Notre étude s’inscrit dans le droit fil du rapport de la DREES (2017) et permet d’alimenter le débat public sur les solutions à mettre en place : exercice regroupé-coordonné, infirmières de pratique avancée, télémédecine, etc.
L’exercice regroupé-coordonné
Cette solution fait appel à une redistribution des rôles et des activités au sein des équipes. Pour les professionnels et singulièrement les médecins, l’évolution principale de cette réorganisation est l’avènement d’un mode d’exercice « regroupé-coordonné » sinon en équipe constituée.
Il existe deux grands types d'équipes coordonnées pluriprofessionnelles en santé :
- les Equipes de soins primaires (ESP),
- les Communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), réseau de structures, d'équipes et de professionnels divers (établissements de santé publics et privés, établissements médico-sociaux, réseaux, professionnels de santé de ville, etc.).
Ces équipes peuvent être épaulées par des Plateformes territoriales d’appui (PTA), structures d’aide pour les professionnels de santé confrontés à des situations complexes chez certains patients.
Plusieurs modalités d’équipes de soins primaires sont possibles :
- les Maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP), qui regroupent des professionnels de santé libéraux,
- les Centres de santé, qui regroupent des professionnels de santé salariés.
Déployer des infirmières de pratique avancée sur tout le territoire
Pour pallier le manque de professionnels de santé, le déploiement des infirmières de pratiques de santé dans les zones sous dotées ou dans certaines banlieues de grandes métropoles reste encore trop timide.
Etat des lieux avec le Pr Guy Vallancien, membre de l’Académie nationale de médecine et président de CHAM.
Quelles sont les principales mesures pour lutter contre les zones sous-dotées ?
Les déserts médicaux ont été construits de toutes pièces. Personne ne parviendra jamais à forcer un médecin à s’installer sur des territoires dans lesquels personne ne vit. Un désert n’est pas que médical mais global. La seule solution consisterait à recourir davantage aux infirmières de pratique avancée (IPA), aussi appelées de « première ligne », en contact avec les patients qui les appelleraient en cas de besoin. Au domicile du malade, ces soignantes trouveraient, probablement une fois sur deux la solution par elles-mêmes, et enverraient, sans doute une fois sur quatre le patient dans un cabinet de généraliste ou aux urgences.
Comme au Canada, la France n’a cependant pas d’autre solution que de déployer sur le terrain des milliers de ces infirmières de première ligne, en les dotant de moyens de télétransmission, à l’instar d’un smartphone professionnel payé sur l’Assurance Maladie, afin qu’elles prennent une photo de plaie par exemple, qu’elles enverront ensuite au médecin traitant ou au spécialiste, sans pour autant dévoiler l’identité du patient.
Nous disposons de tous les moyens de résoudre cette difficulté de manque d’offre de soins en France dans les zones rurales sous dotées mais aussi dans certaines banlieues où plus aucun médecin ne souhaite exercer. Il est possible de mettre en œuvre ces solutions pragmatiques et simples. Nous disposons de tous les outils ainsi que des hommes et des femmes pour y arriver.