterminer son véritable retentissement.

Tout d’abord, on évaluera les symptômes (sophosphènes, vertiges, fatigue, insuffisance cardiaque…), l’antécédent du patient, les médicaments qu’il prend ou a pris et s’il présente une maladie structurelle du cœur.

Ensuite, il faut effectuer des examens complémentaires, tels qu’un électrocardiogramme, une radiographie thoracique et une analyse de sang avec fonction rénale et électrolytes.

Traitements

Il n’existe Aucun médicament spécifique pour la bradycardie. « L’élément le plus important est d’identifier les causes qui peuvent la produire, surtout si ce sont des causes externes au cœur pouvant être corrigées, comme la prise de certains médicaments ou des problèmes de la glande thyroïde », indique Rubio. Si la cause réside dans le cœur lui‑même, « il est le plus fréquent qu’il faille poser un stimulateur cardiaque. C’est le traitement le plus approprié pour cette pathologie, « qui fonctionne également très bien chez des patients sélectionnés », ajoute Jiménez.

Le stimulateur est un dispositif électronique qui stimule le cœur et le fait battre à la fréquence jugée adaptée. Il est implanté sous la clavicule par une petite incision. Généralement, il se compose d’un générateur d’impulsions électriques (le stimulateur proprement dit) et d’un câble, mais il y a environ une décennie, les premiers stimulateurs sans fils ont commencé à être implantés, et leur utilisation s’est progressivement étendue.

Autres données

Suivi des patients asymptomatiques

Les patients présentant une bradycardie considérée pathologique mais sans symptômes « doivent être suivis par un médecin de manière régulière afin d’éviter que, un jour, ils commencent à présenter des symptômes », souligne le cardiologue de la Fundación Jiménez Díaz. Parmi les mesures les plus utiles pour le suivi de ces patients figurent l’électrocardiogramme périodique ou la réalisation d’un Holter, qui est un enregistrement du rythme cardiaque sur généralement 24 heures.

Parfois, il peut être nécessaire de faire un test d’effort pour observer le comportement du système électrique cardiaque lors de l’effort. « En cas d’anomalies du nœud sinusal, du nœud auriculo‑ventriculaire ou des rameaux, le suivi doit être plus étroit pour éviter les complications », précise Rubio.

Signes d’alerte

Les signes les plus importants sont les vertiges ou les syncopes, qui peuvent apparaître avant d’autres problèmes graves. « Si un patient les présente, il doit consulter un médecin le plus tôt possible, surtout s’il est âgé ou s’il présente une anomalie du cœur. Une bradycardie extrême non corrigée peut être mortelle si elle n’est pas traitée à temps », avertit le cardiologue.

À propos de l'auteur

Dr Jean-Pascal Del Bano

Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.

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