Chirurgie de Rodri Hernández : symptômes, risques et récupération

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Rodri Hernández, joueur de l’équipe nationale espagnole de football, a été opéré d’une hernie discale, un problème de santé très répandu chez les jeunes et les sportifs, comme le racontent à Cuídateplus Juan Arnal, traumatologue et expert en lésions sportives, et Cristina Igualada, chirurgienne de la colonne de l’Hôpital Gregorio Marañón de Madrid. 

Mais qu’est-ce qu’une hernie discale et pourquoi se produit-elle ? Comme l’explique Arnal, “les vertèbres sont reliées entre elles par des ligaments et à leur partie antérieure par le disque intervertébral”. Ces liaisons “permettent à la colonne lombaire d’effectuer des mouvements de flexion-extension, de rotations et d’inclinaisons latérales”.

Le disque intervertébral présente “une partie centrale, de consistance gelatiniforme composée principalement d’eau”, et “une partie périphérique constituée de couches concentriques de collagène”. La hernie discale, indique-t-il, “est la sortie du gel du noyau pulpeux à travers l’anneau fibreux rompu soumis aux forces des mouvements du cou”. Cela est dû au fait que la fonction principale du disque intervertébral est “l’amortissement des forces auxquelles la colonne est soumise dans la vie quotidienne, comme être debout, marcher, s’asseoir ou pratiquer un sport”.

Les symptômes d’une hernie discale

Selon Arnal, le patient type d’une hernie discale est “un homme âgé de 30 à 50 ans qui commence par des douleurs lombaires et qui, après quelques jours ou semaines, voit la douleur irradier vers la région fessière, la face postérieure de la jambe et parfois les orteils”.

Dans certains cas, on peut aussi ressentir des signes de compression nerveuse comme “une sensation de crampe, d’engourdissement ou de paresthésie dans la jambe”.

En quoi consiste l’intervention

Dans de nombreux cas, la douleur et les gênes empêchent les patients de mener une vie normale et ils se font opérer rapidement, mais ailleurs la douleur peut disparaître. Comme l’explique Arnal, il existe des cas où le patient retarde l’intervention et “la hernie se réabsorbe”, mais dans le cas de Rodri Hernández, présentant des douleurs depuis de nombreux mois, cela ne s’est pas produit et l’opération a été nécessaire après la Coupe du Monde de football.

Les indications chirurgicales sont :

  • -Douleur qui ne s’améliore pas malgré les traitements conservateurs décrits précédemment

  • -Épisodes de douleur sciatique récurrents

  • -Apparition de signes de compression sévère (incontinence, perte importante de force ou de sensibilité) : dans ces cas, une chirurgie d’urgence serait indiquée

En ce qui concerne l’opération, comme l’explique Igualada, il existe plusieurs options possibles, bien que chez les jeunes, comme Rodri Hernández, l’option habituelle soit d’opter pour « une microdiscectomie », c’est‑à‑dire retirer le petit fragment du disque qui irrite la racine et provoque la douleur dans la région”.

L’intervention est ambulatoire, le patient rentre chez lui le jour même. Elle consiste en “l’ouverture des ligaments postérieurs de la colonne pour accéder au disque intervertébral et extraire le matériel discal extrudé qui comprïme la racine nerveuse”. L’amélioration de la douleur, expliquent les deux experts, est généralement “immédiate” et visible “dans les premiers jours post‑chirurgicaux” bien qu’il soit possible que “la sensation de faiblesse et d’engourdissement de la jambe puisse prendre des semaines ou des mois à se rétablir”.

Que faire après l’opération

Comme cela a été mentionné, le soulagement de la douleur est immédiat après l’opération, ce qui fait que le patient “peut et doit marcher sans problème le jour même”, souligne Igualada. La récupération est “basée sur le patient”, c’est‑à‑dire que “tout dépendra du patient”. Dans ce cas, Igualada précise qu’“il n’existe pas de protocole établi à suivre pour une récupération plus rapide ou plus lente, tout dépendra de l’évolution du patient et de ses douleurs”.

Ce qui est toutefois recommandé, informe l’experte, c’est “de ne pas pratiquer de sport à impact pendant les premières semaines afin de ne pas endommager la zone lombaire”. Il est en revanche conseillé de “faire des étirements, des exercices de renforcement, des exercices en eau et du vélo”. Comme le souligne Arnal, “les exercices de renforcement du tronc” sont essentiels, tant pour les patients souffrant d’une hernie que pour toute personne ou sportif d’élite. Avoir cette zone renforcée “nous protège contre d’éventuelles hernies”. Car, “plus vous avez de muscles dans la région abdominale, moins votre dos sera sollicité et moins de lésions apparaîtront dans cette zone”.

En ce qui concerne l’impact (sauts ou course), selon Igualada, “le joueur pourra reprendre dès le premier mois après l’opération”.

La récupération, dans la grande majorité des cas, “est rapide”, bien que, pour les sportifs d’élite, le retour à l’entraînement ait généralement une durée plus longue afin d’éviter des complications et pour éviter qu’une autre hernie ne se manifeste.

La recommandation des deux experts est d’“attendre, au moins, un mois et demi, voire deux mois, avant de reprendre l’entraînement à un niveau élevé”.

Ainsi, précise Igualada, “dans le meilleur des cas, si tout se passe bien, le joueur pourrait retourner en compétition et revenir vers la fin du mois de septembre”. Cela, ajoutent-ils, “serait la solution la plus logique pour éviter de futures lésions dans la zone”.

À propos de l'auteur

Dr Jean-Pascal Del Bano

Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.

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