Le débat sur les réseaux est lancé : est-ce bien ou mal que votre partenaire fasse like à une autre personne ? Pour certains, cela n’a pas la moindre importance ; pour d’autres, en revanche, cela représente une véritable faute de respect. Ce qui semble être un geste innocent peut devenir l’origine de disputes et de méfiance. « Les réseaux sociaux ont changé notre manière de vivre la confiance et la sécurité au sein du couple », affirme à CuídatePlus Raúl Padilla, sexologue et thérapeute de couple, qui explique que le problème réside rarement dans le simple « like », mais dans la signification que chaque membre de la relation lui attribue.
Bien que les jalousies ne soient pas un phénomène nouveau, l’environnement numérique a changé la manière dont elles se manifestent. Selon Padilla, les réseaux sociaux fonctionnent comme une vitrine où, en plus de consommer du contenu, nous sommes constamment exposés au regard des autres : « Dans les jalousies digitales, il ne s’agit pas seulement que votre partenaire fasse quelque chose qui ne vous plaît pas, mais que cette conduite soit publique et que d’autres personnes la voient ». Dans ce sens, ajoute l’expert, le malaise ne naît pas nécessairement du like lui-même, mais de la sensation que le partenaire affiche de manière visible son intérêt ou son admiration pour une autre personne.
À la différence des jalousies traditionnelles, où prédominent les soupçons ou la peur qu’il puisse se passer quelque chose, dans le domaine digital il existe un comportement observable. « Il n’y a pas de doute que le « like » est là. C’est un fait », souligne-t-il.
Pourquoi un simple ‘like’ peut-il faire aussi mal ?
Selon le thérapeute, la réponse dépend largement de l’insécurité et de l’exposition publique qui caractérisent les réseaux sociaux. « Certaines personnes interprètent ce ‘like’ comme un signe que leur partenaire les aime moins ou ressentent de la gêne parce que cet intérêt est affiché devant d’autres personnes », insiste-t-il.
Pourtant, tout le monde ne réagit pas de la même manière. Padilla souligne que ce type de conflits affecte souvent particulièrement les personnes ayant une faible estime d’elles-mêmes, celles qui ont une tendance au contrôle ou qui portent les séquelles d’infidélité vécues dans des relations antérieures et qui n’ont pas encore été résolues : « Elles traînent des situations de relations passées qui les amènent à interpréter certains comportements comme une menace ».
Les réseaux obligent à parler de limites
Pour l’expert, l’un des grands changements apportés par les réseaux sociaux est d’avoir rendu visibles des comportements sur lesquels il n’était autrefois presque jamais nécessaire de parler. « Autrefois, il existait une sorte de manuel implicite sur ce qui était acceptable dans une relation. Désormais, apparaissent des situations nouvelles qui nécessitent d’être consensuées », déclare-t-il.
Partager certaines photographies, commenter des publications, suivre certaines personnes ou donner « like » sont des actes que certaines paires considèrent sans importance et que d’autres perçoivent
À propos de l'auteur
Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.