Alternatives naturelles à l’Ozempic et d’autres options : que peut-on en attendre ?

De façon presque parallèle à l’irruption des nouveaux médicaments antiobésité (Ozempic, Munjaro et autres agonistes pharmacologiques du récepteur GLP-1), apparaissent des composés non pharmaceutiques qui se présentent comme une alternative « sans ordonnance ».
Il s’agit de formules qui intègrent parmi leurs ingrédients des substances naturelles dont l’action sur la production naturelle de GLP-1 est démontrée, GLP-1 étant une hormone clé dans le signal de satiété, sécrétée principalement par les cellules L de l’intestin en réponse à l’arrivée des nutriments, en particulier hydrates de carbone et lipides. Son activation a des effets directement liés à la perte et au contrôle du poids, notamment la réduction de la sensation de faim.
Activer le GLP-1 comme objectif commun
Mais, à quoi peut-on s’attendre de ces « options naturelles » et en quoi leurs effets se différencient-ils de ceux des médicaments qu’ils « imitent » ? Comme l’explique à CuidatePlus Álvaro Campillo, chirurgien général et digestif à l’Hôpital Général Universitaire J.M. Morales Meseguer (Murcie) et membre du comité scientifique de Kobho Labs, ces produits sont envisagés comme une option aussi bien pour les personnes en surpoids chez qui les analogues pharmacologiques du GLP-1 ne sont pas recommandés, que comme complément pour des patients qui les utilisent déjà et qui ont besoin d’un renfort (par exemple, à la fin du traitement, pour maintenir le poids), et ce toujours sous la supervision d’un spécialiste de la santé :
« Dans le premier cas, ils ne remplacent pas un médicament lorsque celui-ci est médicalement indiqué, mais ils permettent toutefois de travailler sur des axes liés à la satiété, au contrôle glycémique, au métabolisme des graisses et des hydrates, à l’inflammation de bas grade et au microbiote intestinal. Les actifs de ces formulations sont conçus précisément pour agir sur ces piliers que les médicaments n’atteignent pas, favorisant ainsi des voies associées au GLP-1 et offrant une satiété plus durable de manière organique ».
« Chez les patients qui utilisent déjà des analogues GLP-1, poursuit Campillo, l’intérêt de ces compléments résiderait dans le renforcement de domaines que ces médicaments ne couvrent pas nécessairement de manière intégrale : composition corporelle, microbiote, barrière intestinale, inflammation de bas grade, métabolisme énergétique et soutien hépato-métabolique ».
Butyrate, résvératrol, berbérine…
L’efficacité de ces produits repose sur certains ingrédients de leur composition, notamment, comme le souligne le docteur Campillo, sur l’action du butyrate et du trans-résvératrol, « qui aident à stimuler la production naturelle de GLP-1 dans l’intestin, car ils agissent au niveau de l’axe intestin-métabolisme ».
Selon le docteur Álvaro Campillo, le butyrate est un acide gras à chaîne courte qui stimule directement les cellules L intestinales, responsables de la sécrétion de GLP-1, activant des récepteurs spécifiques qui favorisent sa libération.
« En ce qui concerne le trans-résvératrol, c’est un ingrédient qui agit via l’activation de voies métaboliques, comme l’AMPK, qui favorise l’utilisation des graisses comme énergie et réduit leur stockage. Cette substance a un impact au niveau cellulaire en améliorant le métabolisme énergétique et contribue aussi à la régulation de cette hormone et, de surcroît, optimise l’environnement intestinal, le rendant plus favorable à ce que l’organisme produise le GLP-1 de manière plus efficace ».
Un autre ingrédient fréquent dans ces formulations est la berbérine qui, en fait, fut l’une des premières substances à commencer à « sonner » comme analogue naturel des médicaments GLP-1. Le docteur Campillo décrit ses principales caractéristiques : « Il s’agit d’un composé naturel extrait d’une plante de la famille Berberidaceae. C’est un actif très intéressant dans le contrôle du poids car il agit sur plusieurs mécanismes à la fois : d’une part, il active l’AMPK, et, de plus, il inhibe la gluconéogénèse hépatique, aidant le corps à produire moins de glucose ».
Un avantage supplémentaire de la berbérine est qu’elle améliore la sensibilité à l’insuline et le contrôle glycémique, « ce qui a un impact direct sur l’appétit et sur la réduction des fringales, car elle favorise que le glucose reste dans le sang de manière stable, sans pics et chutes aussi marqués. À cela s’ajoute son effet sur le microbiote et l’inflammation de bas grade associée au surpoids », ajoute l’expert.
