Fièvre hémorragique de Crimée-Congo : qu’est-ce que c’est et pourquoi sa surveillance est de plus en plus importante

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La fièvre hémorragique de Crimée-Congo est une maladie contractée par la piqûre d’une tique préalablement infectée par un virus (genre Nairovirus, famille Bunyaviridae). Ce n’est pas la seule pathogenie transmise par ces ectoparasites hématophages, car ils peuvent aussi provoquer la maladie de Lyme et la fièvre boutonneuse méditerranéenne. 

Cette année, on a déjà enregistré le premier cas de fièvre de Crimée-Congo dans la province de Salamanque. Cette maladie est endémique en Afrique, en Asie, et dans d’autres pays situés sous le 50e parallèle nord. Cependant, elle commence à émerger comme maladie émergente dans certains pays européens. 

En Espagne, ces dernières années, plusieurs cas ont été signalés. Julio Maset, médecin chez Cinfa, a déclaré à CuídatePlus que l’apparition de contagions par Crimea Congo est pour le moment anecdotiques et il l’attribue au changement de températures qui fait que de nombreuses aves migratrices -qui agissent comme réservoirs en étant infectées par le virus- restent sur la péninsule. De plus, en été, le virus circule dans le cheptel de cerfs et chez les tiques et c’est pourquoi apparaissent les cas confirmés ou suspects.

Comment se transmet-elle ? 

La transmission de la fièvre de Crimée-Congo se produit par la piqûre d’une tique du genre Hyalomma. Selon le Ministère de la Santé, elle peut aussi se transmettre “entre êtres humains en cas de contact étroit avec le sang, les sécrétions, les organes ou d’autres fluides corporels de personnes infectées”, d’où le fait que le patient salmantin ait été transféré au Hôpital Gómez Ulla de Madrid où seront mises en place les mesures d’isolement et de protection du personnel soignant nécessaires. 

Par ailleurs, “il existe également une transmission dans le secteur agroalimentaire lors de l’abattage et de la manipulation d’animaux infectés qui, à ce moment-là, portent le virus dans le sang.”

Symptômes de la fièvre de Crimée-Congo

Une fois qu’une personne est infectée par le virus, la période d’incubation est variable. Dans le cas de la fièvre de Crimée-Congo, selon l’ Organisation mondiale de la Santé, cette fenêtre dépend du mode de transmission du virus.

Dans le cas d’une piqûre par la tique, la phase d’incubation est généralement d’un à trois jours, avec un maximum de neuf jours. En revanche, si elle survient par contact avec le sang ou des tissus, elle s’étend à cinq ou six jours, “avec un maximum documenté de 13 jours”. Selon le Ministère de la Santéd’Espagne, il ne s’agit pas en général d’une maladie grave, bien que “dans certains cas, l’évolution de l’infection puisse évoluer vers des formes graves avec un décès dans un intervalle de 2 à 30 % des cas.

(Photo: Unsplash/Erik Karits) 
Les symptômes d’une piqûre de tique peuvent apparaître comme un tableau grippal et passer inaperçus. Cependant, dans le cas de Crimée-Congo, ces symptômes peuvent apparaître de manière soudaine :

  • Fièvre
  • Douleurs musculaires
  • Vertiges
  • Vomissements
  • Rougeur du visage, du cou ou du torse
  • Congestion oculaire
  • Douleur abdominale
  • Mal de gorge
  • Changements brusques d’humeur et confusion

Après les premiers symptômes peut se produire une période hémorragique. Étant donné qu’il n’existe ni vaccin ni médicament pour guérir la fièvre de Crimée-Congo, le seul traitement est le soutien.

L’essentiel : éviter la piqûre

Selon les explications de Maset, l’idéal est d’éviter que la tique ne nous pique. Est-il possible de prévenir ? Oui, en mettant en œuvre une série de mesures lorsque nous sortons dans les campagnes ou dans des zones boisées, et même dans les parcs. Voici ce que nous devons faire :

  • Se promener sur les sentiers.
  • Éviter de traverser les zones d’herbe haute ou d’arbustes.
  • Éviter de s’allonger dans des zones d’herbe où se trouvent des animaux sauvages – les cerfs et les chevaux constituent souvent des réservoirs de ces insects.
  • Porter des vêtements clairs afin de les repérer rapidement.
  • Porter un pantalon long et frais.
  • Glisser la jambe du pantalon dans la chaussette.
  • Porter des manches longues.
  • Appliquer des répulsifs autorisés (DEET pour les personnes et perméthrine pour les vêtements).
  • Se doucher en rentrant chez soi et inspecter les aisselles, le cou, la tête, l’aine… les zones les plus fréquentes où elles s’attachent pour se nourrir de sang.

À propos de l'auteur

Dr Jean-Pascal Del Bano

Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.

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