Miguel Sánchez Viera, dermatologue : Les changements sur un grain de beauté qui devraient vous pousser à consulter

Il est vrai qu’après l’été il est utile de faire le point sur l’état de notre peau. Pendant ces mois, nous avons tendance à passer plus de temps à l’extérieur et, par conséquent, nous recevons une plus grande quantité de rayonnement ultraviolet. De plus, Miguel Sánchez Viera, directeur de l’Institut de Dermatologie Intégrale (Idei), rappelle que les dommages causés par le soleil sont cumulatifs : “La peau a une mémoire. Chaque exposition et, surtout, chaque coup de soleil s’ajoutent au fil de la vie”.
Pour cela, septembre est un bon moment pour réaliser une auto-exploration approfondie de toute la peau. La plupart des taches nouvelles ou des changements dans les lésions “seront bénins, mais il est important de ne pas supposer que toute tache qui apparaît après l’exposition au soleil est simplement une tache solaire”, avertit Sánchez, qui ajoute que le diagnostic précoce d’un cancer de la peau “marque une énorme différence et permet d’atteindre des taux de guérison très élevés”.
Bon, mais, quels types de changements devraient nous pousser à prendre rendez-vous avec un dermatologue ? L’expert fait référence à la règle ABCDE, “un outil très simple que l’on peut utiliser à la maison” :
- A de asymétrie : lorsque la moitié d’un grain de beauté est différente de l’autre.
- B de bordes, surtout s’ils sont irréguliers ou peu définis.
- C de couleur, lorsque celui-ci présente plusieurs couleurs ou change de teinte.
- D de diámetro, surtout pour les lésions qui dépassent environ 6 millimètres.
- E de evolución, c’est-à-dire tout grain de beauté qui change de taille, de forme, de relief ou de couleur en peu de temps.
Cela dit, Sánchez Viera souligne que il ne faut pas se limiter aux grains de beauté : il faut aussi consulter en cas de lésion nouvelle qui croît, d’une plaie qui ne cicatrise pas, d’une zone qui saigne de manière répétée et qui forme une croûte qui réapparaît ou d’une lésion qui démarre. “Il est fondamental de prendre en compte que, à l’œil nu, on ne peut pas toujours distinguer une lésion bénigne d’une lésion maligne. Pour cela, les dermatologues disposent de la dermatoscopie numérique, qui permet d’observer des lésions (grains de beauté) de la peau qui ne sont pas visibles à l’œil nu et réaliser un diagnostic beaucoup plus précis”, informe le spécialiste.
Zones du corps qui sont souvent oubliées
Lorsqu’on parle d’examiner la peau, on pense souvent au visage, aux bras, au torse ou aux jambes, mais le cancer de la peau peut aussi apparaître dans d’autres zones moins évidentes. Le dermatologue consulté pointe les suivantes :
- Les oreilles.
- Le cuir chevelu, surtout chez les personnes atteintes d’alopécie ou ayant peu de cheveux.
- La nuque.
- Le dos.
- La partie arrière des bras et des jambes.
- Les pieds, y compris le dessus du pied.
« Ce sont des zones qui reçoivent fréquemment des radiations solaires et que, pourtant, nous avons tendance à oublier, tant lors de l’application de la protection solaire que lors de l’examen », déplore. Par ailleurs, poursuit Sánchez Viera, pour que l’auto-examen soit vraiment complet, il est nécessaire d’observer aussi les plantes des pieds; les espaces entre les orteils et les ongles, qui bien qu’ils ne soient pas des zones typiquement exposées au soleil, certains mélanomes peuvent apparaître aussi dans ces localisations. “Pour les parties qui ne peuvent pas être vues clairement, comme le dos ou le cuir chevelu, on peut recourir à l’aide d’un miroir ou demander à quelqu’un d’autre de les examiner”, ajoute.
(Foto: Magnific)
Personnes qui doivent consulter même sans changement cutané
Il existe des personnes qui doivent être particulièrement rigoureuses dans la surveillance. Parmi elles figurent celles qui ont déjà souffert d’un mélanome ou d’un autre cancer de la peau, qui présentent des antécédents familiaux directs, qui ont un grand nombre de grains de beauté ou qui ont la peau très claire et qui brûle facilement.
D’autre part, l’expert indique qu’il faut accorder une attention particulière à celles qui ont subi d’importantes brûlures solaires, notamment durant l’enfance et l’adolescence, celles qui ont eu une exposition solaire intense ou accumulée pendant de nombreuses années, et celles qui ont utilisé des cabines de bronzage. Dans ces patients, souligne-t-il, “il ne faut pas nécessairement attendre qu’un changement visible apparaisse”.
À propos de l'auteur
Dr Jean-Pascal Del Bano
Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.
