Cervicite: causes, symptômes et traitements

Qu’est-ce que c’est
La cervicite est une affection qui se manifeste par une inflammation du col de l’utérus. Ce col se situe à la base de l’utérus, et par conséquent, juste au-dessus du vagin. Il est traversé par le canal cervical, qui permet au sang des règles ou à un bébé de passer de l’utérus vers le vagin.
Outre la cervicite, d’autres pathologies peuvent toucher le col de l’utérus :
- Cancer du col de l’utérus : il débute au niveau du col et représente le troisième cancer le plus fréquent chez les femmes.
- Néoplasie intraépithéliale cervicale ou dysplasie : il s’agit de modifications anormales des cellules de la surface du col, qui ne constituent pas un cancer à ce stade mais qui peuvent être considérées comme précancéreuses.
- Polypes du col de l’utérus : ce sont des masses qui se forment dans la partie inférieure de l’utérus qui se raccorde au vagin et dont l’origine est inconnue.
- Grossesse extra-utérine : grossesse qui se développe en dehors de l’utérus et qui constitue une pathologie potentiellement mortelle pour la mère.
Causes
La cervicite, de manière générale, résulte d’une infection contractée lors de l’activité sexuelle. Les infections sexuellement transmissibles (IST) pouvant provoquer cette affection sont :
- Chlamydia : touche aussi bien les hommes que les femmes et peut entraîner des dommages graves et permanents à l’appareil reproducteur féminin, ainsi que des grossesses ectopiques.
- Gonorrhée : cette infection peut aussi toucher les deux sexes et peut se propager aux organes génitaux, au rectum ou à la gorge.
- Herpès génital : dû au virus de l’herpès simple de type 2.
- Verrues génitales : ce sont des masses sur la peau des muqueuses des organes génitaux qui peuvent se trouver sur le pénis, le vulve, l’urètre, le vagin, le col de l’utérus et autour de l’anus ou en son sein.
- Trichomonose : causée par un protozoaire appelé Trichomonas vaginalis et qui est presque asymptomatique.
En plus des IST, d’autres facteurs peuvent provoquer la cervicite, tels que allergies aux spermicides ou au latex des préservatifs, exposition à un produit chimique ou implantation de certains dispositifs dans la région pelvienne.
Symptômes
Parmi les manifestations de cette affection, on retrouve les éléments suivants :
- Saignement vaginal anormal après des rapports sexuels, après la ménopause ou entre les règles.
- Rapports sexuels qui sont dououreux pour la femme et douleur vaginale persistante.
- Pression dans le pelvis.
- Écoulement vaginal persistant pouvant présenter différentes teintes : gris, blanc ou jaune.
Si une inflammation des ligaments soutenant les organes pelviens s’accompagne, il peut apparaître une douleur au dos, une dysménorrhée ou une ménométrie (règles abondantes).
Prévention
En matière de prévention de cette pathologie, les mesures recommandées par les spécialistes sont variées et leur mise en œuvre correcte peut réduire presque entièrement le risque de cervicite.
Tout d’abord, il est important d’éviter les irritants chimiques, tels que les tampons avec désodorisants ou les lavages intimes.
Il est crucial de s’assurer que tout objet inséré dans le vagin – par exemple un tampon – est parfaitement positionné, ce qui nécessite de suivre les recommandations du fabricant quant à la manière de l’insérer et au temps qu’il doit rester en place.
Il est conseillé d’entretenir des rapports monogames où l’on peut être certain que son partenaire n’est pas porteur d’une IST. Évidemment, la méthode la plus sûre pour ne pas souffrir d’aucune pathologie de ce type est l’abstinence sexuelle.
D’autre part, l’utilisation de méthodes contraceptives (la plus sûre étant le préservatif) lors des relations sexuelles est recommandée, car cela réduit considérablement le risque de contracter ce type d’infections tant chez les hommes que chez les femmes.
Types
Actuellement, il n’existe pas de classification par types pour cette affection.
Diagnostics
Pour déterminer si la patiente présente une cervicite, le spécialiste effectuera les examens diagnostiques suivants :
- Examen clinique : comprend un examen du vagin afin de repérer des modifications pathologiques et de déceler la présence de sécrétions cervicales.
- Test bactériologique des sécrétions cervicales : éventuellement une culture et un examen de sensibilité à certains antibiotiques pour déterminer l’étiologie de l’infection.
- Colposcopie : consiste à examiner le col de l’utérus à l’aide d’un instrument optique qui améliore l’image.
Cette pathologie est généralement détectée après l’examen clinique, qui rend visibles les signes inflammatoires, les lésions ulcéreuses, les déformations ou les sécrétions du col de l’utérus.
Le diagnostic de cervicite est établi par la colposcopie et un test de Pap (ou cytologie vaginale).
De plus, le spécialiste réalisera des tests pour dépister une éventuelle IST telle que la gonorrhée ou la chlamydia.
Traitements
Le traitement dépendra des causes ayant provoqué cette affection. Si elle est due à une IST bactérienne, celle-ci sera traitée par des antibiotiques et, dans le cas des infections liées à l’herpès, causées par le virus de l’herpès simplex, par des antiviraux.
Si ces traitements ne fonctionnent pas ou si l’affection persiste sur une période plus longue, le traitement pourra inclure les procédés suivants :
- Criochirurgie : congéler et détruire le tissu anormal du col de l’utérus.
- Électrocoagulation : coagulation/ablation des tissus lésés par énergie électrique.
- Thérapie au laser : utilisation d’un faisceau lumineux intense pour effectuer des coupes, cautériser et détruire le tissu.
Données supplémentaires
La cervicite peut provoquer des douleurs lors des rapports sexuels.
Il existe de nombreux facteurs de risque qui augmentent les chances de développer une cervicite, notamment un comportement sexuel à haut risque, comme avoir plusieurs partenaires ou entretenir des rapports avec des personnes ayant eu des comportements à risque.
De plus, avoir des antécédents d’infections sexuellement transmissibles ou avoir des rapports sexuels à un jeune âge augmentent également le risque d’en développer une.
Dans la majorité des cas, elle peut être guérie avec le traitement approprié si la cause est identifiée et qu’il existe un moyen de l’éradiquer. Cependant, cette pathologie peut persister dans l’organisme de mois à des années et peut être la cause d’un inconfort lors des rapports sexuels, ce que l’on appelle la dysparanie.
En ce qui concerne les complications, une inflammation chronique du col de l’utérus peut entraîner une sténose cervicale, qui peut à son tour conduire à l’infertilité. Par ailleurs, l’irritation chronique peut favoriser l’apparition d’un cancer du col de l’utérus.
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À propos de l'auteur
Dr Jean-Pascal Del Bano
Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.
