Cancer de la vessie

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Qu’est-ce que c’est

La vessie est un organe creux situé dans la partie inférieure de l’abdomen, capable de se rétracter et de se dilater pour stocker l’urine produite par les reins.

Le cancer se développe lorsque des cellules malignes adèrent aux tissus de la vessie.

Le cancer de la vessie est l’un des cinq cancers les plus fréquemment diagnostiqués en Espagne et, selon le rapport Las cifras del cáncer en España 2022 de la SEOM (Société Espagnole d’Oncologie Médicale), cette année 2022 pourrait voir plus de 22 000 cas diagnostiqués.

Possibilité de guérison

La SEOM souligne que la majorité de ces tumeurs sont détectées à des stades précoces et peuvent être guéries par une chirurgie, sauf lorsque la tumeur est à un stade avancé. Dans ces situations, la guérison peut être difficile ou impossible, et l’objectif du traitement sera plutôt de prolonger la survie et d’améliorer la qualité de vie du patient.

Le diagnostic de ce type de cancer, plus fréquent en Europe de l’Ouest et en Amérique du Nord qu’en Asie ou en Europe de l’Est, se fait généralement autour de 70 ans.

Causes

Les principaux facteurs qui conduisent au cancer de la vessie sont :

  • Le tabac: Il représente la principale cause du cancer de la vessie. En effet, plus de 50 % des diagnostics lui seraient attribués. Cela s’explique par le fait que de nombreux carcinogènes présents dans les cigarettes sont absorbés par le corps et éliminés par l’urine. Dans ce processus, les cellules de la paroi des voies urinaires peuvent être affectées.

    Fumer n’augmente pas seulement les risques de cancer de la vessie, mais facilite aussi l’apparition d’autres cancers et maladies, comme le cancer du poumon.
     

  • Exposition à des substances chimiques d’usage industriel : Certains produits, comme certains méteaux, colorants et caoutchoucs, constituent des facteurs de risque pour développer cette maladie. Les personnes travaillant dans des environnements exposés à ces substances carcinogènes présentent un plus grand risque. Quelques exemples : travailleurs du secteur métallique, industries du papier, entreprises chimiques, entreprises qui génèrent des déchets chimiques toxiques, secteur de l’imprimerie, ateliers textiles, ou encore machinistes, conducteurs routiers ou peintres.
     
  • Virus du papillome humain (VPH) : À l’heure actuelle, certaines études défendent une relation entre le virus du papillome humain (VPH) et le cancer de la vessie. Selon la SEOM, on estime que jusqu’à 17 % de ces tumeurs pourraient être dues en partie au port de sérotypes du VPH à haut risque.

Selon Juan Rodríguez Moreno, de la SEOM, « il n’a pas été démontré de manière claire que la présence d’antécédents familiaux de cancer de la vessie augmente le risque de développer la maladie chez d’autres membres de la même famille, même si le diagnostic chez les patients de moins de 60 ans devrait être pris en compte avec une attention particulière ».

Symptômes

Il existe un indicateur qui se distingue par sa fréquence élevée : dans la plupart des cas (environ 80 à 90 %), il s’agit d’hématurie, c’est-à-dire du sang dans l’urine, qui peut parfois être accompagné de caillots. D’autres manifestations possibles incluent une augmentation de la fréquence urinaire, des douleurs telles que la dysurie ou une sensation de brûlure et une urgence à uriner.

Les symptômes du cancer de la vessie peuvent être identiques à ceux d’une infection de la vessie (cystite) et les deux problèmes peuvent apparaître ensemble. Le cancer de la vessie est suspecté lorsque les symptômes ne disparaissent pas après un traitement de cystite. Un examen microscopique systématique ou d’autres tests d’urine peuvent détecter du sang et des leucocytes, et une cytologie peut révéler des cellules cancéreuses.

Les principaux symptômes :

  • Apparition de sang dans l’urine (hématurie) sans douleur lors de la miction. Dans ces cas, l’urine peut avoir une couleur rouge vif ou rougeâtre).
     
  • Souffrir de douleur ou de brûlure lors de la miction.
     
  • Besoin d’uriner de manière plus fréquente.
     
  • Avoir l’impression d’uriner sans pouvoir le faire ou ressentir l’envie juste après avoir terminé.

