Pourquoi tu suis la Coupe du Monde avec ferveur, même si tu n’aimes pas le football ?

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Le football n’attire que peu l’attention des personnes qui ne sont pas fans. Les choses changent toutefois lorsqu’il s’agit des compétitions où participe le pays tout entier. C’est ce qui se produit avec le coup d’envoi de la Coupe du Monde. Pourquoi les mêmes personnes qui ne se sont pas intéressées à aucun match durant la saison suivent-elles cet événement sportif avec ferveur ? « La Coupe du Monde est un événement non seulement sportif, mais aussi social, qui se célèbre tous les quatre ans, ce qui en fait quelque chose de mythique et d’attendu et qui nous relie socialement, alors que les autres championnats sont habituels et ne génèrent pas la même anticipation », répond José Elías, psychologue du Conseil officiel de psychologie de Madrid.

L’expert précise qu’il existe une grande différence avec les clubs : « Ceux-ci divisent, alors que la Coupe du Monde crée un lien social d’appartenance avec les semblables, qui mène à l’expression collective des sentiments et des émotions, faisant que les succès partagés s’amplifient et que les échecs se vivent ensemble ».

En ce qui concerne le sentiment d’appartenance, il s’agit d’un besoin commun à tous. Dans ce championnat, « nous adhérons à une communauté où l’essentiel est le vécu commun des matchs avec des personnes qui pensent comme nous. Le résultat des matchs revêt une grande importance, car il place le pays d’origine ou celui que l’on préfère devant le reste du monde ».

Ainsi, le football provoque une forte connexion avec la représentation du pays. De plus, comme le souligne Elías, il présente « des rituels concrets qui renforcent ce lien, tels que les écharpes, les maillots et les chants qui nous rapprochent des autres lorsque nous regardons les matchs. Cela nous pousse à exprimer nos émotions communes avec davantage de vigueur ».

Par ailleurs, ajoute-t-il, dans cette symbiose sociale, les réussites de l’équipe se vivent comme les nôtres : « Les diverses phases du jeu nous font les vivre avec une intensité, passant en quelques instants de l’euphorie à la déception personnelle et collective ». De plus, d’un point de vue psychologique, le football est un moyen par lequel les tensions accumulées au quotidien s’expriment fréquemment. Cette sensation s’accentue lors du Mondial, « où il existe une grande connexion avec les autres et où ces expressions de libération communes sont partagées, permettant de les exprimer sans autant de retenue que dans d’autres lieux, générant une grande libération personnelle et sociale ».

Existe-t-il un effet de contagion sociale ?

(Photo: Freepik)

Le Mondial est un événement historique dont tout le monde parle avant, pendant et après. Elías insiste sur le fait que cela génère une liaison d’appartenance : « Personne ne veut être en marge de cet immense événement social ». C’est pourquoi « la ‘pression sociale’ nous pousse à regarder les matchs de football non seulement pour pouvoir communiquer avec les autres, mais aussi comme le sentiment que nous commentons quelque chose qui nous appartient et nous relie socialement », conclut le psychologue. 

À propos de l'auteur

Dr Jean-Pascal Del Bano

Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.

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