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Diabète : des fondements génétiques variables en fonction de l'origine ethnique

« Plus de 347 millions de personnes sont diabétiques dans le monde. »*

Selon deux nouvelles études menées par des chercheurs de l'École de médecine de l'Université de Stanford (Etats-Unis), l’origine ethnique joue un rôle étonnamment important dans la façon dont le diabète se développe à un niveau cellulaire.

Publiées en ligne simultanément le 23 Mai 2013 dans les tribunes des revues « PLoS Genetics » et « Diabetes Care », les études démontrent, à partir de données réanalysées, que les voies physiologiques des maladies du diabète varient entre l'Afrique et l'Asie de l'Est et que ces différences se traduisent en partie par des différences génétiques.

Ces nouvelles connaissances sur les différences du diabète à travers le monde sont une nouvelle perspective appliquée à des études plus anciennes, et « Il y a encore beaucoup à apprendre sur le diabète » a déclaré le Professeur Atul Butte, agrégé de pédiatrie et de génétique, auteur principal de l'étude et chef du « Division of Systems Medicine » à l'Université de Stanford.

Les premiers stades du diabète de type 2 (diabète non insulino-dépendant, DNID), ou diabète de l'adulte (parfois nommé diabète gras ou de la maturité), peuvent se développer lorsque le pancréas a des problèmes pour créer suffisamment d'insuline, une hormone essentielle pour la régulation de la glycémie, ou lorsque les cellules du corps ont du mal à répondre à l'insuline, une condition qui induit la résistance à l'insuline. Ces deux problèmes vont conduire au même résultat : trop de sucre dans le sang d'un patient, qui est le principal critère pour le diagnostic du diabète. Les diabétiques développent à la fois une faible sécrétion d'insuline et la résistance à l'insuline.

Le diabète dans le monde

Dans l'étude publiée dans la revue PLoS Genetics, les chercheurs ont commencé par étudier l'information du génome de plus de 1.000 personnes dans 51 populations du monde entier. Ces personnes étaient des populations autochtones, qui représentent les premiers groupes d'humains à divers endroits. Auteur et ancien étudiant diplômé d’un doctorat dans le laboratoire du Professeur Atul Butte (le « Butte Lab »), Erik Corona, a étudié plus de 100 maladies à la recherche de différences génétiques dans le risque dans ces populations indigènes, et a trouvé un modèle géographique clair dans la génétique du diabète de type 2.

Le risque génétique est plus élevé pour les Africains et descend le long de la trajectoire des premiers humains, lors de la migration de l'Afrique vers l'Asie de l'Est (principalement le Japon, la Chine et la Corée), où les gènes liés au diabète semblent être plus protecteurs. En se basant uniquement sur ce qui est actuellement connu sur le diabète de type 2, les Africains indigènes semblent avoir un risque plus élevé de diabète, alors que les Asiatiques semblent être protégés. Mais les Asiatiques ne sont pas nécessairement moins à risque de diabète que les Africains. Le Professeur Atul Butte a souligné que les Asiatiques de l'Est peuvent certainement avoir le diabète. Ce qu’ils soutiennent est que le diabète peut être une maladie différente dans les populations asiatiques. Les conclusions de l'étude menée par l’équipe du Professeur Atul Butte se sont orientées à se demander s'il y avait des signes cliniques dans ces différences entre les populations asiatiques et africaines.

Sécrétion d'insuline et résistance à l’insuline dans les groupes ethniques

Pour le deuxième document d’étude, l'auteur principal et associé de recherche est le Docteur en sciences médicales Keiichi Kodama. Les données étudiées provenaient de plus de soixante-dix articles sur la sécrétion d'insuline et la résistance à l’insuline, mesurées simultanément chez des individus au travers de trois groupes ethniques différents : Africains, Caucasiens et Asiatiques de l'Est.

Les chercheurs ont constaté qu'au départ les Africains avaient une résistance à l'insuline plus élevée, mais ont été en mesure de la compenser avec une sécrétion d'insuline plus élevée. Les Asiatiques de l'Est étaient plus susceptibles d'avoir moins de capacité de sécrétion d'insuline, mais cela a été compensé en ayant une résistance normale à l'insuline. Les Caucasiens se situaient entre ces deux groupes, mais ils étaient plus susceptibles de développer des problèmes au niveau de la sécrétion d'insuline. Les résultats suggèrent que le « fondement » génétique des Africains et des Asiatiques de l'Est est différemment sensible au diabète que chez les Caucasiens. Cette stratification ethnique pourrait être impliquée dans les différents courants naturels de l'apparition du diabète.

Les chercheurs ont montré que les individus de chaque groupe ethnique commencent par une « position » de référence différente, et qu’ils ont chacun un diabète d’une portée différente : les Africains à travers une résistance accrue à l'insuline, les Asiatiques de l'Est avec une capacité de sécrétion d'insuline plus faible.

Le Professeur Atul Butte note qu'un changement dans la façon dont les cliniciens pensent le diabète pourrait mener à des thérapies plus ciblées, comme la façon de penser le cancer qui a évolué au cours des dix dernières années, ce qui a conduit à de nouveaux traitements. « D’autres domaines de la médecine ont subi une refonte radicale de la taxonomie de la maladie, mais ce n'est pas encore arrivé pour le diabète, l’une des menaces importantes pour la santé publique dans le monde » et « Si ce sont des maladies distinctes au niveau moléculaire, nous devons essayer de mieux les comprendre » , a affirmé le Professeur Atul Butte.

Sources


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