
Qu’est-ce que c’est
Le cancer de l’intestin grêle est une maladie au cours de laquelle se forment des cellules malignes dans les diverses portions de l’intestin grêle : duodénum, jéjunum etiléon. Ces tumeurs sont très peu fréquentes et présentent généralement des symptômes peu spécifiques ; c’est pourquoi le diagnostic est souvent posé à un stade avancé.
Prévalence et incidence
Ces tumeurs représentent environ 3 % de tous les cancers du tube digestif (qui inclut aussi les cancers du côlon, de l’estomac, de l’œsophage…) et n’occupent qu’environ 0,6 % de l’ensemble des cancers. On estime leur incidence à environ 14,9 cas pour 100 000 habitants par an.
Causes
La cause du cancer de l’intestin grêle reste inconnue. Toutefois, certains facteurs de risque peuvent influencer la probabilité de développement, parmi lesquels figurent certains syndromes héréditaires. Les personnes atteintes des maladies suivantes présentent une prédisposition accrue :
- CCHNP (cancer colorectal non polyposique héréditaire).
- Syndrome de Peutz-Jeghers.
- Polypose adénomateuse familiale (PAF).
- Syndrome de Lynch.
Il existe d’autres maladies qui augmentent le risque de cancer du côlon et de l’intestin grêle, par exemple :
- Maladie de Crohn.
- Maladie cœliaque (quand elle n’est pas maîtrisée et a une évolution prolongée).
- Fibrose cystique.
Par ailleurs, certains facteurs liés au mode de vie peuvent aussi contribuer à accroître le risque, bien que leur influence soit moindre que dans le cancer du côlon : une mauvaise alimentation ( excès de sucres raffinés, viandes rouges, etc.), une consommation d’alcool, le fait d’être fumeur… De même, comme dans d’autres tumeurs, un mode de vie sain (activité physique régulière, consommation élevée de fruits et légumes…) joue un rôle protecteur.
Symptômes
Les signes révélant la présence de cette tumeur ne sont ni clairs ni précis et, de plus, apparaissent souvent à un stade où la maladie est déjà avancée.
Les symptômes les plus fréquents sont :
- Douleur abdominale. C’est le symptôme le plus courant. Il s’agit d’une douleur de type crampiforme ou d’une douleur intense qui va et vient.
- Perte de poids.
- Fatigue.
- Sang dans les selles.
- Anémie.
- Lorsque la tumeur a beaucoup grandi, elle peut provoquer une occlusion intestinale, entraînant des vomissements et, à un degré beaucoup moins élevé, des diarrhées.
Prévention
La prévention repose essentiellement sur un mode de vie sain : alimentation équilibrée, non-fumeur, abstinence d’alcool, activité physique régulière…
De plus, en présence d’une des affections héréditaires citées plus haut, même s’il n’existe pas de protocole officiel établi, il est conseillé d’effectuer des contrôles réguliers avec des spécialistes.
Types
On peut rencontrer plusieurs types de tumeurs dans l’intestin grêle :
- Adénocarcinome de l’intestin grêle: il prend naissance dans la couche muqueuse (la plus superficielle) de l’intestin; son emplacement le plus fréquent est le duodénum et, dans plus de la moitié des cas, on observe une prédisposition héréditaire. Ce type de tumeurs représente moins de la moitié des cancers de l’intestin grêle, tandis que près de 98 % des cancers du côlon sont des adénocarcinomes.
- Carcinoïdes : ce sont des tumeurs malignes issues d’un type de cellule isolée d’origine neuroendocrine. On les retrouve le plus souvent localisées dans l’iléon.
- Sarcomes : ce sont des tumeurs qui touchent la couche sous-muqueuse ou la couche musculaire. Parmi eux figurent les léïomyosarcomes.
- Lymphomes: ce sont des tumeurs malignes qui affectent les lymphocytes (cellules constituant le système immunitaire) de l’intestin grêle. L’intestin grêle est la zone du corps possédant le plus grand tissu lymphoïde.
Diagnostics
La maladie est généralement détectée lorsqu’elle est déjà assez avancée. En cas de suspicion, le médecin réalisera une anamnèse complète et un examen physique, ainsi qu’un test sanguin occlusif dans les selles. Les examens de laboratoire doivent comprendre une hémogramme, une biochimie basique et un profil hépatique.
Il n’existe pas de méthode diagnostique idéale pour l’intestin grêle, mais certaines des explorations d’imagerie les plus efficaces sont :
- Endoscopie digestive haute : permet de visualiser le duodénum.
- Transit digestif : procédure radiologique qui permet de repérer des anomalies de la paroi intestinale en ingérant un contraste de baryum par la bouche, qui circule à travers tout l’intestin.
- Tomodensitométrie (TDM) abdominale : en permettant d’observer tout l’abdomen, on peut repérer des lésions de 0,5 à 1 cm dans n’importe quel organe.
- TDM thoracique : utilisée pour vérifier la présence de métastases dans les poumons.
- Imagerie par résonance magnétique abdominale.
- PET-TDM : on injecte du glucose marqué dans le sang; les cellules qui se divisent activement captent plus de glucose et apparaissent donc plus clairement à l’imagerie. Cette activité cellulaire accrue peut indiquer la présence de cellules tumorales.
Traitements
Le traitement à suivre dépend du type de tumeur et du stade de la maladie :
- Pour les adénocarcinomes au stade I, II et III : l’intervention chirurgicale (ablation ou résection de la tumeur) est l’option la plus fréquemment employée.
- Pour les tumeurs au stade III (ganglions positifs) : les spécialistes recommandent de compléter le traitement chirurgical par une chimiothérapie.
- Pour les tumeurs au stade IV (avancées) : la chimiothérapie est l’option thérapeutique habituelle.
- Les lymphomes de l’intestin grêle se traitent toujours par chimiothérapie, tout comme les lymphomes du sang.
- Le traitement de choix des tumeurs neuroendocrines et des sarcomes est le plus souvent chirurgical.
Autres données
Suivi et contrôles
Lorsque le traitement est terminé, il est nécessaire d’effectuer des contrôles réguliers pour surveiller l’évolution du patient.
La probabilité de réapparition de la maladie est plus élevée au cours des premières années. Au cours des trois premières années, il est recommandé d’effectuer des examens tous les quelques mois et, à partir de la quatrième et cinquième année, ils peuvent être espacés un peu plus.
Les examens de suivi habituels sont les suivants :
- Bilan sanguin complet.
- Échographie abdominale.
- Radiographie du thorax.
- TC thoracique/abdominale.
- Transit digestif.
- Endoscopie buccale.
Pronostic
Le pronostic des tumeurs de l’intestin grêle dépend largement du type de tumeur. En général, les tumeurs neuroendocrines présentent un comportement très lent, avec une faible croissance locale. Elles peuvent donner des métastases, mais cela reste très rare. Elles sont retirées chirurgicalement par précaution.
Le pronostic des adénocarcinomes est, en général, plus défavorable que celui des cancers se développant dans le côlon. Cela peut être dû à des facteurs intrinsèques à cette localisation, mais aussi au fait que le diagnostic des tumeurs de l’intestin grêle est souvent posé tardivement.
À propos de l'auteur
Dr Jean-Pascal Del Bano
Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.