Autres substances « Ozempic-like »
Parmi les ingrédients fréquents dans les formulations des produits « Ozempic-like » figurent le chrome (aide à maintenir des niveaux normaux de glycémie), l’artichaut, la L-carnitine ou la gomme de caroube, ainsi que des extraits végétaux dont l’efficacité est démontrée dans l’activation du GLP-1 et, par conséquent, dans la réduction de la faim et l’augmentation de la satiété. Parmi eux, deux se distinguent particulièrement : l’hibiscus (Hibiscus sabdariffa) et la verveine citronnée (Lippia citriodora).
Ainsi, selon une étude publiée dans Food & Function, les personnes (au total 54 participants en surpoids) qui ont consommé pendant deux mois un complément à base de polyphénols issus de ces deux substances ont connu une augmentation significative des niveaux de GLP-1, ce qui s’est traduit par une augmentation de la satiété allant jusqu’à 50 pour cent, accompagnée d’autres bénéfices, notamment la réduction de la tension artérielle et l’amélioration des mesures anthropométriques.
Dans la même optique, dans une autre étude dont les résultats ont été publiés dans Scientific Reports, il a été démontré que l’ingestion d’un préparé végétal composé d’extraits d’hibiscus et de verveine (500 mg/jour), en association avec un régime hypocalorique, a permis à des participants (56 personnes en surpoids/obésité) de perdre jusqu’à quatre kilos en deux mois et de réduire leur tour de taille de 5,3 cm.
Moins de faim, moins de fringales et moins de kilos
Concernant l’effet principal que l’on peut attendre de ces produits, le docteur Campillo précise que, en agissant sur des voies liées au GLP-1, leur prise s’associe à une réduction de la faim entre les repas, une moindre impulsion de fringales et une sensation de satiété plus durable.
« De plus, ils contribuent à la perte de poids et à l’amélioration de la composition corporelle, avec une réduction de la masse graisseuse. Leur action sur le métabolisme aide à optimiser la gestion des glucides et des lipides, favorisant un meilleur contrôle métabolique. Ils aident aussi à réduire l’inflammation de bas grade, facteur clé dans le surpoids et l’obésité », ajoute-t-il.
À la différence des agonistes pharmacologiques du récepteur GLP-1, qui, pour l’instant, ne s’administrent que sous forme d’injections, ces produits se prennent par voie orale (capsules, solutions) et ne nécessitent pas d’ordonnance médicale et présentent l’avantage de ne pas présenter les effets secondaires associés à ces médicaments (nausées, vomissements, douleurs abdominales…).
En outre, comme c’est le cas du complément développé par Kobho Labs et dont la formulation est pilotée par Campillo, ils s’inscrivent dans un protocole avancé qui prend en compte de manière globale plusieurs facteurs : glucose, graisse, appétit, satiété, microbiote et inflammation. « Actuellement, un essai clinique est en cours en collaboration avec l’Université Catholique San Antonio de Murcie (UCAM), dans le but de continuer à renforcer les preuves de l’efficacité de ce produit dans le contrôle du poids et de l’appétit chez les personnes en surpoids et en obésité », précise le spécialiste.
Le microbiote, clé dans tout ce processus
Un facteur très important à considérer quant à l’efficacité de ces compléments est le rôle déterminant du microbiote, qui, comme le souligne Campillo, est clé pour la perte de poids, car il participe à la régulation de l’appétit, de la satiété, du métabolisme du glucose et de l’inflammation.
« Un microbiote équilibré favorise une meilleure production de métabolites bénéfiques, comme les acides gras à chaîne courte ; il aide à maintenir la barrière intestinale et contribue à l’axe intestin-cerveau, qui influe sur les signaux de faim, de satiété et sur l’humeur, parmi d’autres », précise l’expert.
Et dans ce cadre, les ingrédients de ces formulations apportent un double bénéfice : d’une part, ils améliorent l’équilibre du microbiote et, d’autre part, créent un milieu intestinal plus propice à la production naturelle de GLP-1. « Le butyrate, par exemple, est un métabolite clé pour la santé de la muqueuse et de la barrière intestinale et pour la signalisation métabolique. » Les actifs à base de berbérine agissent sur l’inflammation associée à l’excès de graisse. Quant à des substances végétales et des polyphénols, tels que l’extrait de thé vert, le raisin, le resvératrol, le ginseng, la fucoxanthine (algue wakame) et le café vert, elles aident à moduler l’inflammation, le métabolisme et l’environnement intestinal », conclut Campillo.
À propos de l'auteur
Dr Jean-Pascal Del Bano
Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.
