Hantavirus : symptômes d’alerte à connaître

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Le paquebot touristique MV Hondius, qui a quitté Ushuaia (Tierra del Fuego, Argentine) le 1er avril 2026 en direction des Pays-Bas, se retrouve au cœur d’une urgence sanitaire internationale après trois décès et cinq cas confirmés d’infection par un virus nommé hantavirus à bord. Avec la récente pandémie de coronavirus, nombreuses sont les personnes qui s’interrogent sur la gravité de ce virus, ses symptômes, les modes de transmission et quand consulter un médecin en cas d’urgence. Depuis CuídatePlus, nous avons interrogé Fernando Prados, médecin directeur de l’Hôpital Universitaire Los Madroños, fort d’une vaste expérience dans la gestion de crises sanitaires et d’urgences. En effet, il fut directeur de l’Hôpital d’Urgences Enfermera Isabel Zendal pendant la pandémie de COVID-19 et coordonnateur de l’hôpital temporaire d’Ifema.

En premier lieu, souligne l’expert, il est important de savoir de quel type de virus il s’agit. « Le hantavirus est un virus qui se transmet habituellement des rongeurs à l’homme », précise-t-il. Le cas que nous observons « correspond à une variante pouvant provoquer des atteintes respiratoires importantes, mais dont la capacité de transmission entre personnes est très limitée si on la compare à la Covid ». Par conséquent, précise-t-il, « nous ne sommes pas face à un virus au comportement épidémiologique similaire ».

Comment se transmet-il ?

En ce qui concerne la façon dont ce virus se transmet, tel que l’explique Prados, l’infection par hantavirus « a tendance à se produire lors de l’inhalation de particules contaminées provenant des excréments et sécrétions des rongeurs infectés mais peut aussi se produire par contact avec des surfaces contaminées ». Il est important de savoir que « la transmission entre personnes est beaucoup moins fréquente » que pour d’autres virus respiratoires, même si, dans ce cas, nous savons qu’elle s’est produite.

Avec ce qui s’est passé durant la pandémie de coronavirus, nombreuses sont les personnes qui ressentent de l’anxiété et se demandent quel est le niveau de dangerosité du hantavirus. En réponse à cette question, l’expert indique que « dans le cas concret que nous observons, nous savons qu’il peut provoquer des tableaux très graves chez certains patients, notamment en raison d’une atteinte respiratoire, et c’est pourquoi il est important de maintenir une surveillance clinique et épidémiologique ».

Malgré cela, il insiste sur le fait que « la capacité de transmission est très inférieure à celle que nous avons vue avec la Covid-19 ». Alors que le coronavirus « avait une transmission entre personnes très élevée et soutenue, le hantavirus ne présente pas ce même comportement épidémiologique et la contagion entre personnes est bien plus limitée et peu fréquente », réitère-t-il. Par conséquent, « il s’agit de virus très différents et il n’est pas utile d’établir des comparaisons directes qui pourraient générer une alarme inutile dans la population ». Il faut toutefois préciser, en tout état de cause, que « nous ne sommes pas face à une pandémie et que notre population n’est pas exposée au virus ».

Par ailleurs, il est également important d’être prudent et de ne pas lancer des messages absolus, car, comme il l’indique, « la réponse du virus peut varier selon chaque personne et selon les circonstances d’exposition ». C’est précisément pour cela que « le suivi des contacts, la détection précoce et l’intervention rapide des équipes sanitaires » revêtent une importance particulière.

Symptômes du hantavirus

En ce qui concerne les symptômes du hantavirus, comme l’explique Prados, les signes les plus précoces sont :

  • Fièvre

  • Douleurs musculaires

  • Fatigue intense

  • Maux de tête

  • Malaise général

Chez certains patients « cela peut évoluer ultérieurement vers une atteinte respiratoire avec toux ou difficulté à respirer, c’est pourquoi, en cas de suspicion d’exposition ou de contact, il est important d’effectuer une évaluation et un suivi médical dès le premier moment », explique-t-il.

Il s’agit donc de symptômes très similaires à ceux d’autres virus et, en fait, comme l’indique l’expert, « au début, cela peut être confondu avec une grippe ou d’autres infections respiratoires ». Alors comment le différencier ? Selon l’expert, « la différence est marquée surtout par l’antécédent épidémiologique, c’est-à-dire avoir été en contact avec des personnes affectées ou dans des lieux présentant un risque d’exposition ». L’important est d’« aller dans un centre sanitaire où il existe des moyens pour procéder à une approche diagnostique ».

Sur cette base, l’expert recommande « de consulter le professionnel de santé lorsque la fièvre persiste, une difficulté respiratoire, une aggravation progressive ou des antécédents de contact avec des cas possibles ». L’important dans ce cas est « d’y aller rapidement pour évaluer la situation et éviter les complications », conclut-il.

À propos de l'auteur

Dr Jean-Pascal Del Bano

Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.

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