Malena García Arredondo, spécialiste du système digestif, sur le microbiote : le stress et la vie accélérée, principaux défis

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Parfois, nous ne réalisons pas à quel point nous sommes épuisés physiquement et mentalement jusqu’à ce que les vacances soient à nos portes. Que ce soit parce que cela nous paraît interminable ou parce que nous pensons ne pas y arriver, il est toujours bon d’entamer de petits changements. Pourquoi ne pas profiter de la pause estivale pour se réinitialiser ?

Celon ce que recommande Malena García Arredondo, spécialiste du système digestif et directrice de MGA Healthy Digest, surtout lorsque nous traversons des périodes de stress professionnel accru, d’épuisement, de tristesse ou d’états d’anxiété. « Tout est interconnecté et nos pensées influencent notre microbiote, et notre microbiote influence nos pensées ».

C’est pendant ces périodes, dit García Arredondo, que nous cessons de nous mettre en priorité et que nous entrons dans un bucle de descansa y come peor, de moins en moins d’activité, de manque de temps pour tout et d’un stress sans fin. Penser que l’été arrive et que nous sommes dans un état déplorable ne mène à rien. « Nous sommes si bien faits que nous pouvons nous améliorer en effectuant de petits changements d’habitudes ».

Le rôle de l’été, un moment pour recommencer

Chaque jour et à chaque instant, nous pouvons repartir sur de nouvelles bases. L’experte en appareil digestif conseille d’exploiter le temps libre des vacances pour introduire de petits gestes qui, à force, auront un impact important :

  • S’exposer à l’air libre et au soleil afin de recevoir une petite dose de vitamine D.
  • Commencer à bouger davantage. « Il ne faut pas chercher à tout prix à s’épuiser au gymnase. Quand je suis très fatiguée, sortir pour une marche de 20 à 30 minutes à un rythme où l’on ne peut pas parler est fondamental ». Ce moment de silence intérieur, de connexion avec l’environnement et de respiration est une forme d’introspection qui conduit à la détente.
  • Ajouter des fibres dans l’alimentation.
  • Faire des légumes une norme dans les premiers plats.
  • Suivre un régime méditerranéen.
  • Améliorer l’hydratation, idéalement avec de l’eau.

« Ces petits changements ont un impact tel qu’en quelques jours, ils permettent des modulaciones dans le microbiote. De plus, cela entraîne des améliorations de l’humeur et vice versa. Si nous prenons soin de nous en été et tout au long de l’année, la santé devient facilement conquérable ».

Mais si un jour nous dérapons, il ne faut pas tout remettre en cause. On peut se faire plaisir sur le plan alimentaire et reprendre ensuite le chemin du soin.

Quand la tête tourne

García Arredondo est claire : tourner en rond dans sa tête influe sur la santé digestive. « Quand nous sommes épuisés, notre biochimie, notre microbiote et nos neurotransmetteurs font que nos pensées se centrent sur le négatif. » C’est pourquoi, si, dans nos pensées, nous instaurons la gratitude et que nous nous accordons cinq minutes, cela a un grand pouvoir.

García Arredondo recommande, au retour à la maison, de **baisser le tempo** et de s’accorder un moment pour se reconnecter avec soi-même. « Ce dialogue interne de gratitude est un outil extrêmement puissant pour focaliser sur ce qui est bon et positif. Le dialogue intérieur est crucial. Il y a des périodes de la vie où, lorsque nous sommes confrontés à un niveau de stress extrême, en pilotage automatique et très déconnectés de nous-mêmes, nous nous parlons à partir de l’anxiété, de la peur et de la vigilance. »

Quand nous nous parlons avec une exigence surdimensionnée et que nous prenons conscience que nous nous parlons mal, nous pouvons tracer le point de départ pour demander de l’aide.

L’axe intestin-cerveau: un tout

L’experte insiste sur notre interconnexion. Nous ne sommes pas une simple pensée ou plusieurs organes réunis séparément, mais un tout. « Le corps exprime ce que les émotions taisent. » C’est pourquoi Arredondo souligne que l’effet du stress, d’une émotion, d’un virus ou d’un médicament produit les mêmes réactions au niveau intestinal. En d’autres termes, on ne peut pas dissocier le psychologique du physique.

Ainsi, si nous appliquons de petits changements qui nous aident à prendre soin du microbiote avec des aliments typiques d’un régime méditerranéen, en respirant l’air libre, en cultivant une pensée positive, en usant de gratitude, entourés d’amis et d’activité physique, le système immunitaire, le microbiote et l’humeur se rééquilibrent et s’améliorent.

Le grand combat actuel auquel nous faisons face est le stress et le rythme de vie accéléré. « Il faut baisser le pilotage automatique. Nous passons la majeure partie de la journée en état d’alerte, accélérés et sans connexion », ajoute García Arredondo.

L’intestin est conçu pour fonctionner en mode parasympathique, celui du calme. « Le système sympathique est celui de la lutte et de la fuite. C’est pourquoi il existe tant de symptômes digestifs aujourd’hui. Souvent, ce n’est pas dû à un grand déséquilibre de la microbiote, mais plutôt à une signalisation altérée. L’alimentation est un pilier fondamental, mais ce qu’il faut surtout sensibiliser, c’est comment nous vivons et à quel rythme nous vivons ».

À propos de l'auteur

Dr Jean-Pascal Del Bano

Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.

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