Alzheimer : un régime pauvre en protéines ralentirait sa progression, chez les souris

La nutrition :  un rôle fondamental pour la santé des neurones

La Recherche sur la maladie d’Alzheimer n’a de cesse de soulever de nouvelles voies pour des traitements futurs et une meilleure compréhension de la maladie. Une étude récente, publiée en février 2013 dans la revue Aging Cell [1], indique que des souris en présence de la maladie d'Alzheimer présentaient moins de signes de la maladie lorsqu'un régime en protéines était appliqué, et complété par des acides aminés spécifiques (régime équilibré et échelonné toutes les deux semaines pendant quatre mois).

Suite au régime, les souris de cette étude, qui étaient à des stades avancés de la maladie d’Alzheimer, montraient une nette amélioration des capacités cognitives lors de différents tests (labyrinthes…). En outre, les neurones des souris contenaient une baisse évidente des niveaux anormaux d'une protéine endommagée, appelés «tau»[2], qui s'accumule dans le cerveau des patients atteints d’Alzheimer.

Les protéines alimentaires sont les principales régulatrices d'une hormone de croissance nommée IGF-1, qui est associée au vieillissement et aux maladies chez les souris et plusieurs maladies chez les personnes âgées. Les chercheurs soulèvent dans cette étude la possibilité que l'apport protéique et le taux d'IGF-I faibles peuvent aussi protéger les personnes durant l'âge principalement lié à la neurodégénérescence. L'équipe a découvert qu'un régime alimentaire pauvre en protéines réduit les niveaux d'IGF-1 circulant à travers le corps de 30 à 70%. Ce régime a aussi provoqué la multiplication par huit d'une protéine qui bloque les effets de l'IGF-1 en se liant à elle.

La maladie d'Alzheimer et d'autres formes de maladies neurodégénératives sont un véritable fardeau pour la société, et c'est une priorité croissante en matière de santé publique. Par ailleurs, d’après le rapport d’étude « Alzheimer disease in the United States (2010−2050) estimated using the 2010 census » [3], publié en février 2013 dans la revue Neurology, le nombre de patients affectés par la maladie d’Alzheimer devrait être triplé d’ici 2050, rien qu’aux États-Unis.

De ces constats, il devient nécessaire pour la Recherche de continuer à développer de nouvelles approches pour prévenir et traiter les neuropathologies dégénératives, étant donné que les fréquences de ces troubles seront en hausse en raison du vieillissement de la population au cours des prochaines décennies. La communauté scientifique et médicale mondiale (neurologie, gérontologie,…) s’attarde sur de nouvelles stratégies pour y remédier, notamment dans le cadre de traitements non-invasifs et d’approches non pharmacologiques, comme dans le cadre de cette étude publiée dans Aging Cell [1].

La protéine IGF-1 aide le corps à se développer durant la jeunesse, mais est également associée à plusieurs maladies plus tard dans la vie, autant chez les souris que chez les humains. « Explorer des solutions alimentaires à ces maladies plutôt que de générer des produits pharmaceutiques pour manipuler directement la protéine IGF-1 permettrait de faire des progrès qui pourraient aider considérablement les personnes souffrant aujourd'hui ou dans les prochaines années », souligne les chercheurs.

Bien que les essais cliniques peuvent déterminer si le régime riche en protéines restreint est efficace chez les humains atteints de déficience cognitive, plusieurs études sont encore nécessaires avant une application concrète,  puisque les cycles de restriction du traitement de cette étude ne peuvent être possibles pour toutes les personnes âgées peut-être déjà être fragiles.

Enfin, quelle que soit la situation, diète ou perte de poids, un régime ou changement alimentaire d’un patient rend nécessaire une surveillance par un médecin ou un médecin nutritionniste, afin de s'assurer que les patients n’aient aucune déficience, effets secondaires ou perte du poids supplémentaire.

Sources (études et sources chiffrées)
 •    [1] « Protein restriction cycles reduce IGF-1 and phosphorylated Tau, and improve behavioral performance in an Alzheimer's disease mouse model », Février 2013, Aging Cell, DOI: 10.1111/acel.12049,  http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/acel.12049/abstract
 •    [2]  Actualités sur la protéine de Tau http://www.le-guide-sante.org/actualites/mot-cle/proteine-tau.html
 •    [3] « Alzheimer disease in the United States (2010−2050) estimated using the 2010 census », Février 2013, Liesi E. Hebert, Jennifer Weuve, Paul A. Scherr, et al. Neurology ; DOI 10.1212/WNL.0b013e31828726f5, http://www.neurology.org/content/early/2013/02/06/WNL.0b013e31828726f5
 •    [4] « Alzheimer’s Disease in Men Linked to Low Levels of Hormone, IGF-1 », 2012, http://www.endo-society.org/media/press/2012/Alzheimers-Disease-in-Men-Linked-to-Low-Levels-of-Hormone-IGF1.cfm
 •    [5] Actualités sur la maladie d’Alzheimer http://www.le-guide-sante.org/actualites/mot-cle/Alzheimer.html

A consulter

 •  Annuaire des médecins nutritionnistes http://www.le-guide-sante.org/Annuaire/Nutritionnistes.html & Annuaire des diabétologues-nutritionnistes http://www.le-guide-sante.org/Annuaire/Diabetologues-Nutritionnistes.html
 •  Blog Santé Alzheimer http://alzheimer.le-guide-sante.org/


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