Prévention

La meilleure façon de prévenir l’apparition d’un cancer de la vessie est d’éviter de consommer du tabac et d’arrêter de fumer, car c’est le facteur de risque le plus important.

De plus, les personnes occupant des postes dans les secteurs liés à l’industrie chimique et textile, ainsi que toute autre activité générant des déchets chimiques toxiques, doivent suivre les recommandations de sécurité et de protection pour réduire l’exposition à ces substances.

Une autre forme de prévention est l’administration du vaccin contre le virus du papillome humain (VPH). Actuellement, il existe deux formes commercialisées de ce vaccin, indiquées aussi bien pour les hommes que pour les femmes.

Enfin, les patients ayant déjà eu une tumeur de la vessie doivent réaliser des cytologies périodiquement pour détecter une réapparition de la maladie.

À ce jour, il n’est pas recommandé de réaliser des examens médicaux de routine chez des personnes en bonne santé pour diagnostiquer ce type de cancer, car cela n’a pas démontré être bénéfique pour le patient.

Image avec des cellules de cancer de la vessie.

Types

Diagnostics

La première étape que doit entreprendre le spécialiste lorsqu’il soupçonne que le patient souffre d’un cancer de la vessie est un examen du patient, interroger sur les symptômes et effectuer une série de tests complémentaires qui apporteront des informations sur le sous-type tumoral et sur le stade de la maladie.

Les tests complémentaires sont :

Analyses sanguines

La Société Espagnole d’Oncologie Médicale insiste sur l’importance de surveiller la fonction rénale, qui est souvent altérée chez les patients atteints d’un cancer de la vessie.

Pour le détecter, il faut réaliser une analyse sanguine générale. Dans ces tests, le médecin pourra aussi vérifier si l’hématurie a provoqué une anémie ou d’autres anomalies.

Analyse d’urine

Bien que cet examen ne soit pas très sensible et que certains patients puissent ne présenter aucune anomalie malgré la présence d’un cancer de la vessie, le diagnostic peut être confirmé si l’analyse d’urine révèle des cellules urothéliales malignes.

Échographie abdominale et des voies urinaires

Cet examen permet à l’urologue de voir en détail les reins, les uretères et la vessie lorsqu’ils sont remplis d’urine.

À partir de l’échographie, on peut souvent détecter les tumeurs vésicales et distinguer si le cancer a atteint les voies urinaires et le reste des organes abdominaux.

Cystoscopie

C’est l’examen le plus fiable pour établir le diagnostic et déterminer à quel stade de la maladie se situe le cancer de la vessie.

Pendant la cystoscopie, le spécialiste introduira dans la vessie, par l’urètre, un tube flexible contenant une petite caméra. Le médecin pourra voir l’intérieur de la vessie, ainsi que prélever des biopsies ou enlever des polypes, par exemple.

Radiographie, TDM ou RMN

Une radiographie ou une tomodensitométrie (TDM) du thorax ou une résonance magnétique (RMN) permet de déterminer le stade du cancer.

Ces examens sont généralement réalisés lorsque le médecin soupçonne que la tumeur s’est étendue jusqu’aux couches les plus profondes de la vessie.

Traitements

Le type de thérapie est choisi en fonction du stade de la tumeur de la vessie.

Stade 0 et 1

La plupart des patients présentant des tumeurs aux stades 0 et 1 se guérissent généralement après le traitement, bien que le risque de réapparition de la tumeur soit élevé.

Selon les explications de la SEOM, en fonction de si c’est 0 ou 1, du degré de la tumeur et d’autres facteurs, le traitement consistera à retirer la tumeur par cystoscopie ou par résection transurétrale. Une fois la tumeur retirée, le médecin évaluera si le patient doit poursuivre une thérapie complémentaire avec immunothérapie ou chimiothérapie administrée à l’intérieur de la vessie.

Comme le souligne Rodríguez Moreno, « récemment a été signalée la valeur potentielle de l’immunothérapie systémique avec des inhibiteurs des points de contrôle de notre système immunitaire (comme le pembrolizumab), pour les patients atteints d’une maladie précoce réfractaire au traitement standard intravésical. Pour le moment, il ne s’agit pas d’une pratique clinique routinière mais il est probable qu’elle commence à être mise en place dans des cas sélectionnés ».

