Calvitie : ce qui peut réellement accélérer la chute de cheveux et comment l’éviter

La calvitie masculine ne dépend pas uniquement de la génétique. « Le stress, le manque de sommeil, l’alimentation… peuvent accélérer un problème de calvitie », affirme à CuídatePlus David Saceda, dermatologue et expert en trichologie. Cela dit, le spécialiste précise que ces facteurs « ne seront pas la cause de la calvitie par eux-mêmes ». Par conséquent, une personne ne développe pas la calvitie uniquement en raison du stress, mais peut aggraver et accélérer le processus si une prédisposition génétique existe déjà.
Selon Saceda, les habitudes qui affectent le plus les cheveux sont celles qui agissent « de l’intérieur », c’est‑à‑dire directement sur la racine capillaire. À cet égard, le stress joue un rôle important car il provoque une hyperstimulation des terminaisons nerveuses associées au follicule. « Cela fait que les cheveux se détériorent », résume-t-il. Par ailleurs, le manque de sommeil n’aide pas non plus. Le manque de sommeil active ces mêmes voies nerveuses et, de surcroît, augmente le stress oxydatif, un processus lié au vieillissement cellulaire : « Le stress oxydatif est clé car il accroît les paramètres du vieillissement et fait vieillir les cellules de notre organisme plus vite ».
De plus, l’alimentation influence aussi la santé capillaire. À cet égard, le spécialiste évoque des régimes « riches en graisses saturées, pauvres en antioxydants et peu équilibrés », qui favorisent précisément cette augmentation du stress oxydatif. Face à cela, il souligne le rôle protecteur de l’exercice physique : « Il corrige tout cela, diminue le stress oxydatif et nous fait être en meilleure santé ».
Le port d’une casquette ou l’utilisation de gel coiffant influent-ils sur la chute des cheveux ?
(Foto: Freepik)
Au‑delà des habitudes réellement impliquées dans l’alopécie, il existe des croyances très répandues qui continuent de susciter des doutes. L’une des plus fréquentes est de savoir si porter une casquette ou utiliser des produits capillaires favorisent la perte de cheveux. Saceda le déclare clairement : « L’utilisation de casquettes, de sèche-cheveux, de gel coiffant ou de teintures n’accélère en rien l’alopécie ».
Le dermatologue explique que ces habitudes peuvent altérer la fibre capillaire ou dégrader l’aspect des cheveux si elles ne sont pas utilisées correctement, mais elles n’affectent pas la racine ni n’augmentent la calvitie. Dans le cas des casquettes ou casques portés de nombreuses heures pour le travail, il reconnaît toutefois qu’ils peuvent favoriser l’apparition d’une dermatite séborrhéique due à l’humidité et à l’accumulation de sébum sur le cuir chevelu. « Cela dit, si la personne maintient une habitude saine de se laver les cheveux tous les jours avec un shampoing adapté, cela n’a aucune implication sur l’alopécie », insiste-t-il.
Et la créatine ?
Un autre des sujets les plus débattus actuellement est la créatine, l’un des compléments sportifs les plus populaires. À ce propos, Saceda reconnaît qu’il existe une controverse. « Sur le papier, la créatine pourrait accélérer l’alopécie androgénétique chez les patients prédisposés. Cependant, cela n’a jamais été démontré de manière concluante et, d’ailleurs, il existe des études qui suggèrent qu’elle n’aurait aucun effet », indique-t-il.
Quoi qu’il en soit, le spécialiste précise que les personnes prédisposées génétiquement et préoccupées par leurs cheveux devraient consulter un dermatologue afin d’évaluer un traitement médical précoce. « Si l’on initie un traitement adapté contre l’alopécie, la créatine n’altérerait pas non plus les cheveux », assure-t-il.
Quand consulter pour une éventuelle alopécie
Au‑delà de la chute ponctuelle des cheveux, il existe un signal qui doit particulièrement alerter : la perte de densité capillaire. « La personne commence à remarquer que le cuir chevelu s’éclaircit, que la couronne ou les entrées s’éclaircissent », décrit Saceda.
Parfois, ajoute-t-il, cette perte de densité n’apparaît pas clairement au niveau des entrées ou de la couronne, mais comme un éclaircissement diffus dans la zone centrale du cuir chevelu. Lorsque cela se produit et que cela n’était pas le cas auparavant, il recommande de consulter dès que possible.
« Le traitement médical, plus il est précoce, mieux c’est », souligne le dermatologue. De fait, il explique que les hommes plus jeunes perdent leurs cheveux plus rapidement que dans les âges ultérieurs, ce qui fait qu’agir tôt permet de conserver une plus grande quantité de cheveux. « À 20 ans, ils auront bien plus à gagner et bien plus à conserver que lorsqu’ils auront 30 ans », conclut‑il.
À propos de l'auteur
Dr Jean-Pascal Del Bano
Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.
