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Cerveau : l’aspirine ralentirait le déclin cognitif des personnes âgées

Publiée dans la revue scientifique et médicale British Medical Journal (BMJ) Open le 3 octobre 2012 (1), une étude suédoise signale dans son rapport qu’une prise d’aspirine journalière peut ralentir le déclin cognitif (cérébral) chez les femmes âgées à risque élevé de maladie cardiovasculaire.

« Vivre plus longtemps et en bonne santé ». L’espérance de vie grandissante mène irrémédiablement à un nombre de personnes âgées sans cesse en augmentation dans le monde entier. Cependant, vivre plus longtemps n’est pas sans inconvénient et nécessite aussi une adaptation et une évolution permanente dans la qualité de certaines prises en charge. Les maladies cardio-vasculaires et le déclin cognitif sont parmi les causes les plus importantes en cas d'invalidité et de maladie dans ce groupe d'âge. La Recherche s’active donc pour permettre une meilleure prévention et amélioration des traitements. 



Plusieurs études antérieures montrent un certain intérêt de l’aspirine dans le traitement de différentes maladies comme le cancer colorectal (2). Cependant, l’objectif principal de cette étude récente était d'examiner si une faible dose d'acide acétylsalicylique (AAS), plus connu sous le nom d’aspirine (qui est un anti-inflammatoire non stéroïdien l’un des plus consommés au monde), influe sur le taux de changement cognitif chez les femmes âgées.

Pour cette étude, plus de 500 femmes à risque, âgées de 70 à 92 ans, ont été suivies pendant cinq années, avec notamment un suivi sur leur capacité mentale testée au début et à la fin de l'étude. Un constat clair ressort de cette étude, en démontrant que les personnes qui avaient une prise d'aspirine pour la période entière de l’étude ont vu leurs scores aux tests tomber beaucoup moins vite que ceux qui n'en avaient pas quotidiennement.  L’un des auteurs (Dr S.Kern) de l’étude rapporte aussi que, contrairement à d'autres pays, « la Suède ne traite pas les femmes présentant un risque élevé de maladie cardiaque et d'AVC avec de l'aspirine », ce qui signifiait pour cette étude « que nous avions un bon groupe de comparaison.». Les femmes participantes sont passées par une étape de tests à l'aide d'un mini-examen d'état mental (abrégé parfois par MMSE, de l’anglais Mini Mental State Examination). La mesure de la capacité intellectuelle et les tests d'orientation comprenaient des questions spatio-visuelles (tests avec des dessins et formes géométriques) et spatio-temporelles, avec des questions du type : « quelle est la date d'aujourd'hui ? », « Où sommes-nous aujourd'hui ? », etc.

L’aspirine n’est pas une sucrerie : aucune auto-médication !

Le rapport de cette étude suédoise révèle que l'aspirine peut ralentir les changements dans la capacité cognitive chez les femmes à haut risque d'une crise cardiaque ou d’un AVC. Par contre, le rapport (examiné en collaboration avec un neuropsychiatre) indique qu’aucune différence n’est faite pour la vitesse à laquelle les femmes ont développé une démence. Les résultats de cette étude donnent surtout un aperçu intéressant de l'importance de la santé cardio-vasculaire sur la cognition, mais il est primordial pour toutes et tous de ne pas s’auto-médicamenter avec de l'aspirine pour tenter de conjurer la démence ou une quelconque pathologie.

Par ailleurs, le risque à long terme de la prise d'aspirine au quotidien est ignoré pour l’instant.  Sachant que des exemples d’ulcères et de saignements graves ont été rapportés, d’autres études complémentaires sont indispensables pour que les avantages de l’usage de l’aspirine l'emportent sur les inconvénients, soulignent les chercheurs.

Enfin, pour aller plus loin sur la thématique du vieillissement, Le Guide Santé vous suggère la lecture de la nouvelle édition de l’ouvrage du psychogériatre Pierre Charazac (psychanalyste, membre de la SPP, consultant en EHPAD), « Psychothérapie du patient âgé et de sa famille » (3), qui contribue à la place de la famille dans la pratique gériatrique et illustre par des cas cliniques la spécificité de la relation soignante avec la personne âgée.

Sources

 


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