Stade II

Dans ces cas, la tumeur s’est étendue à la couche musculaire de la vessie et les patients présentent un risque que le cancer se propage. Les options de traitement sont :

  • Cystectomie radicale : C’est le traitement le plus courant. Le médecin ira retirer la vessie, certains organes et les ganglions lymphatiques voisins. Le principal inconvénient de cette intervention chirurgicale est que le patient ne pourra pas uriner normalement. L’une des solutions les plus courantes est la reconstruction de la voie urinaire.
     
  • Traitement conservateur : Le spécialiste éliminera la tumeur sans retirer la vessie.
     
  • Traitement adjuvant : Dans de nombreuses situations, les tumeurs reviennent. Pour tenter de réduire ce risque, les médecins peuvent choisir d’appliquer un traitement adjuvant par chimiothérapie.

Stade III

Les malades au stade III présentent une atteinte de la vessie plus profonde que ceux du stade II. Par conséquent, le traitement est similaire, mais plus agressif.

Stade IV

Le cancer atteint également la paroi abdominale ou pelvienne, ainsi que les ganglions lymphatiques ou présente des métastases à distance. Lorsque cela se produit, la chirurgie ne peut pas éliminer la maladie et n’est donc généralement pas envisagée comme option thérapeutique.

Dans ces cas, le traitement consiste en une chimiothérapie ou une radiothérapie.

Chez les patients en soins palliatifs, le médecin peut réaliser une cystectomie si le patient souffre d’une douleur importante ou d’un saignement ne répondant pas aux autres traitements.

L’efficacité de l’immunothérapie dans le cancer de la vessie est à l’étude avec des résultats préliminaires prometteurs.

Autres données

Une fois le cancer de la vessie diagnostiqué, le médecin doit connaître le grade du cancer et le stade d’évolution dans lequel il se situe.

Le grade

Indique à quel point les cellules ressemblent ou diffèrent des cellules normales et la rapidité avec laquelle le cancer pourrait croître. Plus le grade est faible, plus la croissance des cellules tumorales sera proche de celle des cellules normales; la croissance et l’extension seront plus lentes si le grade est élevé.

Le stade

C’est une mesure qui sert à déterminer la localisation et l’étendue du cancer et quelles autres parties du corps ont été affectées. Le stade d’un cancer peut être déterminé dès le diagnostic, bien que dans certains cas des tests supplémentaires soient nécessaires.

Le stade

Le stade du cancer va du stade 0, ou carcinome in situ (lorsque le cancer n’apparaît que sur la couche interne de la vessie), jusqu’au stade IV (lorsque le cancer a envahi l’abdomen, la pelvis ou les ganglions lymphatiques de la zone).

  • Stade 0 (carcinome in situ) : Le cancer se situe uniquement dans la couche interne de la vessie, c’est-à-dire dans sa couche superficielle.
     
  • Stade I : Les cellules se sont déjà propagées dans la couche interne de la vessie sans atteindre la couche musculaire.
     
  • Stade II : Les cellules cancéreuses se sont étendues à la couche interne de la vessie et à la couche interne des muscles.
     
  • Stade III : Les cellules malignes se sont répandues dans la couche interne de la vessie, la paroi musculaire, la couche périphérique et même vers les organes reproducteurs voisins.
     
  • Stade IV : Il ne s’agit pas d’un stade en tant que tel, mais du cancer qui réapparaît après traitement. Cette réapparition peut se produire dans la vessie ou dans d’autres zones du corps.

Un système de détermination de l’état d’évolution du cancer de la vessie très utilisé est le système TNM :

  • La lettre T (tumeur) suivie d’un chiffre de 1 à 4 décrit le degré d’invasion de la tumeur dans la paroi de la vessie et les tissus environnants. Plus le chiffre est élevé, plus l’invasion est étendue.
     
  • La lettre N (neurone? Non, nœud) suivie d’un chiffre de 1 à 3 indique si le cancer s’est propagé aux ganglions lymphatiques proches de la vessie et la taille de ces ganglions. Les ganglions lymphatiques contiennent des cellules du système immunitaire qui défendent l’organisme contre les infections et les tumeurs.
     
  • La lettre M (métastases) suivie d’un 0 ou d’un 1 indique si le cancer s’est propagé à des organes distants (poumons, os, etc.) ou à des ganglions qui ne se situent pas à proximité de la vessie.

À propos de l'auteur

Dr Jean-Pascal Del Bano

Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.

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