Syndrome de Wolfram : symptômes, causes et traitement

Qu’est-ce que c’est
Le Syndrome de Wolfram (SW) est une maladie neurodégénérative rare, complexe et progressive, à transmission autosomique récessive (4p) et exceptionnellement d’origine mitochondriale ou sporadique.
Cette pathologie est également connue sous le nom de Didmoad, acronyme correspondant aux initiales en anglais de ses composants principaux, comme l’expliquent depuis l’Association espagnole pour la Recherche et l’Aide au Syndrome de Wolfram : diabète insipide (DI), présent chez environ 62 pour cent des patients; diabète mellitus (DM), présent chez l’intégralité des patients; atrophie optique (OA), également commune à l’ensemble des patients et surdité neurosensorielle (D), manifestée chez 73 pour cent.
Dans certains cas, les patients peuvent aussi présenter des altérations du tractus urinaire (58 pour cent), dans le système nerveux central (62 pour cent) et une atrophie gonadique. Pour cette raison, certains auteurs ont suggéré la dénomination Didmoadua, en raison de la forte fréquence des troubles urinaires.
Causes
Les causes de ce syndrome sont génétiques. Cette pathologie se transmet généralement des parents par héritage autosomique récessif, rarement mitochondriale et dans peu de cas est sporadique (mutation de novo).
Selon l’association, comme il s’agit généralement d’une maladie autosomique récessive, les parents sont des porteurs sains, ignorant ainsi qu’ils transmettront la maladie à leur descendance.
Symptômes
Les manifestations varient selon les patients et les composantes de la maladie qui se manifestent.
Le diabète de type 1 apparaît généralement au cours de la première décennie de la vie (vers 6 ans). “Il est insulinodépendant, non auto-immun, avec une prévalence plus faible de cétose, et la présence de complications microvasculaires est peu fréquente, même après 25 ans d’évolution.”
Après le diabète, l’atrophie optique se manifeste dans la deuxième décennie de la vie (vers 11 ans). Les symptômes qui la caractérisent sont la perte progressive de l’acuité visuelle et la vision des couleurs (discromatopsie). Cette pathologie peut aboutir à la cécité.
Par la suite, certains patients peuvent présenter vers 16 ans une perte auditive des hautes fréquences. La surdité neurosensorielle est bilatérale, symétrique et progressive.
Des anomalies du tractus urinaire apparaissent dans la troisième décennie (vers 20 ans) et les symptômes qui les accompagnent sont l’atonie vésicale, l’incontinence urinaire et les infections à répétition.
Enfin, les complications neurologiques apparaissent typiquement dans la quatrième décennie (vers 35 ans), les plus caractéristiques étant ataxie, nystagmus horizontal, dysarthrie, etc.
Il est également fréquent d’observer un hypogonadisme hypergonadotrope (plus fréquent chez les hommes) et des troubles psychiatriques et du sommeil.
Les patients atteints du syndrome de Wolfram devront suivre un traitement à l’insuline.
Prévention
Il n’existe aucun moyen de prévenir la maladie. Cependant, si un couple a eu un enfant atteint du Syndrome de Wolfram, il est important d’envisager le conseil génétique préconceptionnel afin d’éviter d’avoir d’autres enfants malades.
Types
Il n’existe pas de sous-types de ce syndrome bien qu’il puisse exister des patients présentant des degrés de gravité différents selon la pénétrance du gène hérité.
Diagnostic
Devant un enfant diabétique présentant une atrophie du nerf optique, il faut suspecter la possibilité de développer le Syndrome de Wolfram. Dans ces circonstances, le spécialiste réalisera diverses épreuves pour exclure l’existence d’autres maladies.
Traitements
Il n’existe pas de cure pour le Syndrome de Wolfram. Le traitement que reçoivent les patients est multidisciplinaire afin de traiter chacune des affections.
Dans le cas du diabète, le patient devra s’administrer de l’insuline, sauf s’il souffre de diabète insipide, dans ces cas il devra recevoir de la desmopressine.
En cas d’atrophie optique, le patient devra utiliser des lunettes grossissantes jusqu’à perdre totalement la vision. Les implants cochléaires et l’utilisation d’aides auditives seront le traitement de choix dans le cas de la surdité neurorénale.
Concernant la vessie neurogène, initialement les patients suivront une thérapie avec des anticholinergiques. Cependant, tous ne répondent pas bien à ce traitement et la majorité finissent par recourir à des autosondages intermittents ou à des sondes permanentes.
Les personnes atteintes d’hypogonadisme auront besoin d’une thérapie hormonale de substitution sexuelle. Étant donné qu’il s’agit d’une maladie neurodégénérative, les spécialistes recommandent la prise de coenzyme Q et de complexes de vitamine B, bien que leur efficacité n’ait pas été démontrée.
Autres données
Pronostic
Le pronostic de cette pathologie est mauvais. Il existe peu d’études sur l’âge au décès des patients, qui est généralement inférieur à 50 ans, généralement en raison d’un arrêt respiratoire central avec atrophie du tronc cérébral, ou d’un échec rénal.
Couplé à cela, un contrôle nephro-urinaire adéquat est fondamental.
Incidence
On estime que la prévalence aux États-Unis est d’un cas pour 100 000 patients et au Royaume-Uni d’un cas pour 770 000. En Espagne, l’incidence est inconnue.
Cette pathologie touche aussi bien les hommes que les femmes, qui ont tendance à hériter la maladie de leurs parents.
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À propos de l'auteur
Dr Jean-Pascal Del Bano
Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.
