Toscana Viar, nutritionniste de la sélection, sur le fait de manger une ou deux fois par jour comme Ferran Torres : « Il y a des joueurs à qui cela peut convenir et d’autres à qui non »

Quelques mois après avoir remporté sa deuxième Coupe du Monde de football, nous nous sommes entretenus avec la nutritionniste de l’équipe nationale espagnole afin qu’elle nous révèle les astuces que les footballeurs suivent pour performer à 100 % grâce à l’alimentation. Et comme l’explique Toscana Viar, « bien s’entraîner compte, mais tirer parti de cet entraînement dépend en grande partie de ce que l’on mange, de la façon dont on se repose et de la récupération ». La nutrition, précise-t-elle, « ne fait pas qu’un joueur soit talentueux, mais elle permet qu’il puisse exprimer tout son potentiel » et dans le football d’élite elle est cruciale. Ici, « les détails font la différence. Arriver avec l’énergie adaptée et bien récupérer entre les entraînements et les matchs peut être décisif ».
Pour l’experte en nutrition, « l’alimentation et la prévention des blessures vont de pair » car chaque entraînement génère une usure que l’organisme doit réparer. Si, de façon répétée, vous ne lui apportez pas l’énergie et les nutriments dont il a besoin, le corps finit par vous le faire payer ».
Cada vez es más habitual buscar explicaciones muy complejas a una bajada de rendimiento cuando, asegura, “la respuesta es mucho más sencilla: el jugador no está llegando con suficiente energía o tiene algún déficit nutricional que limita su rendimiento y su recuperación”.
Hydratation: clé
Aux côtés de l’alimentation, l’hydratation est tout aussi fondamentale. Beaucoup de fois, nous nous concentrons sur ce que nous mangeons et négligeons ce que nous buvons, combien et comment nous le faisons, et c’est une erreur. Comme le rappelle Viar, « l’hydratation est l’un des grands oubliés et, pourtant, elle peut marquer des différences énormes. Il ne s’agit pas seulement de boire de l’eau, mais de s’hydrater intelligemment ».
Pendant un match d’une intensité maximale “l’homme perd eau, mais aussi sodium et autres électrolytes essentiels à travers la sueur”, c’est pourquoi, ajoute-t-elle, “si l’on ne remplace que l’eau, dans de nombreux cas ce n’est pas suffisant”. Dans ces cas, il est clé “d’utiliser des boissons avec électrolytes” qui aident à maintenir l’équilibre des liquides, favorisent la contraction musculaire et réduisent le risque de fatigue ou de crampes.”
Ce que mangent les footballeurs
Bien que chaque joueur suive un régime déterminé, il existe des principes clés universels pour tous. La base, explique-t-elle, « est toujours le régime méditerranéen, avec des aliments frais, des produits de qualité et beaucoup de nourriture réelle ».
À partir de là, « tout s’adapte au contexte de chaque joueur, car tous n’ont pas les mêmes besoins ni ne mangent de la même façon ». De plus, elle ajoute, « l’alimentation change en fonction du moment de la compétition, de la charge de travail, des horaires, des préférences personnelles et de bien d’autres facteurs ».
Ainsi, par exemple, « avant le match nous cherchons à faire le plein d’énergie sans provoquer de gênes digestives ». Sur cette base, « nous privilégions des glucides de qualité, comme le riz, les pâtes ou la patate douce, accompagnés d’une source de protéine facile à digérer ». Normalement, indique-t-elle, « ce repas est pris environ quatre heures avant le début du match afin d’arriver avec de l’énergie, tout en ayant de bonnes sensations digestives ».
Après le match l’objectif change complètement. Ici, « il faut récupérer l’énergie dépensée et favoriser la réparation musculaire ».
Malgré ces conseils, il est important de souligner que, dans le cas des matchs importants, « juste après l’effort, beaucoup de joueurs n’ont guère d’appétit à cause de l’effort et de la tension accumulée, ce qui rend le défi non seulement de proposer des aliments sains, mais aussi des options appétissantes qui facilitent cette récupération ». Parmi les choix possibles, on peut proposer « du sushi jusqu’à des burritos, des hamburgers bien préparés ou des plats de pâtes ». L’important, rappelle-t-elle, « n’est pas le nom du plat, mais qu’il aide le joueur à récupérer tant physiquement que mentalement ».
Ayuno intermitente ou manger pocas veces al día
Au sein de la Sélection espagnole, certains joueurs suivent des régimes stricts. Marcos Llorente en est un exemple, mais il n’est pas le seul. Pedri et Ferrán, par exemple, pratiquent le jeûne intermittent et affirment ne manger que deux fois par jour. À propos de cela et de la mode du jeûne, Viar se montre peu encline à dire qu’une stratégie nutritionnelle est bonne ou mauvaise simplement parce qu’elle est à la mode, car en nutrition, « il n’existe presque jamais de recettes universelles et l’important est d’évaluer le contexte de chaque sportif ».
Ainsi, « il existe des joueurs pour lesquels le jeûne intermittent peut parfaitement convenir et d’autres pour qui non. Cela dépendra de leurs horaires, du volume d’entraînement, de leurs sensations, de leur capacité à couvrir leurs besoins nutritionnels et, surtout, de savoir s’il leur permet de s’entraîner, de récupérer et de concourir au maximum ».
Dans le cas de Ferrán, « si un joueur décide de concentrer son apport sur une ou deux repas, ces repas doivent être bien planifiés pour couvrir ses besoins énergétiques et nutritionnels, en s’adaptant toujours à ce qui lui convient et lui fait du bien ».
Elle ne croit pas à « imposer une seule façon de manger, mais à trouver la stratégie qui permet à chaque sportif de performer au maximum ».
En nutrition sportive, rappelle-t-elle, « nous ne travaillons pas pour que tous les joueurs mangent pareil ; nous travaillons pour que chaque joueur trouve la façon de manger qui lui permet de rendre au mieux ».
À propos de l'auteur
Dr Jean-Pascal Del Bano
Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.
