Alerte santé en France: ce riz star de nos assiettes est l’un des plus contaminés par les pesticides, selon 60 Millions de consommateurs

La dernière enquête de 60 Millions de consommateurs jette une lumière crue sur un aliment du quotidien, avec des taux de résidus parfois élevés dans des riz très consommés. Les résultats confirment des disparités marquées selon l’origine et le mode de culture, et invitent à revoir quelques gestes simples en cuisine.
Une enquête qui bouscule les habitudes
Sur 40 références testées, les analyses ont révélé des résidus de pesticides dans 15 d’entre elles, avec quelques dépassements des normes européennes. Les riz basmati non bio importés d’Inde et du Pakistan se distinguent par des niveaux plus élevés, reflet de pratiques agricoles encore très intensives. Le riz complet, souvent perçu comme plus sain, n’échappe pas aux résultats contrastés selon les marques et les origines.
Des marques populaires sous surveillance
Plusieurs références bien présentes en magasin ont obtenu des notes préoccupantes, parmi lesquelles Saint-Éloi (9/20), Ben’s Original (8/20), Vivien Paille (8/20) et U (8/20). Ces produits, largement diffusés, concentrent une part significative des ventes, ce qui amplifie l’enjeu de santé publique. Le message est clair : la fréquence de consommation pèse autant que le niveau de contamination.
Pourquoi le basmati non bio est davantage exposé
Dans les régions productrices, l’usage de pesticides reste un pilier des rendements agricoles, avec des traitements multiples du semis à la récolte. Les normes locales, souvent moins strictes qu’en Europe, autorisent des molécules encore très actives. S’ajoutent les étapes de transport et de stockage, parfois accompagnées de traitements complémentaires contre les parasites.
Quels risques pour la santé ?
Même en dessous des limites réglementaires, l’exposition répétée à de faibles doses pose question pour les publics vulnérables. Certains résidus sont suspectés d’être cancérogènes, mutagènes ou perturbateurs endocriniens, avec des effets possibles à long terme. Le risque s’apprécie sur la durée, par l’addition de petites doses dans différents aliments.
“Connaître, c’est pouvoir agir”
« Mieux vaut des données transparentes qu’une fausse quiétude : c’est en comprenant l’exposition que l’on fait de meilleurs choix. » Cette approche privilégie la prévention, sans dramatiser le contenu de nos assiettes. L’idée n’est pas d’exclure le riz, mais de l’intégrer à une routine plus éclairée.
Six gestes pour réduire l’exposition
- Choisir du riz bio quand c’est possible, notamment pour les variétés basmati ou complètes.
- Varier les origines et les types de riz (Camargue, thaï, long grain) pour diluer les risques.
- Rincer le riz à grande eau, plusieurs fois, jusqu’à ce que l’eau soit bien claire.
- Privilégier la cuisson à l’anglaise, dans un grand volume d’eau, puis égoutter soigneusement le surplus.
- Alterner les féculents (quinoa, boulgour, pâtes, lentilles) pour limiter l’accumulation.
- Lire les étiquettes et consulter les tests indépendants pour orienter ses achats.
Qu’en est-il du riz de Camargue ?
Produit sous des cahiers des charges plus stricts, le riz de Camargue affiche en moyenne des profils plus favorables. L’achat local réduit aussi l’empreinte du transport et la multiplication des traitements post-récolte. Cela ne dispense pas des bons gestes en cuisine, mais améliore l’équation globale.
Le rôle de l’industrie et des pouvoirs publics
Les enseignes et les marques disposent d’un levier majeur : resserrer les exigences vis-à-vis de leurs fournisseurs et privilégier des filières mieux contrôlées. Des contrôles plus fréquents, des cahiers des charges plus stricts et une traçabilité fine peuvent abaisser les résidus. Côté États, l’harmonisation des normes et le renforcement des contrôles à l’import restent déterminants.
Un impact environnemental majeur
Au-delà de la santé, les pesticides marquent durablement les écosystèmes : contamination des eaux, baisse de la biodiversité, effets sur les organismes non ciblés. L’agriculture intensive alourdit l’empreinte carbone, surtout lorsque les denrées voyagent sur de longues distances. Consommer mieux, c’est aussi soutenir des pratiques plus vertueuses dans les zones de culture.
Vers une assiette plus sûre et plus responsable
La bonne nouvelle, c’est qu’il existe des solutions simples et efficaces, sans renoncer au plaisir du riz. En combinant choix éclairés, diversité des apports et bonnes pratiques de préparation, chacun peut réduire son exposition tout en gardant des repas équilibrés. L’information est une force : elle permet de transformer un geste quotidien en bénéfice durable pour la santé et l’environnement.
À propos de l'auteur
Dr Jean-Pascal Del Bano
Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.
