Âge idéal pour congeler les ovules : de plus en plus de jeunes femmes consultent, selon la gynécologue Elisa Gil

La congélation des ovocytes est une option qui, ces dernières années, a pris une place prépondérante en raison d’un contexte social défavorable qui, dans de nombreux cas, pousse à repousser la maternité. Le processus est de plus en plus généralisé et il connaît un rajeunissement en ce qui concerne l’âge des patientes. « Lorsque toutes ces techniques ont commencé à être envisagées, nous recevions en consultation des patientes un peu en fin de parcours. Elles étaient un peu plus âgées pour être préservées, tournant autour de 39-40 ans et c’était comme le dernier train qu’elles devaient prendre, mais aujourd’hui nous avons réussi à faire venir les femmes dans une tranche d’âge plus favorable, entre 33 et 34 ans », assure Elisa Gil Arribas, gynécologue et nouvelle présidente de la Société Espagnole de Fertilité (SEF).
Âge idéal pour congeler les ovocytes
Elisa Gil souligne que l’âge idéal pour congeler les ovocytes est inférieur à 35 ans.« L’idéal est de venir entre les 30 et 35 ans », ajoute-t-elle, tout en rappelant qu’il faut préserver lorsque l’ovocyte est de meilleure qualité. « C’est comme congeler un steak. On ne le congèle pas quand il est passé, mais quand il est fraîchement coupé », illustre-t-elle.
Cette jeunesse entraîne des avantages biologiques déterminants pour devenir mère par la suite. « Quand on est plus jeune, il y a plus d’ovocytes et, de surcroît, ils sont meilleurs », avance la présidente de la SEF, qui rappelle aussi qu’il s’agit d’une médecine de sélection, donc plus on dispose d’ovocytes, plus on obtient d’embryons, plus on peut sélectionner les meilleurs et plus on a de chances de réussir.
Comment se congèlent les ovocytes
Le processus de congélation des ovocytes se décompose en deux étapes. La première est la stimulation ovarienne, qui consiste à administrer des médicaments généralement sous forme d’injections sous-cutanées que la patiente peut s’auto-administrer pendant environ 10 à 12 jours. Dans cette phase, des contrôles échographiques permettent de suivre l’évolution de la croissance des ovocytes, explique Gil. La seconde phase est l’extraction de ces ovocytes, réalisée sous anesthésie, au bloc opératoire, lors d’une intervention d’environ 10 à 15 minutes.
« Nous extrayons les ovocytes, la patiente ne souffre pas et ne ressent pas de gêne, et ces ovocytes obtenus les évaluons au microscope. Ceux qui sont matures sont ceux que nous allons vitrifier », précise-t-elle.
La technologie permet désormais que la survie soit très élevée, qui tourne autour de 95 % environ à l’avenir, et les ovocytes conservent la même qualité, bonne ou mauvaise, que celle qu’ils avaient au moment de la vitrification. « Le coût se situe entre environ 2 000 et 3 000 euros par cycle réalisé, à quoi il faut ajouter la médication, qui peut tourner autour de 500-600 euros », précise la présidente de la SEF.
No más de 50-51 años
Une fois que les ovocytes sont bien conservés, vient le moment de les utiliser et en Espagne il n’existe pas de législation qui régule l’âge maximal auquel on peut les utiliser. « Il n’y a pas de loi spécifique, mais il existe un pacte entre professionnels qui fait que, au-delà de 50-51 ans, nous ne réalisons plus d’implantation », réaffirme Gil.
(Foto: Unsplash/Suhyeon Choi)
Cependant, la présidente de la SEF souligne qu’il faut toujours travailler dans un contexte de santé de la patiente. « Une femme de 45 ans doit être évaluée avec beaucoup de soin : qu’elle soit en bonne santé, qu’elle ait un bon poids, une bonne qualité de vie, que sa tension soit normale… », explique-t-elle. Elle rappelle aussi que ces traitements interviennent à un moment où biologiquement cela ne serait pas possible et cela implique davantage de risques pour la mère et pour les fœtus.
34 000 enfants par reproduction assistée
Le poids de la reproduction assistée dans la natalité espagnole ne cesse d’augmenter. Gil précise que dans le dernier registre d’activité publié en 2025, il était indiqué qu’en 2023, 10% des naissances en Espagne provenaient de techniques de reproduction assistée, soit près de 34 000 enfants.
« Il s’agit d’un chiffre qui est resté stagnant ces dernières années, mais dans les registres antérieurs, les pourcentages atteignaient 12 %, et c’est que chaque fois il y a moins de femmes susceptibles d’avoir recours à nos traitements », indique-t-elle, mais elle prévoit parallèlement que la somme des naissances en Espagne grâce à la reproduction assistée se maintiendra à ce niveau dans les prochaines années.
À propos de l'auteur
Dr Jean-Pascal Del Bano
Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.
